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Colbert : Un fleuron né à Brest

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Colbert : Un fleuron né à Brest

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C'est qu'il l'aime ce port de Brest où il est né il y a 60 ans ! Le Colbert devait partir dimanche matin, puis dans l'après-midi. Finalement son dernier voyage a été reporté, normalement à jeudi prochain.

Le croiseur Colbert (181 m et 11.000 tonnes) a été l'un des plus beaux navires de la Marine française, un véritable fleuron tenant la dragée haute aux porte-avions, et devenant le bâtiment amiral de l'escadre de la Méditerranée. Son histoire commence bel et bien à Brest, dans les ateliers et les cales de construction de la DCAN. Son lancement est célébré en mars 1956 pour un armement définitif en 1959. Basé à Brest au début de sa carrière, il rejoint officiellement Toulon (83) dès 1976. Il va participer aux plus grands déploiements des années 60, 70 et 80, même s'il gardera la réputation d'un navire n'ayant jamais tiré un seul coup de canon au combat, durant toute sa carrière. Lourdement armé de canons à l'origine, il doit s'adapter à la menace aérienne et opter pour les missiles entre 1970 et 1972. Sa refonte, l'adaptation de son système d'armes (des canons aux missiles) est effectuée à Brest, avant que la fin de son service actif soit prononcée six ans avant la date programmée !

Désarmé en 1991

Trop gourmand en carburant et en personnel (600 marins), le croiseur termine sa carrière par la petite porte en 1991 au lieu de 1997. Un certain nombre de ses pièces (machine) serviront à plusieurs reprises à la Jeanne d'Arc. Deux ans après son retrait, la ville de Bordeaux lui redonne un nouveau souffle en l'ouvrant comme bateau-musée sur un quai de centre-ville. Il devient aussitôt le navire-musée le plus visité de France. Mais la « poule aux oeufs d'or » s'avère compliquée à entretenir et ses peintures souffrent année après année. Finalement, l'association gérant le musée se résigne à le faire partir pour la démolition. C'est à Brest, que la coque revient en 2007 complètement désarmée, frappée par les outrages du temps. Le Colbert a pris un sérieux coup dans les ailerons et n'est plus que l'ombre de lui-même : sa fière silhouette et son imposante mâture culminant à 68 m n'appartenant plus qu'aux livres d'histoire.

Huit ans d'attente

L'attente va se poursuivre huit années : à Brest (pour sa préparation) et surtout dans les méandres de Landévennec. La coque revient dans le port de Brest en février dernier. Sa déconstruction s'annonce encore plus compliquée que pour la Jeanne d'Arc. Extrêmement compartimenté et renforcé, le croiseur devrait donner énormément de travail (désamiantage) à Veolia qui a remporté le marché mais subit de plein fouet l'effondrement du cours du métal recyclé.

 



Un article de la rédaction du Télégramme