Marine Marchande
Coronavirus : inquiétudes autour des suicides à bord des navires

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Coronavirus : inquiétudes autour des suicides à bord des navires

Marine Marchande

Seafarers UK, organisme caritatif britannique, s’inquiète de l’absence de statistiques sur les suicides à bord des navires. Ce manque de données a été mis en lumière lors de la pandémie de coronavirus. En particulier après plusieurs compte-rendus de suicides à bord de navires de croisière dont les équipages étaient bloqués à bord.

« J'ai été surprise de découvrir qu'il n'y a pas la moindre source de données sur le nombre de marins qui se sont suicidé pendant la pandémie de coronavirus. En fait, de manière alarmante, il semble que personne n’a tenu ou ne tienne un décompte mondial précis des suicides de marins ». Elle souligne que des suicides pourraient passer, à tort, pour des accidents mortels. Et d’ajouter : « Si nous ne connaissons pas l'étendue réelle du problème, comment pouvons-nous cibler notre soutien aux marins et à ceux qui travaillent en première ligne pour soutenir le bien-être des marins ? »

L’organisme  rappelle que des milliers de marins sont bloqués à bord de leurs navires alors qu’ils avaient fini leurs contrats. Une situation provoquée par les restrictions de voyages imposées par les mesures de lutte contre le coronavirus.

Fin juin, une autre organisation caritative britannique, le Seafarers Hospital Society (SHS), a affirmé que les suicides « étaient maintenant la principale cause de décès parmi les marins ». L’ONG, qui parle d’une « crise de la santé psychique parmi les marins » a dénoncé la pression mise sur des marins éloignés de leurs familles, mais aussi soucieux de leur santé et de leur avenir. Pour tenter de faire face à ces risques psychosociaux, elle a mis en place un service d’écoute baptisé Big White Wall accessible gratuitement aux marins et leurs familles disponible 24h/24 et 7 jours sur sept.

Pendant la crise du coronavirus, plusieurs suicides sur des naivres de croisière ont attiré l’attention. Sur les deux premières semaines de mai, au moins trois membres d’équipage étaient morts dans ce qui semblait être des suicides. Deux s’étaient jetés par-dessus bord. Ainsi, l’ITF (qui regroupe une très grande partie des syndicats de marins au niveau mondial) avait fait part de sa « tristesse » le 13 mai dernier après qu’une Ukrainienne de l’équipage du Regal Princess, arrivé à Rotterdam et dont l’évacuation avait été retardée, se soit jetée par-dessus bord. « Le stress associé à l'isolement social des gens de mer peut être difficile, même en temps normal, mais nous voyons les conséquences tragiques que la pandémie de la Covid-19 sur la santé mentale des marins avec une augmentation du stress et de l'incertitude ».

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