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Combien le Charles de Gaulle peut-il embarquer d'avions ?

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Certains de nos lecteurs se sont étonnés du fait que le porte-avions Charles de Gaulle ne partait jamais en mission avec sa dotation théorique d'aéronefs, donnée à 40 appareils. Ainsi, pour la mission Agapanthe 2010, le bâtiment n'embarquera que 10 Rafale Marine, 12 Super Etendard Modernisés (SEM) et 2 Hawkeye. Devraient s'y ajouter 4 hélicoptères, dont des Dauphin Pedro et un Puma. Cela fait donc, au total, 28 aéronefs.
Pourquoi n'y en a-t-il pas plus à bord ? La réponse tient en plusieurs points. D'abord, d'un point de vue opérationnel, il n'est pas utile de déployer à bord une quantité trop importante d'appareils. En cas de crise, des renforts venus de France peuvent toujours rejoindre le bâtiment, même en océan Indien, via des ravitaillements en vol et, éventuellement, des escales. Une problématique de coût entre également en ligne de compte, l'effectif du groupe aérien embarqué étant calculé au plus juste entre les besoins opérationnels et le budget que coûtera le déploiement. Se pose aussi des problèmes de moyens, par exemple pour les Rafale, qui ne sont pas encore en nombre suffisant. Une dizaine d'avions déployé est sans doute le maximum que la marine puisse actuellement faire compte tenu des besoins d'entrainement et de formation des jeunes pilotes et des périodes de maintenance de certains appareils. Pour mémoire, l'aéronautique navale ne dispose actuellement que d'une vingtaine de Rafale.

Le Rafale prend de la place

Selon certains ingénieurs et marins, le Charles de Gaulle connait aussi une certaine « crise du logement ». Si les SEM ne sont pas très volumineux, disposent de bouts d'ailes repliables et n'ont qu'on moteur, le Rafale, lui, prend plus de place et, de surcroît, c'est un biréacteur. Lors de la phase de conception du Charles de Gaulle, au début des années 80, la l'encombrement du nouvel avion de Dassault, qui n'en était alors qu'aux esquisses, aurait été mal estimée. D'autant que les stocks de pièces de rechange se seraient, in fine, révélés plus volumineux qu'imaginé. En somme, lorsque les SEM seront définitivement remplacés par des Rafale, le Charles de Gaulle ne pourra embarquer les 40 aéronefs prévus initialement. Aux dires d'un ingénieur qui a travaillé sur la question lors des études du second porte-avions (PA2), la dotation en Rafale serait, en définitive, limitée à 24 appareils. En ajoutant les 2 avions de guet aérien Hawkeye et les hélicoptères, on aboutirait donc plutôt, à terme, à une capacité maximale d'à peine plus de 30 appareils. C'est, d'ailleurs, l'une des raisons pour lesquelles le PA2 projeté jusqu'en 2008 était nettement plus grand que le Charles de Gaulle. Ses installations, bénéficiant du retour d'expérience Rafale, auraient permis d'embarquer 32 avions de combat.

Un parc plus polyvalent

La capacité en nombre d'aéronefs du Charles de Gaulle est donc, en définitive, inférieure à celle des Clémenceau et Foch. Les anciens porte-avions pouvaient, en effet, embarquer 38 à 40 appareils. Le parc standard comprenait 16 Super Etendard, 3 Etendard IV P, 10 Crusader, 7 Alizé et 2 à 3 Alouette III. Les comparaisons s'arrêtent néanmoins là car les performances des avions d'aujourd'hui sont largement supérieures à celles de leurs aînés. Il convient aussi de noter que le Rafale permet de remplacer à la fois le Super Etendard, l'Etendard et le Crusader. Il n'y a plus un type d'avion dédié à la défense aérienne, un autre à l'assaut et le troisième à la reconnaissance. Désormais, c'est une seule et même plateforme qui effectue l'ensemble de ces missions. Le groupe aérien y gagne donc non seulement en capacité, mais aussi en polyvalence, ce qui permet de réduire le nombre d'avions embarqués et, au passage, de faciliter les manoeuvres sur le pont. Les Américains, qui n'ont pas de problèmes de place ou d'effectifs, ont connu la même tendance avec l'arrivée du F/A-18, qui a progressivement remplacé les Corsair II, F-14 et autres Intruder. Ainsi, les porte-avions de l'US Navy n'embarquent plus que 68 appareils, contre 85 autrefois.

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