Marine Marchande
Comment la piraterie risque d'influer sur les prix à la consommation

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Comment la piraterie risque d'influer sur les prix à la consommation

Marine Marchande

Et si les attaques de navires marchands perpétrées à des milliers de kilomètres avaient des conséquences sur le coût du caddie de la ménagère ? « L'impact de la piraterie est considérable et forme des surcoûts qui se répercuteront inévitablement sur les prix à la consommation », estime sans détour un important gestionnaire de navires. Au coeur du problème se situe le coût du transport des marchandises. Il ne faut, en effet, pas oublier que plus de 70% des importations françaises transitent par la mer, une part importante des biens de consommation et des matières premières provenant d'Asie et du Moyen-Orient. Or, pour rejoindre les ports européens, ces cargaisons empruntent le golfe d'Aden, où les attaques se sont multipliées ces derniers mois. Outre le détournement de certains navires (et donc une immobilisation et des rançons versées), la piraterie va inévitablement entrainer une augmentation significative des primes d'assurance pour les bateaux transitant dans ce secteur. Imposée par la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), des primes de risque pour les équipages sont, en parallèle, entrées en vigueur. Ainsi, les salaires de base sont doublés pendant la navigation en zone dangereuse.

Les surcoûts s'accumulent sur le transport maritime

Pour éviter les pirates, certains armateurs ont également choisi de contourner l'Afrique pour éviter le golfe d'Aden. C'est le cas de quelques compagnies européennes, mais aussi d'opérateurs pétroliers américains, dont les tankers passent désormais par le cap de Bonne Espérance, un détour qui rallonge le trajet et augmente la dépense en combustible. C'est pourquoi la plupart des groupes maritimes empruntent la route habituelle, qui relie l'Asie à l'Europe via la mer Rouge et le canal de Suez. Ces armements espèrent que la mobilisation internationale contre la piraterie sera efficace, sans toutefois escompter de miracle. Non seulement le rayon d'action des pirates se révèle de plus en plus grand (ce qui permet des attaques loin des zones surveillées), mais en plus les tentatives de détournement continuent dans le golfe d'Aden, où les moyens militaires ont déjà été considérablement renforcés. De plus, les mesures de protection mises en place dans ce secteur ne sont pas « indolores » financièrement. Ainsi, la formation de convois protégés par des navires militaires perturbe les transits habituels. Sans parler d'une éventuelle participation des armateurs au surcoût liés aux moyens déployés, qui est à l'étude, le dispositif impose aux unités les plus rapides de naviguer à l'allure des bateaux les plus lents. De plus, le délai d'attente serait actuellement de quatre jours avant que les navires marchands puissent intégrer un convoi protégé. A cela, il faudra sans doute ajouter prochainement les différents moyens de protection dont les navires seront probablement dotés. Aux côtés de nouveaux matériels destinés à améliorer la veille et la réponse face à la menace, de plus en plus d'armements souhaiteraient embarquer des équipes de protection sur leurs bateaux. Tout cela ne sera évidemment pas gratuit et, en bout de course, le prix se répercutera sans doute dans les rayons, à la pompe ou sur les étales.

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