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Concarneau : Faute de cale couverte, on bâche

La cale sèche du port de Concarneau sera-t-elle couverte à l'horizon 2020 ? L'Interprofession du port, présidée par Pascal Piriou, part sur cette échéance. En attendant l'arbitrage de la Région, désormais propriétaire du port, les bâches sont de sortie.

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Sur le port de Concarneau, la modernisation des moyens de carénage a franchi une étape importante, cette année, avec la mise en service d'un élévateur à sangles de 400 tonnes. D'ici quelques mois, l'aire technique sera, elle, totalement rénovée. Le prochain volet de cette modernisation sera la couverture de la cale sèche. Un dossier d'un coût évalué entre 6 et 8 M€ dont la concrétisation est attendue par la cinquantaine d'entreprises de l'interprofession du port de Concarneau (IPC). Au lancement des études de faisabilité, l'échéance souhaitée par la chambre de commerce et d'industrie était 2015 ou 2016. C'était sans compter sur la loi NOTRe qui allait bousculer le calendrier et faire rentrer Concarneau dans le giron du conseil régional. Un intermède institutionnel qui, au final, n'est pas pour déplaire à Pascal Piriou, actuel président de l'IPC.

« Raisonner en termes de projets industriels »

Considérant ce changement « cohérent à un moment où la vision d'un territoire ne doit pas se faire par les seuls élus mais par l'économie », le président du groupe de construction et de réparation navale Piriou attend désormais de la collectivité présidée par Loïg Chesnais-Girard qu'elle joue son rôle d'arbitrage, vraisemblablement dans le courant de l'année prochaine. « Aujourd'hui, il ne s'agit plus de financer des outils publics mais de raisonner en termes de projets industriels » ajoute-t-il, au nom de l'IPC mais également de l'interprofession de Bretagne Sud (Concarneau-Lorient) qu'il a contribué à créer. Dans l'hypothèse où le conseil régional validerait le projet industriel concarnois en 2018, la couverture de la cale sèche pourrait être entreprise deux ans plus tard. L'option retenue est une structure d'environ 20 m de haut, rétractable vers l'arrière. « Il n'y aura pas de gros travaux de structure. Il s'agira surtout de débarrasser le terre-plein et de faire en sorte que l'ouvrage s'intègre de la manière la plus esthétique possible ».

Quel financement ?

S'il a su se montrer patient, le président de l'IPC souhaite néanmoins que la concrétisation ne souffre aucun nouveau retard, « alors que tous les ports du Nord de l'Europe couvrent leurs cales ». Dans les ports bretons où « on voit passer le temps des quatre saisons en une semaine », les conditions de température et d'hygrométrie. Ce message, il l'a exprimé, il y a quelques semaines, sur Twitter, en postant une photo du Rhône, second des quatre bâtiments de soutien et d'assistance hauturier (BSAH), recouvert de bâches. Reste la question du financement de cette couverture et cette interrogation : les entreprises y participeront-elles au côté des collectivités territoriales, comme ce fut le cas en 2002 pour la cale sèche ? À l'époque, elles avaient contracté un emprunt sur quinze ans. Pascal Piriou n'est pas opposé au principe mais avertit qu'il devra en être de même dans les autres ports régionaux.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

 

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