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Comment DCNS se prépare à construire les sous-marins australiens
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Comment DCNS se prépare à construire les sous-marins australiens

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C’était le 26 avril 2016. L’Australie choisissait de coopérer avec la France pour son programme de futurs sous-marins. Un projet gigantesque, évalué à 34 milliards d'euros et d’une durée de 50 ans, portant sur la conception, la construction puis le maintien en condition opérationnelle de 12 sous-marins océaniques. Avec comme objectif de développer en Australie une capacité industrielle souveraine et d’offrir à la Royal Australian Navy des bâtiments dits de « supériorité régionale », c’est-à-dire capables de surclasser tous les sous-marins mis en œuvre par les autres puissances de la zone. D’où le choix d’une version à propulsion conventionnelle des nouveaux SNA français du type Barracuda. Les futurs bâtiments, d’environ 100 mètres de long et 4500 tonnes de déplacement en surface, seront adaptés pour mettre en œuvre un système de combat et des armements américains.

 

Le chantier ASC d'Adelaide

Le chantier ASC d'Adelaide (© ASC)

DCNS concepteur et opérateur du chantier d’Adelaide

« Depuis le 26 avril 2016, nous avons mis en place toutes les conditions humaines, contractuelles, techniques et politiques pour que ce projet soit efficace. Nous avons signé plusieurs contrats et nous en négocions d’autres. Nous avons notamment, aujourd’hui, la garantie que DCNS sera le concepteur, le constructeur et l’opérateur du chantier qui réalisera ces sous-marins en Australie. Il reste encore différents contrats à négocier, ce qui est normal compte tenu de l’ampleur du programme et de sa durée. Nous avons fait le choix, pour gérer au mieux ce contrat, de le scinder en différentes tranches car il s’étend sur 50 ans et il n’aurait pas été raisonnable de tout acter dès le début »,  explique Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice générale adjointe de DCNS, en première ligne sur ce dossier.

 

Le futur sous-marin australien

Le futur sous-marin australien (© DCNS)

Accord avec les industriels et entre Etats

L’année qui s’est écoulée a été jalonnée de différentes étapes, à commencer par la sécurisation du programme, désormais connu sous le nom d’AFS (Australian Future Submarine). Signé en juillet 2016, un premier contrat a repris les engagements de la France et de DCNS pour procurer à l’Australie cette flotte de sous-marins et donner les moyens au pays de les construire puis d’en assurer le MCO. Puis, en octobre 2016, a été notifié le contrat dit de « design et de mobilisation », qui constitue le vrai point de départ des travaux opérationnels, avec pour commencer la mise en place de ce projet extrêmement complexe entre le ministère australien de la Défense, DCNS et le groupe américain Lockheed Martin, choisi pour fournir le système de combat.

En parallèle, deux accords ont été paraphés entre la France et l’Australie au mois de décembre. Le premier est un accord global de sécurité, au travers duquel les deux pays vont pouvoir notamment échanger des informations classifiées. Le second est un accord intergouvernemental de coopération, qui pose une « ombrelle » étatique sur le programme.

Première commande attendue en 2019/2020

En attendant la commande du premier sous-marin, attendue en 2019/2020, d’autres étapes cruciales interviendront, avec dès cette année, en particulier, la signature de l’accord de partenariat stratégique, prévu en octobre et qui constituera le contrat cadre définissant les relations entre partenaires sur les 50 prochaines années : modèle économique, régime de propriété intellectuelle, conditions et garanties en termes de transferts de technologie, responsabilités…  Un accord de même nature sera conclu entre l’Australie et Lockheed Martin. 

Dans ce ménage à trois, DCNS est responsable de la conception des futurs sous-marins australiens, l’Australie ayant également décidé, ce qui n’était pas encore acté au moment de l’accord d’avril 2016, de confier au

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