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Coquille Saint-Jacques : une gestion qui porte ses fruits
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Coquille Saint-Jacques : une gestion qui porte ses fruits

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Bonne nouvelle pour les gourmets : la saison de pêche à la coquille Saint-Jacques va commencer. Dans la baie de Saint-Brieuc, où les premiers coups de drague auront lieu lundi, l’état des stocks est bon, mais il n’atteint pas le niveau record de l’an dernier.

Chaque année, depuis près de 30 ans, l’Ifremer mène des campagnes d’évaluation des stocks sur les deux principaux gisements français de coquilles Saint-Jacques. Cette année, la première campagne a eu lieu en baie de Seine, du 2 au 20 juillet, la seconde en baie de Saint-Brieuc, du 5 au 20 septembre. Le but est d’estimer la biomasse exploitable des coquilles Saint-Jacques. Les résultats issus de ces campagnes servent de base scientifique aux organisations professionnelles et à l’administration des pêches pour établir des règles de gestion régionale : quotas, heures de pêche… Ces campagnes d’évaluation sont cofinancées par l’Union européenne, France filière Pêche et l’Ifremer.

Coquille Saint-Jacques. Une gestion qui porte ses fruits

 

Saint-Brieuc : 41 000 tonnes, dont 25 800 exploitables

Ainsi, selon Ifremer, en baie de Saint-Brieuc, le gisement de coquilles tous âges confondus avoisine cette année 41 000 tonnes. C’est en dessous du record de 2018, qui s’élevait à 48 400 tonnes, mais encore supérieur au niveau de 2017 (33 000 tonnes). La biomasse adulte (coquilles de deux ans et plus) est proche de 35 000 tonnes contre 40 000 tonnes en 2018. Quant à la biomasse exploitable (coquilles de plus de 10,2 cm), elle est évaluée à 25 800 tonnes contre 25 300 tonnes en 2018.

En baie de Seine, dans la zone qui va de Barfleur au cap d’Antifer, le gisement est légèrement supérieur à la moyenne 2008-2018. La biomasse totale exploitable de coquilles est évaluée à 23 600 tonnes. C’est un niveau équivalent à celui de 2012 mais nettement moins bon qu’en 2017 et surtout 2 018 (63 600 tonnes.)

Selon les scientifiques, ces chiffres confirment malgré tout la tendance plutôt favorable observée depuis les années 2000, en lien, selon l’Ifremer, avec la gestion vertueuse mise en place par les pêcheries françaises : diminution de l’effort de pêche, mise en place de dates et d’horaires de pêche et amélioration de la sélectivité des engins grâce à des anneaux de drague plus grands. Les pêcheurs utilisent ainsi des anneaux de 92 mm en Manche et de 97 mm en baie de Saint-Brieuc.

À noter que les niveaux fluctuent également d’année en année en fonction de l’environnement. « Les conditions de courants, de température ou d’abondance de microalgues influent particulièrement lors de la ponte et de la phase larvaire des coquilles », complète l’Ifremer.

Une batterie de mesures

Espèce non soumise aux quotas européens, la coquille Saint-Jacques est l’une des pêcheries artisanales les mieux encadrées de France. Conscients de la nécessité de préserver la ressource, les professionnels ont mis en place, de leur propre chef, une batterie de mesures avec l’appui des scientifiques. Des licences ont été instaurées et chaque site a ses propres règles de gestion sur les dates d’ouverture, les volumes, les tailles, les temps de pêche, les engins utilisés. À Saint-Brieuc, pour le mois d’octobre, les bateaux pêcheront les lundis et mercredis, de 9 h à 14 h.

Un article de la rédaction du Télégramme