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Comment réaliser une FREMM antiaérienne ?

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Comment réaliser une FREMM antiaérienne ?

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Faute de disposer de crédits suffisants pour confirmer les troisième et quatrième frégates de défense aérienne du type Horizon, le ministère de la Défense, la marine et DCN planchent sur une version antiaérienne des frégates multi-missions. Navire franco-italien, la FREMM se veut, en effet, comme une plateforme polyvalente, dont quatre versions sont d'ores et déjà prévues. La France a passé commande de six unités à vocation anti-sous-marines, dotées d'un sonar remorqué, de 19 torpilles légères MU 90 et d'un hélicoptère ASM NH 90. Deux autres bâtiments seront configurés pour l'action vers la terre avec, à la place des installations du sonar remorqué, un petit radier permettant la mise à l'eau d'une Ecume pour commandos (deux autres embarcations peuvent être logées sur chaque bord). Les FREMM AVT ne disposeront que de quatre torpilles MU 90 et un hélicoptère NH 90 en version transport. Elles pourraient être dotées d'une pièce de 127 mm au lieu du 76 mm des frégates ASM. Des réflexions ont par ailleurs été menées l'an passé sur la possibilité d'embarquer des roquettes guidées, tirées depuis des cellules de lancement verticales. Le reste de l'armement prévu pour tous les navires consiste en 8 missiles MM 40 Exocet, 16 missiles Aster 15 et 16 missiles de croisière Scalp Naval. Après une première commande de 8 bâtiments, deux autres tranches de 4 et 5 unités doivent être affermies en 2011 et 2013. L'Italie, de son côté, souhaite aussi deux types de FREMM, légèrement différentes. La première série, comportant 4 navires ASM, devrait disposer de 2 canons de 76 mm, 4 missiles Otomat (antinavires), 4 missiles Milas (ASM) et quatre tubes lance-torpilles. L'autre variante, dite, d' « emploi général », alignera une pièce de 127 mm, une de 76 mm, 8 missiles Otomat. Les 10 bâtiments ne disposeront, dans un premier temps, que de deux lanceurs Sylver A 43 pour 16 missiles Aster 15.

La problématique du radar

En se rabattant sur la solution des FREMM, pour remplacer les Cassard et Jean Bart à l'horizon 2013 - 2015, la marine française devra composer avec une plateforme existante. La frégate multi-missions est un gros navire, de 137 mètres de long et 5500 tonnes, ce qui ne s'oppose pas à l'élaboration d'une version antiaérienne. Elle dispose, par ailleurs, des installations nécessaires permettant la mise en oeuvre de 32 missiles Aster 15 et 30 (contre 48 pour Horizon). L'idée est donc de reproduire le système de combat d'Horizon tout en conservant le maximum de caractéristiques communes avec les FREMM, afin de conserver l'effet de série et donc de réduire les coûts. Des questions ont notamment été soulevées sur le radar, équipement particulièrement dimensionnant. Dans cette optique, les militaires auraient choisi de conserver le radar multifonctions Herakles des FREMM. Pour bien faire, ce senseur aurait dû être surélevé afin d'accroître sa portée mais une telle mesure aurait eu d'importantes conséquences sur l'architecture générale du navire, remettant en cause le paramètre de « communalité ». La puissance de l'Herakles devrait être « boostée », avec sans doute une quarantaine de capteurs, mais son élévation ne sera pas modifiée. La FREMM verra donc moins loin qu'une Horizon, un handicap qui sera compensé, lors des déploiements en force, par la notion de combat en réseau. A l'avenir, grâce à la puissance des liaisons de données, les différents bâtiments et aéronefs d'un groupe aéronaval ne seront plus que des systèmes de systèmes, éléments d'un vaste ensemble de moyens de détection et d'attaque. Dans cette « bulle en réseau », la FREMM antiaérienne, dont la portée de détection sera plus faible, s'appuiera sur les informations recueillies par les autres unités, comme un avion de guet aérien Hawkeye, afin de mettre en oeuvre le principe du « tir coopératif ».
Le problème de la portée de détection se posera, néanmoins, dans le cadre d'une mission en dehors d'un groupe aéronaval. Ce sera le cas, notamment, pour escorter dans une zone de forte menace aérienne une force amphibie composée de BPC du type Mistral. La marine devra alors privilégier le déploiement d'unités de la classe Horizon, dont seulement deux exemplaires seront disponibles. Dans le cadre de la seconde tranche optionnelle du programme, la commande de deux frégates FREMM antiaériennes pourrait intervenir en 2011. La construction de l'Aquitaine, tête de série des frégates multi-missions, a débuté il y a quelques semaines à DCN Lorient.
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- Voir la fiche technique des frégates multi-missions

- Voir la fiche technique des frégates Horizon

- Voir la fiche technique des frégates Cassard et Jean Bart


Naval Group (ex-DCNS)