Disp POPIN non abonne!
Histoire Navale
ABONNÉS

Actualité

Cordelière et Régent : Nouvelles recherches pour percer le mystère de la troisième épave

Histoire Navale

Une épave a été trouvée en rade de Brest, dans la zone où la Cordelière d’Anne de Bretagne et le Regent anglais ont coulé, il y a cinq siècles. De nouvelles recherches auront lieu cet été.

En cherchant les épaves de la Cordelière et du Régent, qui avaient sombré le 10 août 1512, lors d’un combat bord à bord, quelque part entre le goulet de Brest et la pointe Saint-Mathieu (29), les archéologues subaquatiques ont trouvé… Une troisième épave. C’était l’été dernier, en rade de Brest. « Cette découverte s’annonce comme un témoignage exceptionnel de l’art naval et de la société des XIVe et XVe siècles », enthousiasme Anne Gallo, vice-présidente déléguée au patrimoine à la Région Bretagne. Baptisée Sud Minou 1, en référence à sa proximité avec la pointe du même nom, cette épave fera donc l’objet de fouilles complémentaires entre le 15 juin et le 15 juillet 2019.

D’après les premières constatations, les scientifiques estiment que Sud Minou 1 est un navire commercial en bois, avec bords à clin, non doté de canons. Voilà pour les grandes lignes mais une myriade de questions se posent encore : Pourquoi a-t-on retrouvé dans ses entrailles une poterie non française datant du XVIe ou du XVIIe siècle ? Pourquoi le chargement du navire semble avoir disparu ? Pourquoi aucun document de l’époque ne mentionne ce naufrage ?

Des témoins oculaires pas assez fiables ?

Pour inspecter ce navire brisé en deux, qui gît par 50 m de fond, à la sortie du goulet de Brest, la Drassm se dotera de robots nettoyeurs, qui aspireront les sédiments recouvrant l’épave. « Au-delà des connaissances que ce navire va apporter sur la vie au Moyen Âge, nous espérons qu’il aura un lien avec la Cordelière et le Régent », détaille Michel L’hour, directeur du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm). « C’est très intrigant qu’un bateau d’une taille et d’une époque similaires à ceux de la Cordelière et du Régent, a coulé dans la même zone ».

Toujours avec l’espoir de retrouver la Cordelière et le Régent, l’été prochain, les chercheurs continueront à balayer la zone de recherche avec un radiomètre plus puissant capable de détecter plus rapidement un rayonnement électromagnétique. « L’an dernier sur les 10,4 km² de l’aire restreinte de recherche, nous en avons parcouru 6 km². Il nous reste à sonder 4 km² dans l’aire restreinte et 17 km² dans l’aire étendue, détaille Michel L’hour. Si nous ne trouvons rien, c’est peut-être que nos estimations, qui se basent sur les témoignages rapportés par les témoins oculaires de la bataille à l’époque à la cour d’Anne de Bretagne, ne sont pas assez fiables. Il faudra se replonger dans la documentation pour trouver de nouveaux témoignages ».

Un article de la rédaction du Télégramme