Marine Marchande
Copenhague : Les armateurs veulent contribuer à l'effort global

Actualité

Copenhague : Les armateurs veulent contribuer à l'effort global

Marine Marchande

C'est hier, dans la capitale danoise, que s'est ouverte la plus grande conférence de l'histoire sur le réchauffement climatique. Douze ans après le protocole de Kyoto, Copenhague réuni 15.000 participants et 105 chefs d'Etat et de gouvernement venant de 192 pays. L'objectif de cette conférence des parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) est de parvenir à réduire les émissions de gaz à effet de serre, jugés responsables du réchauffement climatique. Les participants souhaitent, notamment, un engagement des plus gros « pollueurs » de la planète, comme la Chine, les Etats-Unis et l'Inde.
Transportant plus de 90% du commerce mondial, le transport maritime, bien qu'il ne représente que 3 à 4% des émissions, souhaite s'associer a l'effort global de réduction des gaz à effet de serre. Le sommet de Copenhague doit, ainsi, fixer un objectif chiffré de réduction et en confier la mise en oeuvre à l'Organisation Maritime Internationale (OMI).

20% d'émissions de CO2 en moins

L'industrie maritime propose une réduction des émissions de CO2 de 20% entre 2007 et 2020. « Cet objectif ambitieux mais raisonnable est possible à atteindre grâce à des mesures techniques et économiques. Des mesures techniques, telles que l'amélioration de la conception des navires ou la réduction de la consommation des carburants (réduction de la vitesse, routage meteo) sont déjà expérimentées. Economiquement, un instrument de marché (ETS ou taxe) devra répondre aux 9 critères définis par le comite Environnement de l'OMI, parmi lesquels l'efficacité à l'échelle mondiale, le rapport cout-efficacité, la non distorsion de concurrence, la transparence, le respect de la croissance mondiale... », explique Armateurs de France. L'organisation, qui rassemble les armateurs français, souligne l'importance de confier cette mission à l'OMI, instance réunissant depuis 50 ans les grandes nations et les compétences maritimes : « Elle est l'enceinte légitime et pertinente pour élaborer la réglementation du secteur. Le transport maritime est international. Tous les Etats doivent donc être impliqués au même titre, selon le principe de l'OMI : pas de traitement plus favorable. Si au contraire, c'était le principe de la responsabilité commune mais différenciée (*), en vigueur à la CCNUCC, qui était appliqué, certaines grandes nations maritimes (la Chine, l'Inde par exemple) seraient exclues du dispositif. Leur accorder un traitement de faveur rendrait l'instrument inutile et contre-productif, avec un risque de dépavillonnement en faveur de ces Etats ». Selon Armateurs de France : « Pour inciter ces pays à s'associer au dispositif, les fonds dégagés par l'instrument de marché choisi devront être affectes en priorité à la recherche et au développement en leur faveur ».
L'ICS (International Chamber of Shipping) principale organisation internationale d'armateurs, publie également un communiqué en ce sens. Elle regroupe 33 associations d'armateurs représentant tous les secteurs d'activités et environ 75% de la flotte de navires marchands.
_______________________________________________

(*) Principe selon lequel, dans les relations internationales, les pays développés et en développement contribuent de manière différenciée a la réduction des émissions de CO2 en fonction de leurs ressources.

Divers marine marchande