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Coronavirus : la marine aussi se tient prête

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Coronavirus : la marine aussi se tient prête

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Pour soutenir les personnels des hôpitaux français confrontés au développement de l’épidémie de coronavirus, le Service de Santé des Armées (SSA) a été mobilisé. Lundi soir, Emmanuel Macron a notamment annoncé le déploiement d’un « hôpital de campagne » en Alsace, l’une des zones les plus touchées du pays. Il s’agit en l’occurrence d’un Elément Militaire de Réanimation (EMR), une structure médicale sous tente qui va comprendre 30 lits de réanimation dédiés à la prise en charge de patients atteints par le Covid-19. Des moyens qui vont compléter ceux des hôpitaux alsaciens, dont les capacités de réanimation sont désormais saturées, en particulier dans le Haut-Rhin, du fait de l’afflux de malades.

De plus, alors que les hôpitaux militaires sont également mobilisés, un précieux moyen logistique est engagé. Afin de pouvoir acheminer des malades depuis les zones où les infrastructures hospitalières sont débordées, ou depuis les territoires ultramarins, l’armée de l’Air va mettre en œuvre un ou plusieurs modules de réanimation pour patients à haute élongation d’évacuation (MORPHEE). Il s’agit de kits modulaires permettant de gréer des avions de type KC-135 ou A330 Phénix en appareils médicalisés permettant chacun l’évacuation sur de longues distances de blessés graves. La première rotation aérienne avec MORPHEE interveniendra ce mercredi entre Mulhouse et Toulon. Dans la matinée, un Phénix a décollé d'Istres pour rejoindre l'Alsace afin de prendre en charge 6 patients. 

 

Un A330 Phénix a décollé ce matin d'Istres pour rejoindre Mulhouse (

Un A330 Phénix a décollé ce matin d'Istres pour rejoindre Mulhouse (© MINISTERE DES ARMEES)

MORPHEE, ici sur le nouvel A330 Phénix (

MORPHEE, ici sur le nouvel A330 Phénix (© ARMEE DE L'AIR - ALAIN COURTILLAT)

 

Dans le même temps, d’autres unités militaires sont disponibles pour pouvoir appuyer le dispositif sanitaire en fonction des besoins. Y compris dans la Marine nationale. Celle-ci tient à disposition différentes capacités, à commencer par ses hélicoptères, qui pourraient si nécessaire aider au transport et à l’évacuation de malades. Afin de préserver le potentiel de ces machines, les préfectures maritimes ont notamment rappelé hier à la population que toutes les activités de loisirs en mer (plaisance, sports nautiques, promenades sur les plages) étaient interdites et passibles d’amendes (qui ont commencées à être infligées hier par les forces de l’ordre). Un accident en mer ou des promeneurs coincés par la marée montante peuvent, en effet, occuper un hélicoptère et des sauveteurs qui seraient plus utiles à l'évacuation de malades du Covid-19 et mobiliser inutilement des ambulances, lits d'hôpitaux et personnels soignant. 

Habituée aux opérations de sauvetage, l’aéronautique navale dispose de différents types d’hélicoptères (NH90 Caïman et Dauphin notamment) le long du littoral et Outre-mer. Ils pourront en cas de besoin contribuer aux opérations sanitaires.

 

Le PHA Tonnerre (

Le PHA Tonnerre (© MARINE NATIONALE - JEREMY VACELET)

 

La flotte française arme également trois grands porte-hélicoptères amphibies (PHA), les Mistral, Tonnerre et Dixmude, bâtiments de 199 mètres mis en service entre 2006 et 2012. Ils disposent chacun de vastes installations hospitalières (750 m² avec notamment deux blocs chirurgicaux, une salle de radiologie et 69 lits d’hospitalisation) qui peuvent en récupérant une partie du hangar hélicoptères être agrandies de 250 m² pour attendre quatre blocs et 119 lits. Des installations qui, lorsqu'elles sont activées, sont armées par les personnels du SSA. Elles ont déjà servi à plusieurs reprises, en particulier lors d’opérations humanitaires suite à des catastrophes naturelles. Mais dans le cas du coronavirus, il faudrait les adapter aux besoins médicaux liés à l’épidémie, avec de solides capacités de réanimation.

L’avantage des PHA, avec leurs installations médicales et leurs hélicoptères (jusqu’à 16) est qu’ils peuvent être facilement déployés via la mer dans les zones littorales où il faudrait disposer de renforts pour soutenir les installations hospitalières locales. Ce qui n’est pour l’instant pas le cas en métropole, où logiquement les solutions terrestres du SSA seront privilégiées. Les PHA peuvent en revanche avoir une vraie utilité si l’épidémie se développe fortement dans des territoires ultramarins.

Il convient cependant de rappeler que les moyens du SSA ne sont pas démesurés, puisque selon notre confrère Jean-Dominique Merchet du journal L'Opinion, qui a publié hier un article détaillé sur le sujet, ils représentent à peine 1% de ceux de l'hôpital public. C'est donc bien sur ce dernier que tout repose d'abord, les médecins et infirmiers militaires ne pouvant que compléter de manière utile mais limitée leurs collègues civils.  

 

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