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Concarneau : Un mystérieux champ de cratères unique en Europe

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Concarneau : Un mystérieux champ de cratères unique en Europe

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La baie de Concarneau recèle un trésor géologique : des cratères mesurant jusqu’à 30 mètres de diamètre répartis sur un couloir de 2 km de large entre la pointe de la Jument et les îles Glénan. Ifremer a même dénombré plusieurs milliers de ces « pockmarks » au km², « ce qui constitue le plus grand champ connu d’Europe », commente l’organisme de recherche scientifique. Ces cratères se sont constitués grâce à l’émission de gaz, d’huile et d’eau vers la surface.

En juin, une équipe de scientifiques de la mission Sypoco a déployé plusieurs outils de mesure avec l’objectif d’étudier les mécanismes à l’origine de leur apparition, de caractériser le temps de formation de ces structures et d’estimer les débits de méthane sortant des fonds marins. Ces cratères sont d’autant plus faciles à étudier qu’ils se situent à « seulement » 40 m de profondeur. Pour ce faire, une station autonome a plongé pour la première fois ce week-end. Récupérée après une trentaine d’heures, elle devrait permettre d’en savoir plus sur les mécanismes à l’œuvre à la surface de ces cratères.

 

(© IFREMER)

(© IFREMER)

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Découverts en 2003

« Ces pockmarks en baie de Concarneau ont été découverts en 2003, lors de la mise en place d’un réseau de surveillance de la faune et de la flore vivant sur le fond marin », rappelle Ifremer. Depuis, cinq missions océanographiques ont permis de cartographier la zone et d’étudier les habitats marins qu’on y trouve. La dernière date de 2016. Mais des questions se posent encore sur l’âge des pockmarks observés et sur les facteurs déclenchant leur formation. Une des causes possibles touche au « sous-sol de la baie, traversé par un réseau de failles qui est régulièrement secoué par des petits séismes », avance Axel Ehrhold, chercheur dans l’unité géosciences marines à l’Ifremer.

Selon les scientifiques qui étudient ces cratères, « les poches de gaz à l’origine des pockmarks ne représentent pas une ressource importante, ni un risque majeur de déstabilisation du fond marin. Même si le méthane est un puissant gaz à effet de serre, nous n’avons pas encore découvert des panaches de bulles qui pourraient atteindre l’atmosphère en baie de Concarneau ».

Un article de la rédaction du Télégramme

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