Marine Marchande
Corse : Le Rhodanus doit être déchargé, Elisabeth Borne fait des annonces

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Corse : Le Rhodanus doit être déchargé, Elisabeth Borne fait des annonces

Marine Marchande

Le Rhodanus, un cargo de 90 mètres, s'est échoué dans la nuit de samedi à dimanche à Cala Longa, à l'entrée des bouches de Bonifacio. Les circonstances ayant mené à cet échouement ne sont pas encore connues mais le navire est arrivé à pleine vitesse à terre malgré les appels répétés des stations côtières italienne et française. 

Les plongeurs démineurs du GPD de Toulon ont mené une inspection de la coque qui a montré que celle-ci avait gardé son intégrité. Aucune pollution n'a été constatée sur le site. En revanche, les plongées montrent que le navire est posé sur le fond à son avant. Il serait donc impossible de le déséchouer sans l'alléger au préalable, au risque de déchirer sa coque. Il va donc falloir amener sur place des moyens de manutention pour décharger la cargaison, comprenant plus de 2600 tonnes de bobines d'acier. Les moyens nécessaires doivent être identifiés et acheminés. Les opérations sont menées par la préfecture maritime de la Méditerranée, avec l'armateur et l'assureur du navire. De nombreux moyens sont sur zone, avec notamment l'Abeille Flandre, le Jason qui a amené du matériel anti-pollution, le bâtiment hydrographique Lapérouse, le patrouilleur Jonquille de la Gendarmerie maritime, le remorqueur Persevero d'Ajaccio et un patrouilleur italien.

Hier, Elisabeth Borne, ministre de la Transition éconolique et solidaire, s'est rendue sur place afin de faire le point avec les services de l’Etat et les élus du territoire sur l’opération de déséchouement et la sécurité maritime dans la région. Elle aussi annoncé des axes de travail pour renforcer la sécurité maritime dans le secteur. 

Voici le communiqué diffusé dans la soirée par le ministère :

Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire, s’est rendue aujourd’hui en Corse-du-Sud, afin de faire le point sur la situation suite à l’échouement hier d’un cargo dans la réserve naturelle de Bonifacio.

La ministre a tenu à saluer la réactivité des services de l’Etat et des collectivités locales, de la SNSM et des autorités italiennes qui se sont mobilisés dès la survenue de cet accident et qui sont à pied d’œuvre pour procéder au déséchouement. Aucune pollution n’est constatée à ce stade, mais des moyens antipollution ont été immédiatement déclenchés par précaution.

La ministre a saisi le Bureau enquête accident maritime (BEA-mer) afin d’analyser les causes de cet accident et les enseignements à en tirer. Il semble d’ores et déjà que le défaut de veille a été déterminant. A cet égard, la France a toujours montré sa préoccupation de faire progresser les règles sociales à bord des navires, en particulier caboteurs. La ministre envisage de proposer à l’Union Européenne une nouvelle initiative auprès de l'Organisation Internationale du travail en vue de mieux réglementer le temps de travail et les règles d’organisation à bord.

Cet accident confirme également la détermination du Gouvernement à faire progresser la sécurité maritime et la protection de l’environnement. De nombreuses mesures encadrent déjà la navigation maritime dans les Bouches de Bonifacio, avec notamment l’instauration d’une Zone Maritime Particulièrement Vulnérable (ZMPV) depuis 2011.

Lors de sa venue, Elisabeth Borne a indiqué souhaiter aller plus loin, et fixé 3 axes de travail que portera le Gouvernement :

1. Renforcer la sécurité de la navigation, en portant plusieurs propositions auprès de l’OMI en ce sens : renforcer l’encadrement de la circulation dans les Bouches de Bonifacio ; examiner la possibilité de mettre en place un dispositif de pilotage obligatoire (mis en place à titre volontaire depuis 2014) ; et demander l’interdiction du transport de matières dangereuses dans les Bouches de Bonifacio (qui aujourd’hui ne s'applique qu'aux navires français ou italiens). Ces mesures appellent une étroite collaboration avec l’Italie et doivent s'inscrire dans le droit applicable aux détroits internationaux.

2. Conforter la disponibilité des matériels de de lutte antipollution en Corse : le maintien du centre de de stockage POLMAR TERRE d'Ajaccio est confirmé ; il détient en particulier les barrages et les matériels de récupération et de pompage appropriés.

3. Conforter la présence des moyens d’assistance et de remorquage (intervention et lutte anti-pollution). A ce titre, il est confirmé le prépositionnement de l’Abeille Flandre en Corse (Bouches de Bonifacio ou golfe de Saint-Florent) dès l’annonce d’une tempête d’une force égale ou supérieure à force 7. Ainsi, ce bâtiment se trouvera, sur l’année, plus souvent sur les côtes corses que sur les côtes continentales. Seront étudiées les possibilités d’utiliser en complément des remorqueurs, dans l’attente de l’arrivée du remorqueur de haute mer qui sera envoyé depuis Toulon.

 

(© MARINE NATIONALE)

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Pollution en mer et accidents