Marine Marchande
Conflit à la SNCM : La direction n'envisage pas de sortie négociée

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Conflit à la SNCM : La direction n'envisage pas de sortie négociée

Marine Marchande

Cela fait 28 jours que les liaisons maritimes entre la Corse et le continent sont perturbées par un mouvement social à la SNCM. La CGT dénonce toujours le retrait de l'un des deux navires affectés habituellement, l'été, au service entre Nice et l'île de Beauté. Cette mesure, consécutive à la décision des autorités niçoise de réduire les rotations afin de limiter les nuisances pour les riverains du port (situé en centre ville), impose de ne conserver sur place, cet été, que le ferry Corse. Le navire à grande vitesse Liamone II, affrété l'été dernier à la compagnie NEL Lines pour remplacer le Liamone, parti début 2010 en Polynésie (et en cours de vente), ne retrouvera donc pas les couleurs de la SNCM cette année. Pour compenser cette évolution forcée de la flotte, la compagnie a donc décidé d'augmenter le nombre de traversées au départ de Marseille, dans une proportion d'ailleurs plus importante que la réduction de voilure à Nice. Malgré tout, la CGT dénonce cette évolution, qui scelle la fin d'une flotte à 10 navires actée par le gouvernement et les actionnaires lors de la privatisation de la société, en 2006.
La CGT en a donc appelé à l'Etat pour que la direction revienne sur sa décision. Sans succès jusqu'ici. « Le conflit ne doit pas s'éterniser mais c'est de la responsabilité de l'Etat et des actionnaires de revenir à la raison et de respecter leurs engagements. Si le conflit s'éternisait, c'est le gouvernement qui en porterait l'entière responsabilité », estimait samedi Frédéric Alpozzo sur l'antenne de nos confrères de France Info.

Tentatives d'appareillages avortées à Marseille et Bastia

Mais, face au délégué CGT des marins de la SNCM, la direction se veut inflexible. « Ma mission est de remettre l'entreprise à l'équilibre en préservant la totalité des emplois. Il faut augmenter la production sans créer d'emploi mais en faisant de la productivité. L'exemple que nous avons sur cette saison c'est qu'avec 9 bateaux nous faisons mieux qu'avec 10. C'est plus performant sur le plan commercial et cela préserve tous les emplois. C'est la raison pour laquelle il ne peut pas y avoir de sortie négociée sur ce conflit. Il faut simplement que les gens se remettent au travail et comprennent qu'ils ont fait une erreur grave, qui risque de coûter très cher à l'entreprise », a expliqué Marc Dufour, directeur de la SNCM, qui accuse la CGT d'avoir une « attitude suicidaire » (toujours sur France Info).
Alors que le syndicat craint un plan social, la direction a tenté de faire appareiller, vendredi soir, le Pascal Paoli, qui est à Bastia, et le Jean Nicoli, en attente à Marseille. Mais, sur les deux ferries, à bord desquels se trouvaient des personnels grévistes, les officiers et les équipages non grévistes ont fait valoir leur droit de retrait. Les deux bateaux sont donc restés à quai.

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