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Conserves de poisson : Une bonne santé qui a un prix

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C'est à Nantes, il y a 200 ans, que la petite boîte de sardines est née. La France, pionnière dans ce domaine, a depuis invité le thon, ou encore le maquereau, à se mettre aussi en boîte. Deux siècles d'existence, c'est un évènement. Pour autant, le secteur des conserves de poisson, qui voit flamber le prix des matières premières, n'est pas à la fête. Quel est aujourd'hui l'état des lieux du secteur ? On comptait près de 200 conserveries en France dans les années 60. Aujourd'hui, elles ne sont plus que 16, pour la plupart en Bretagne. Depuis dix ans, 1000 emplois directs ont disparu. C’est dans ce contexte que la Fédération des industries d'aliments conservés (Fiac) a décidé, chose rare, de communiquer cette semaine sur cette activité.  

De la pêche à la conserve, la filière fait toujours travailler aujourd'hui près de 10.000 personnes : 2500 directement dans les conserveries, 7500 pour la pêche, les fabricants de boîtes de métal et autres prestataires. En 2012, les conserveurs français ont fabriqué près de 350 millions de conserves de poisson, pour un chiffre d’affaires de 700 millions d'euros. Des produits « sauvages », insiste Adolfo Valsecchi, président de la section poissons conservés de la Fiac. Les professionnels misent sur la pêche durable, le respect des quotas.



Ventes en hausse de 5%

 


Des petites boîtes, les Français en consomment tous et dans toutes les régions. Les ventes ont progressé de plus de 5% entre 2007 et 2011. Les conserves de thon arrivent en tête du hit-parade, suivies par celles de maquereau puis de sardine. Pourtant, c'est difficile, car l'approvisionnement en poisson devient compliqué.

« Le poisson est pris en tenaille entre l'augmentation de la demande mondiale et la nécessité de préserver la ressource de nos côtes », explique Jean-François Hug, président de la conserverie Chancerelle-Connétable, basée à Douarnenez, dans le Finistère. Le résultat ? En moins de deux ans, le prix d'achat du thon albacore a augmenté de 41%, le thon listao de 74%! La hausse est de 37% pour le maquereau, de 35% pour la sardine.

 


Augmentation des prix en vue ?

 


Or, le prix de vente au consommateur, à 8.30 euros le kilo en 2011, n'a augmenté que de 2.5 % en deux ans. C'est donc un réel problème. Comment répercuter ces hausses ? Impossible de tout mettre sur le consommateur. Les conserveurs comptent tout de même sur leur « capital sympathie », les Français appréciant ces produits faciles à utiliser, riches en Oméga 3 et autres protéines. « Il va falloir essayer de passer autour des roches ! », souligne Adolfo Valsecchi. En effet, car il y a de quoi étrangler les conserveurs. Avec les conséquences qu'on imagine sur l'emploi.

Les conserveurs sont pourtant bien décidés à ne pas rester les deux pieds dans le même sabot. Combien de temps la sardine, le maquereau et le thon en boîte pourront-ils rester bon marché ? La grande distribution a sans doute une bonne partie de la réponse.

 

 

Catherine Magueur, Le Télégramme