Vie Portuaire
Comment les pilotes de la Loire ont géré la sortie de l’Harmony of the Seas

Reportage

Comment les pilotes de la Loire ont géré la sortie de l’Harmony of the Seas

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Ce fut une opération hors normes qui a nécessité une minutieuse préparation et la mise en œuvre d’importants moyens. Ce matin, le transfert du plus gros paquebot du monde, de sa cale de construction vers son bassin d’armement, s’est parfaitement déroulé. Sous un soleil magnifique et un estuaire de la Loire aux allures de grand lac, la manœuvre, réglée comme une horloge, paraissait naturelle, pour ne pas dire facile. Une impression de simplicité qui cache, en fait, une opération très sensible et complexe pour laquelle un gros travail préparatoire a été réalisé en amont, notamment sur le simulateur des pilotes installé à Nantes.  

 

Ce matin lors du transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ce matin lors du transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Un an de préparation

Le chantier STX France et les services portuaires planchent sur ce transfert depuis environ un an. Car, si à Saint-Nazaire on a l’habitude de produire des grands navires, l’Harmony of the Seas dépasse, et de très loin, tous ses prédécesseurs. Avec ses 362 mètres de long et ses 62.5 mètres de large au niveau des superstructures, le mastodonte de 227.700 GT de jauge remplissait en grande partie sa forme de construction (large de 60 mètres alors que la base du paquebot fait 47 mètres), ne laissant que peu de marge de manœuvre. « Un important travail de préparation a été réalisé en amont pour mener à bien la sortie de ce bateau aux dimensions hors normes », souligne Frédéric Le Deist, président de la station des pilotes de la Loire, au cœur du dispositif déployé ce matin.

 

Ce matin lors du transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ce matin lors du transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Contrôler un énorme poids mort

L’opération était en effet très différente des habituelles manœuvres que les pilotes réalisent dans le port de Nantes Saint-Nazaire. « Le navire ne possède pas encore de propulsion, ni de timonerie, d'instruments de navigation ou de communication. C’est un poids mort au gabarit énorme qu’il faut manœuvrer avec la plus grande précision ». Pour compliquer l’affaire, l’Harmony of the Seas présente un design très particulier, avec des superstructures nettement plus larges que sa base. Dans les hauts, il n’y a donc aucune visibilité sur la ligne de flottaison, située à environ 40 mètres en contrebas.

 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Quatre pilotes à bord

La station a donc mobilisé pas moins de quatre pilotes pour cette opération, ce qui constitue la plus grosse équipe embarquée jusqu’ici lors d’un transfert de paquebot.  « Plusieurs visites du navire ont permis de définir la position stratégique des quatre pilotes qui étaient à bord pendant l'opération », note Frédéric Le Deist. Des officiers qui font bien entendu partie des plus expérimentés de la station : Avec à la manœuvre le pilote major Stéphane Pousset et son successeur, Laurent Herpin, assistés de Bertrand Morio et Michel Samzun. L’équipe s’est positionnée au dessus de la timonerie, sur les portes de

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