Vie Portuaire

Fil info

Concarneau : Nouvel avenir pour Les Gens de Mer ?

Vie Portuaire

Fermé depuis 2013, l'hôtel Les Gens de Mer connaîtra-t-il à nouveau une activité ? C'est le souhait de la CGT Marins qui se montre très attentive à l'intérêt que le groupe DoceGestio porte à ce bâtiment situé sur le port.

Devant le porche de l'hôtel Les Gens de Mer où plusieurs signes montrent des squats réguliers, Yves L'Helgoualc'h lâche un long soupir. « C'était une maison qui ronflait, c'est vrai que l'activité s'était dégradée mais une mise aux normes aurait permis de continuer à offrir des hébergements, surtout quand on voit l'activité qu'il y a eu ces derniers mois sur le port avec l'Astrolabe », se désespère le secrétaire général de la CGT Marins de Concarneau. Fermé en 2013 après avoir accueilli les acteurs du monde maritime pendant une cinquantaine d'années, Les Gens de Mer, que nombre d'anciens marins ont longtemps appelé le « foyer du marin », a été mis en vente en 2014 par l'Enim, le régime social des marins. Comme les autres établissements du même type répartis sur le littoral français, il était géré par l'Association pour la gestion des institutions sociales maritimes (Agism), dont la liquidation judiciaire a été prononcée en 2016 par le tribunal de commerce de Paris.

Le groupe DoceGestio intéressé

Cet hôtel pourrait-il rouvrir ses portes ? Le syndicaliste le souhaite vivement, tout comme Jean-Paul Hellequin, de la CGT du Grand Ouest. Ce dernier est en contact avec DoceGestio, possible repreneur de l'immeuble de la rue du Port. Dirigé par Bernard Bensaid, ce groupe initialement spécialisé dans la gestion immobilière a, peu à peu, diversifié ses activités. Il intervient aujourd'hui dans le médico-social (marque Amapa), gère des établissements de santé depuis 2011 et développe parallèlement son département hôtelier à l'intérieur duquel on retrouve les enseignes Poppins, Lemon et Egg Hôtel. Après la liquidation de 2016, DoceGestio avait été désigné par le tribunal pour reprendre l'activité de l'Agism. Il avait alors fait rentrer Les Gens de Mer de Dunkerque (59), Le Havre (76), Boulogne-sur-Mer (62), Brest (29), Lorient (56), Saint-Quay-Portrieux (22), La Rochelle (17) et Marseille (13) dans sa branche hôtelière, forte d'une centaine d'établissements. Concarneau, qui n'était pas dans la liste à ce moment-là, intéresserait donc ce groupe au final. Dans un échange de mails avec la rédaction, Bernard Bensaid a simplement confirmé son intérêt pour le site concarnois. N'étant pas joignable en raison d'un déplacement, il n'a pas pu en dire davantage.

Prudence de la CGT

 

Si la CGT Marins se satisfait d'une possible réouverture de l'hôtel concarnois où elle a organisé quelques congrès par le passé, elle reste prudente et annonce qu'elle se montrera très attentive aux conditions de reprise et de fonctionnement de cet établissement. Le syndicat fait allusion à la crise autour des Gens de Mer de Boulogne-sur-Mer dont le tribunal administratif a décidé la fermeture pour laisser place à un projet de rénovation urbaine. C'est effectif depuis le 31 octobre dernier, selon un article de nos confrères de La Voix du Nord, qui précise que les salariés « n'ont aucune certitude concernant leur avenir professionnel ». « Honteux quand on sait que le maire de Boulogne est Frédéric Cuvilier, ancien ministre des Transports et de l'Économie maritime », tonne Yves L'Helgoualc'h.

 


Un article de la rédaction du Télégramme