Croisières et Voyages
Comment faire revenir les paquebots à Nantes ?

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Comment faire revenir les paquebots à Nantes ?

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Si la cité des ducs de Bretagne peut s’enorgueillir d’un superbe passé maritime, force est de constater que les navires ont quasiment déserté le centre ville. Contraintes économiques obligent, l’essentiel du trafic s’est déporté en aval et les quelques bateaux de commerce qui remontent encore la Loire jusqu’au quai Wilson vont bientôt disparaître. Pour éviter que Nantes, principal port français au XIXème siècle, ne fasse une croix définitive sur le large, les collectivités locales ont décidé d’investir dans la croisière. En 2000, l’association pour l’accueil des paquebots à Nantes a changé ses statuts pour permettre l’arrivée des institutionnels. Soutenue par le Conseil régional des Pays de la Loire, le Conseil général de Loire-Atlantique, la Communauté urbaine de Nantes et le Port autonome de Nantes – Saint-Nazaire, elle dispose désormais d’une enveloppe de 80.000 euros par an pour faire la promotion des escales nantaises: « Ca nous a donné un énorme coup de pouce car avant, personne ne s’intéressait vraiment à la croisière. Aujourd’hui, nous allons démarcher directement les compagnies et nous sommes présents sur les grands salons internationaux, comme celui de Hambourg ou encore le Sea Trade de Miami », nous explique Patrice Kergadallan, président de l’association. Dans les années 80, une bonne dizaine de petits paquebots faisaient escale chaque année à Nantes mais cette année, seuls quatre se sont arrêtés. «C’est un travail de longue haleine, les compagnies établissent leurs programmes longtemps à l’avance mais dès l’année prochaine, je pense que nous verrons les fruits de notre action ». Ainsi, 9 escales sont déjà programmées et l’association espère qu’en fait, une douzaine de navires feront relâche en 2006. Entre deux visites des monuments de la ville, des châteaux de Goulaine et de Clisson, les croisiéristes, en majorité anglo-saxons, affectionnent tout particulièrement la tapisserie de l’apocalypse à Angers, la cité médiévale de Guérande et le vignoble nantais. Ainsi, en seulement quelques heures, ils n'hésitent pas à se déplacer dans un rayon de 80 Km. Pour se donner une idée plus précise, 7 cars ont été affrétés samedi dernier pour emmener en excursions les 350 passagers de l’Astor, en escale pour la journée. Pour ceux qui souhaitent rester en ville, un service de bus est assuré. Les navettes font le lien avec le centre toutes les demi-heures.

Entre les grues défraîchies et les rouleaux de ferraille

Outre cette campagne de promotion qui prend sa vitesse de croisière, Nantes devra également se doter d’un quai digne de ce nom. Obligés d’abandonner le quai de l’Aiguillon, trop envasé, les paquebots sont contraints d’accoster quai Wilson, sur l’Ile de Nantes. Un véritable point noir pour la politique de développement entreprise depuis cinq ans. En effet, ce secteur, en pleine rénovation, ressemble plus à une friche industrielle qu’à un terminal de croisière. Les passagers débarquent sur un quai de déchargement de marchandises. « Côté accueil, on a vu mieux ! La première image de la ville est loin d’être top », confie le commandant d’un navire venu cette année à Nantes. Pour rectifier le tir, des travaux seront réalisés en marge du grand projet d’aménagement de l’île de Nantes. Une réunion à ce sujet est d’ailleurs prévue le mois prochain avec la société qui gère l’aménagement du quartier. L'idée initiale d’installer le futur terminal quai des Antilles semble abandonnée. Le front d’amarrage très endommagé, comme la réhabilitation des anciens hangars à bananes seraient trop onéreux. Selon Patrice Kergadallan, les collectivités locales s’orienteraient vers l’aménagement d’un quai d’honneur au poste d’accostage actuel, avec réfection de la chaussée et installation de petits bâtiments pour accueillir les croisiéristes. Ce plan nécessitera également le déplacement, pour raisons de sécurité notamment, de la monumentale et désaffectée grue « pince à sucre » située à quelques dizaines de mètres de là. Les premiers coups de pioche sont espérés l'année prochaine. De son côté, le Port Autonome aurait accepté de draguer ce secteur pour permettre l’arrivée des paquebots (jusqu’à 200 mètres de long). Un lourd investissement qui coûte à chaque escale 20.000 euros. Le retour sur investissement peut toutefois se révéler important. D’abord en termes d’image. La ville de Nantes est en effet méconnue à l’étranger et l’accueil de nombreux passagers internationaux ne peut être que bonne à prendre. Ensuite, on estime que chaque touriste en escale dépense en moyenne 193 euros. Pour un navire comme l’Astor, en moins de 10 heures, ce sont donc plus de 67.000 euros qui ont été directement injectés dans l’économie locale.

Pour en savoir plus sur la Croisière à Nantes : nantes-tourisme.com

Port de Nantes Saint-Nazaire