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Concarneau : Le BHO2M marocain en cale sèche

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Concarneau : Le BHO2M marocain en cale sèche

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Après sa mise à l’eau au chantier Piriou de Concarneau, le futur bâtiment hydro-océanographique multi-missions (BHO2M) de la marine marocaine est en cale sèche. Depuis le pont qui surplombe le port breton, on peut facilement l’observer dans la grande forme, où il se trouve depuis un environ un mois. C’est là que les travaux d’achèvement se poursuivent en vue d’une livraison prévue d’ici la fin de l’année.

 

 

Le BHO2M en cale sèche dans le port de Concarneau 

Le BHO2M en cale sèche dans le port de Concarneau (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Commandé à l’été 2016 par le Maroc à Kership, société commune de Piriou et Naval Group, le BHO2M est l’équivalent du Beautemps-Beaupré de la Marine nationale. Ce grand navire hydro-océanographique de 72 mètres de long pour 15 mètres de large affichera un déplacement d’environ 2600 tonnes. Il pourra travailler au large jusqu’à 6000 mètres de profondeur, mais aussi en zones côtières grâce à un faible tirant d’eau (5.5 mètres) et ses deux vedettes hydrographiques. Le navire sera doté de tous les équipements scientifiques permettant de cartographier les fonds marins, d’étudier leur composition et d’analyser les caractéristiques de la colonne d’eau, du champ magnétique ou encore de l’atmosphère. Comme son homologue français, le BHO2M disposera d’une gondole, structure en acier située sous la quille et qui abrite de nombreux équipements, dont le sondeur multifaisceaux.

 

Le futur BHO2M (

Le futur BHO2M (©  PIRIOU)

 

Alors que le Maroc ne dispose à ce jour que de moyens hydrographiques légers, le plus important étant une vedette de 25 mètres qui effectue des levés essentiellement dans la bande côtière, l’arrivée de ce nouveau bâtiment permettra au pays de réaliser de manière autonome la cartographie de ses fonds marins. Une responsabilité qui incombe historiquement à la France, où viennent d’ailleurs de longue date se former les hydrographes marocains.

Le Royaume va donc acquérir son autonomie dans un domaine important puisque l’hydrographie est essentielle à la sécurité de la navigation et du trafic maritime. Mais ce n’est pas tout. Le BHO2M sera un véritable outil stratégique et de souveraineté. L’étude des fonds et de l’environnement marins est en effet cruciale dans certains des domaines les plus sensibles sur le plan militaire.  C’est le cas pour les opérations amphibies et, surtout, pour la guerre des mines et la lutte anti-sous-marine. Les caractéristiques de la colonne d’eau comme des sédiments présents au fond de la ont en effet un impact direct sur la propagation des ondes sonar. Une meilleure connaissance de ces éléments ne fera donc que renforcer les capacités de détection des nouveaux bâtiments de la marine royale équipés de moyens ASM, comme la frégate multi-missions (FREMM) Mohammed VI, livrée par Naval Group en 2014. Des moyens ASM dont le Maroc se dote notamment en réponse au développement de la flotte sous-marine algérienne, qui est d’ailleurs en train de réceptionner un nouveau bâtiment du type Kilo construit en Russie.

La cartographie des eaux nationales, et plus largement des espaces maritimes régionaux lorsque le BHO2M sera déployé, permettra à la marine marocaine de disposer de ses propres informations sur les fonds marins. Une connaissance essentielle si elle souhaite à terme se doter de sous-marins, ce qu’espèrent de nombreux militaires marocains.

- Voir notre dernier article détaillé sur la marine royale marocaine

 

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