Marine Marchande
Coques Maersk coulées à Sein: le plan d'action prochainement connu

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Coques Maersk coulées à Sein: le plan d'action prochainement connu

Marine Marchande

Dans la nuit du 21 au 22 décembre dernier, les coques des Maersk Searcher et Maersk Shipper, deux anciens ravitailleurs de plateformes de l’armement Maersk Supply Services, ont coulé au large de la Bretagne alors qu’il se trouvait en remorque de l’AHTS Maersk Battler. Les trois bateaux se dirigeaient vers Aliaga, en Turquie, pour y être tous trois démantelés. Ils avaient appareillés de Fredericia au Danemark, une dizaine de jours plus tôt.

Les circonstances de l’accident sont connues. Le temps est particulièrement mauvais alors que le convoi quitte la Manche. En milieu de nuit, la coque du Maersk Searcher subit une voie d’eau à environ 60 milles à l’ouest de l’île de Sein et coule rapidement par 140 mètres de fond. Les deux remorqués se trouvant à couple, l’autre coque chavire sous l’effet du naufrage mais reste à flot quelques heures. Le remorqueur ne demande pas d’assistance, éloigne son convoi des voies de navigations et revient sur les lieux du premier naufrage. A six heures du matin, la coque du Maersk Shipper finit par couler elle aussi, à 70 milles de Sein et par 155 mètres de fond. Le remorqueur prévient les autorités françaises puis poursuit sa route vers la Turquie, qu’il atteindra quelques jours plus tard.

 

(DROITS RESERVES)

(DROITS RESERVES)

 

Après avoir émis des avis urgents aux navigateurs, puis envoyé des moyens de surveillance qui constatent, dans un premier temps, l’absence d’irisation et de débris, la préfecture maritime de l’Atlantique demande à l’armateur, Maersk Supply Services, de relocaliser les épaves. Ce qui est chose faite rapidement, Maersk ayant affrété le Jif Surveyor de Jifmar, qui a retrouvé les deux coques de 87 mètres dès le 29 décembre. Parallèlement, le préfet maritime a demandé à Maersk de fournir le passeport vert des deux coques, document attestant de leur dépollution. Le groupe danois, sollicité par la presse, confirme que les deux bateaux ont été vidés de leurs soutes et de leurs lubrifiants avant leur départ.

Début janvier, des traces d’irisation sont constatées par les avions de la Douane et de la Marine, lors des patrouilles de surveillance de la zone organisées régulièrement depuis le naufrage. Celles-ci proviendraient des résidus d’eaux noires et d’hydrocarbures, environ 100 m3 par bateau, qui se trouveraient encore à bord. Face à l’émoi de l’opinion publique, la ministre Ségolène Royal intervient auprès du gouvernement danois. Celui-ci avait déjà ouvert une enquête, puisque le droit international prévoit la compétence de l’état du pavillon dans le cadre des accidents de mer.

 

(© MICHEL FLOCH)

(© MICHEL FLOCH)

 

Quelle est la situation aujourd’hui ? Suite à la relocalisation des épaves et le constat de la présence de combustible résiduels, la préfecture maritime de l’Atlantique a demandé à Maersk de réaliser, avant la date du 1er février, des investigations visant à établir clairement les dommages subis par les coques et les risques qu’elles représentent.

C’est chose faite : les 19 et 20 janvier dernier, Maersk a affrété le Jif Xplorer qui a mis en œuvre un robot sous-marin. Celui-ci a cartographié précisément les épaves. Les conclusions de ce rapport d’investigation ont été rendues à Maersk. Le groupe danois, sur la base de ces constations, va donc proposer un plan d’action pour le traitement des épaves. Celui-ci va être examiné par la préfecture maritime et les experts en matière de pollution qui vont l’analyser. Une fois le feu vert donné, les mesures sur le terrain pourront être lancé.

« Le dialogue se passe très bien avec Maersk, qui a fourni tous les documents en temps et en heure et qui collabore parfaitement avec nos services», précise-t-on à la préfecture maritime. L’enquête nautique est en cours au Danemark, aucune procédure judiciaire n’a été engagée en France. La zone est toujours surveillée, « sur une base d’opportunité, quand un moyen naval ou aérien se trouve à proximité ». La prochaine étape devrait donc être très prochainement connue.

A.P. Møller - Mærsk