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Corridors maritimes: Les huit députés du Finistère écrivent au Premier ministre

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Alors que les négociations avec la Commission européenne sur le retrait du Royaume-Uni de l’UE doivent débuter dans les tout prochains jours, et qu’un accord de principe doit intervenir après le 17 octobre, les ports de Brest et Roscoff sont toujours exclus du réseau des ports centraux et des corridors européens, en particulier du corridor « Mer du Nord-Méditerrannée », au seul bénéfice des ports du Benelux.

Or, cette insertion des ports bretons est « un maillon essentiel du projet de développement durable et d’accessibilité de l’ouest de la France, qui ne saurait être négligé à l’approche des élections européennes », plaident les huit députés du Finistère, qui viennent d’écrire un courrier au Premier ministre, Édouard Philippe, pour lui demander « que la France porte avec fermeté une position ambitieuse incluant Brest et Roscoff ».

Des ports normands réintégrés

Dans leur courrier, les huit élus finistériens qui appartiennent tous à la majorité présidentielle saluent la mobilisation de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui a permis que le dialogue soit noué avec la commissaire européenne aux Transports, afin de revenir sur cette proposition. Ainsi, les ports du Havre, Calais et Dunkerque, déjà sur les corridors et ports du réseau central, trouveraient leur place dans ce nouveau schéma, ainsi que le port de Cherbourg, dans la continuité de l’axe Seine.

Mais les deux ports bretons ne sont toujours pas réintégrés. « La réponse donnée aux ports bretons serait alors d’avoir recours aux financements prévus dans le cadre des autoroutes de la mer. Nous ne pouvons nous satisfaire d’une telle approche », indiquent les députés finistériens en rappelant la faiblesse des lignes budgétaires prévues dans ce dispositif « qui ne saurait compenser l’inscription au réseau des ports centraux, élément décisif pour les opérateurs maritimes ».

Vital pour tout l’Ouest de la France

Aussi réitèrent-ils leur demande d’une inscription de Brest et Roscoff au réseau central des ports européens « dès maintenant. Les atouts de ce système portuaire s’imposent d’évidence. Brest et Roscoff offrent la liaison maritime directe la plus rapide entre l’Irlande et l’Europe continentale. Ces ports assurent déjà des liaisons maritimes directes avec l’Irlande et ont engagé des investissements importants à cette fin, à hauteur de 220 M€ d’ici 2021, visant à accroître leurs capacités d’accueil et leur niveau de service », rappellent les huit députés finistériens.

Ils estiment aussi que l’accès à l’hinterland irlandais dépasse largement l’enjeu du développement des ports finistériens. « Il conditionne notre capacité à mettre en œuvre les plateformes multimodales de Morlaix et de Rennes, ainsi qu’à promouvoir les infrastructures de fret pour l’Ouest de la France sur un axe Brest/Roscoff/Morlaix-Rennes-Nantes connecté au corridor atlantique. C’est l’inscription de l’Ouest de la France dans les grands schémas européens de transport pour les 20 ans à venir qui est en jeu ».

L’enjeu des élections européennes

Au-delà, les huit députés évoquent aussi la « sensibilité » de ce dossier dans la perspective des élections européennes. « Au moment où l’issue du Brexit laisse planer de sérieuses menaces dans des domaines comme la pêche ou la Politique agricole commune, l’accession au réseau central serait au contraire un message fort adressé aux Bretons qui manifestent depuis l’origine une forte adhésion au projet européen », alertent les députés.

 

Un article de la rédaction du Télégramme