Marine Marchande
Conteneur : des mois difficiles à venir

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Conteneur : des mois difficiles à venir

Marine Marchande

Entretien accordé à un quotidien, lettre ouverte ou questions-réponses : à chacun sa méthode. Alors que le transport maritime est secoué par la crise provoquée par la pandémie de coronavirus, trois dirigeants de grands armateurs au conteneur (CMA CGM, MSC, Hapag Lloyd) se sont exprimés coup sur coup.

Ralentissement

Dernier en date à prendre la parole, Rolf Habben Jansen, CEO de l’allemand Hapag Lloyd, ne cache pas que « l’ensemble de la situation aura un impact sur notre industrie, notamment en termes de volumes de conteneurs dans les mois à venir ». Si ses navires sont toujours à la mer, il sera peut-être nécessaire de « faire des ajustements dans notre réseau », dit-il. Il ne se hasarde pas à faire des prédictions sur l’impact de la pandémie, mais il prépare le terrain et relève qu’« il semble qu'il y aura un certain type de ralentissement à court terme, mais nous ne pouvons pas dire combien de temps ses effets dureront ».

Plus direct, le président de CMA CGM, Rodolphe Saadé, prévient, dans les colonnes du Figaro, que si les navires sont actuellement pleins et le remplissage suffisant pour avril, « la situation va se tendre en mai ». Il estime à « 30% la baisse du transport maritime mondial ». Ainsi, observant une baisse du volume des commandes, CMA CGM se prépare « à mettre à l’ancre entre 10 et 15 de nos 500 navires ». Il explique que « le problème n’est plus en Chine, où les usines tournent à 100 % de leurs capacités ; il vient des clients européens et américains : avec le confinement, la consommation ralentit. De plus, l’Inde a aussi stoppé du jour au lendemain tout échange commercial ».

Le président du groupe Mediterranean Shipping Company, Diego Aponte, a pour sa part choisi de rédiger une lettre ouverte. Sans s’étendre sur le cas de MSC, il y rappelle le « choc inattendu pour les sociétés et les économies » provoqué par l’épidémie. Soulignant le travail des employés pour maintenir l’activité des navires, il pointe le rôle que joue MSC, comme ses homologues, dans le commerce international pour « garder le monde en mouvement malgré les conditions difficiles pour les opérations » rencontrées.

Sortie de crise

Quelle sortie de crise ? chez CMA CGM, on s’attend à une reprise « hétérogène et inégale », l’Europe et les Etats-Unis repartant plus vite que l’Inde et l’Afrique. Rodolphe Saadé plaide pour un « commerce mondial plus équilibré » et se félicite d’avoir misé sur le changement « en commandant ses prochains navires au gaz ».

Pour sa part, Rolf Habben Jansen estime que sa compagnie a les reins solides grâce à « une politique financière assez prudente ». Il souligne notamment qu’Hapag Lloyd a « significativement amélioré sa rentabilité et réduit sa dette en 2019 », ce qui lui laisse la capacité de « prendre des mesures de précaution financières supplémentaires » au cas où la crise perdurerait.

Chez MSC, Diego Aponte vante une « situation financière stable » et des activités diversifiées lui garantissant « une position forte à long-terme ». Il rappelle, par ailleurs, que « la Chine a montré des signes précoces de reprise » et que les « usines ont recommencé à fonctionner et les marchandises ont commencé à circuler », estimant que c’est la preuve « qu'il sera possible de surmonter cette crise ».

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