Pêche
Coronavirus : la filière pêche en difficulté

Actualité

Coronavirus : la filière pêche en difficulté

Pêche

Bateaux à quai, criées tournant au ralenti, restaurants et marchés fermés : depuis plusieurs jours, l’épidémie de coronavirus provoque de sérieux remous dans le secteur de la pêche. Inquiètes sur leur sort, les entreprises des pêches maritimes (1) ont diffusé lundi une lettre adressée au président Macron dans laquelle elles réclament des « orientations claires ».

« A l’arrêt »

Elles y dressent un constat « alarmant et sans appel : la plupart des navires de pêche sont amarrés à quai et ne repartiront pas, car la demande ne permet pas l'écoulement de leur production, ou la fermeture des très nombreuses frontières ne permet plus à ceux escalant loin à l'étranger la relève des équipages français ». De plus, les prix sont « très bas » et « ne permettent pas d'assurer l'équilibre économique des entreprises ». Ainsi, « la plupart des entreprises de pêche vont donc rester à l'arrêt faute de marché pour commercialiser leurs produits, mais surtout elles sont confrontées comme tous les autres secteurs de l'économie à leur responsabilité de sécuriser la santé de leurs salariés ».

Déjà, la semaine dernière, un communiqué du comité régional des pêches de Bretagne, des comités départementaux, de COBRENORD et de Pêcheurs de Bretagne, soulignait qu’il était « certain que l’activité de pêche bretonne va être fortement dégradée pendant encore de nombreux jours ». Les signataires pointaient « l’arrêt progressif des navires de pêche hauturiers et d’une partie non-négligeable des navires côtiers ».

Demande de soutien

Dans leur lettre, les entreprises demandent au président de la République de pouvoir bénéficier « dans les plus brefs délais », de « mécanismes de soutien permettant d'assurer leur pérennité ». Elles expliquent que « l'administration travaille actuellement sur un dispositif d'arrêt temporaire qui nous semble le plus adapté pour pourvoir rapidement aux besoins des entreprises concernées ». Et d’ajouter : « si le support réglementaire européen de ce dispositif n'était pas assuré, nous demandons à ce que des garanties soient très vite données sur la mise en place d'un dispositif similaire au niveau national, en s'affranchissant alors d'un cadre européen qui aurait démontré son hostilité à la survie des entreprises de pêche communautaires et de l'emploi de leurs navigants ».

Plafond des aides quadruplé

Vendredi, la Commission européenne a relevé le plafond des aides de minimis de 30.000 à 120.000 euros pour les secteurs de la pêche, de l’aquaculture et de la transformation. Cela doit permettre d’accorder des aides aux entreprises de ces secteurs sans avoir à demander l’approbation de la Commission. « Débloquer ce fond est une première étape qui permettra au secteur de faire face à la baisse massive d’activité », ont réagi les eurodéputés Catherine Chabaud, Stéphanie Yon-Courtin et Pierre Karleskind dans un communiqué où il réclament que « d’autres mesures » soient « impérativement prises dans les semaines à venir ». Les députés estiment que « la Commission doit intégrer dans le Fonds européen pour les affaires maritimes et pour la pêche (FEAMP) la caractère exceptionnel de cette crise sanitaire, tant pour les arrêts temporaires d’activité de pêche et d’aquaculture que pour le stockage ».

(1) La lettre est signée de l’Union des armateurs à la pêche de France, de l’Association nationale des organisations de producteurs et du FROM Nord, de Pêcheurs de Bretagne, du FROM Sud-Ouest, de SATHAON, de l’OP du Sud, d’ORTHONGEL.