Construction Navale
Construction navale européenne : Les Italiens tirent la sonnette d'alarme

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Construction navale européenne : Les Italiens tirent la sonnette d'alarme

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Les professionnels italiens de la construction et de la réparation navale, regroupés au sein d'ASSONAV, sont très inquiets pour la santé du secteur naval européen. Après trois années de croissance exceptionnelle, les prises de commandes se sont, en effet, effondrées en 2009. A l'échelle internationale, la chute était de 81% de janvier à septembre, comparé à la même période de 2008. Fortement touchés par les conséquences de la crise économique, les chantiers, en plus des baisses de prises de contrats, doivent, de plus, faire face à des reports ou même d'importantes annulations de commandes. Dans ce contexte, « la construction navale européenne, la plus avancée du monde, risque de passer sous le seuil critique assurant sa pérennité », estime ASSONAV. « La surcapacité dans les secteurs maritimes marchands et la baisse conséquente du nombre de navires affrétés a impacté négativement les investissements des armateurs, déjà en difficulté en raison des problèmes de financement. Le report de projet a aussi atteint le milieu de la croisière, même si ce secteur reste dynamique ».
C'est dans ce contexte que l'association a tenu son assemblée à Rome, vendredi dernier, en présence d'Antonio Tajani, Commissaire européen aux Transports, et de Giuseppe Maria Reina, secrétaire d'Etat italien aux Infrastructures et aux Transports. Les responsables d'ASSONAV, dont le patron de Fincantieri, Corrado Antonini, ont d'ailleurs appelé à une intervention de l'Europe. « La Commission européenne semble être consciente du besoin d'une intervention de secours, provisoire et limitée, afin de soutenir notre industrie, dans une perspective de protection de l'environnement et d'un transport maritime sûr, un soutien très différent de l'aide aveugle à l'industrie qui a déjà été acceptée, par exemple en Chine et la Corée ».

Elimination des vieux navires et éco-bonus

Pour les industriels italiens, l'aide européenne pourrait, ainsi, consister à stimuler la demande en éliminant les navires désuets, principalement ferries et rouliers, des eaux européennes. Pour les remplacer, des aides pourraient être allouées, par exemple sous forme d'éco-bonus. Selon ASSONAV, en Europe, 140 de ces ferries, dont une partie est exploitée en Méditerranée, ont plus de 30 ans d'âge. « Le renouvellement de flotte ne créerait pas de surcapacité, les navires neufs remplaçant les anciens, conformément à la politique de l'Union Européenne en matière de transports. Cette démarche devrait être accompagnée d'un programme d'assistance financière pour faciliter les investissements, qui serait géré par la Banque Européenne d'Investissement ». Les carnets de commandes se réduisant de plus en plus, les constructeurs appellent à la mise en place rapide d'un plan de soutien. Pour l'Italie, les professionnels encouragent, par ailleurs, le gouvernement à passer, rapidement, des commandes publiques, afin de combler le trou de charge des chantiers, à l'image de ce qui a été fait en France et en Allemagne. Ils réclament également de nouveaux outils financiers afin d'améliorer leur compétitivité et rester dans la course par rapport à leurs concurrents. « En Europe, le secteur naval se bat pour survivre et les sociétés qui gagneront cette bataille seront plus fortes qu'auparavant. C'est l'objectif de tous les acteurs du secteur », estime Corrado Antonini, président de Fincantieri, leader mondial de la construction de paquebots et acteur important dans le domaine des ferries et des navires militaires.

Fincantieri | Actualité du constructeur naval italien