Marine Marchande
Corsica linea affrète le Superfast X pour la ligne vers l’Algérie
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Corsica linea affrète le Superfast X pour la ligne vers l’Algérie

Marine Marchande

La compagnie corse va ajouter un huitième navire à sa flotte. Elle a en effet annoncé hier avoir conclu avec l’armateur suédois Stena un accord portant sur l’affrètement à long terme du ferry Superfast X. Ce navire, exploité actuellement entre l’Irlande et la Grande-Bretagne, sera rebaptisé A Nepita et exploité à partir de cet été par Corsica linea sur sa ligne entre Marseille et l’Algérie. Il permettra ainsi d’offrir une unité plus moderne sur cette destination, où officie notamment le vieux Méditerranée.

 

Le navire a été exploité dans le Détroit sous le nom de SeaFrance Molière entre 2008 et 2011 (© MARC OTTINI)

Le navire a été exploité dans le Détroit sous le nom de SeaFrance Molière entre 2008 et 2011 (© MARC OTTINI)

 

L’ancien Jean Nicoli puis SeaFrance Molière et Dieppe Seaways

Construit initialement pour la compagnie grecque Superfast Ferries au chantier HDW de Kiel, en Allemagne, le Superfast X, mis en service en 2002, est un navire qui a déjà été exploité sous pavillon français. A l'été 2006, il est racheté en urgence et à prix d'or (112 millions d'euros) par Veolia Transport pour la défunte SNCM, dont le groupe était alors actionnaire. Il s'agit à cette époque pour la SNCM de disposer de suffisamment de navires pour contrer le rapprochement de son partenaire historique, la Compagnie Méridionale de Navigation, avec Corsica Ferries dans la course à la délégation de service public pour la desserte de l'île de Beauté. Mais cette alliance éclate et le tandem SNCM/CMN se reforme. L'appoint du Jean Nicoli n'est dès lors plus nécessaire. Alors que la Marine nationale s'intéresse un temps au navire dans le cadre d'un projet de remplacement du vieux porte-hélicoptères Jeanne d'Arc, le Jean Nicoli est finalement repris par SeaFrance fin 2007 afin de remplacer les vénérables Manet et Renoir. L’achat passe par un montage financier assez complexe, le ferry devenant propriété d’un groupe de banques au sein d’une société baptisée « Poquelin ». Après avoir été adapté au service dans le Détroit (proue remodelée et capacité portée de 730 à 1200 passagers, via notamment la suppression de cabines), l'ex-Jean Nicoli, devenu SeaFrance Molière, commence ses rotations entre Calais et Douvres à l'été 2008. Suite à la liquidation judiciaire de SeaFrance en novembre 2011, le navire est désarmé, revendu à l'été 2012 et affrété peu après par DFDS qui l'exploite pendant un an et demi sous le nom de Dieppe Seaways. Il est enfin racheté par Stena en 2014, année où il reprend son nom et son étrave d'origine.

 

 

Le Superfast X dans le port de Dublin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Superfast X dans le port de Dublin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Important arrêt technique prévu en mars et avril

Long de 203 mètres pour une largeur de 25.7 mètres, le Superfast X compte 1930 mètres linéaires de garages, de quoi loger 140 remorques et 100 voitures. Capable d’atteindre 28 nœuds (22 en navigation commerciale) il a gardé sa capacité de 1200 passagers. Avant de passer chez Corsica linea, le navire va bénéficier en mars et avril d’un important arrêt technique au cours duquel il sera repeint pour adopter la livrée rouge de la compagnie corse. Ses espaces publics seront également mis aux standards de son nouvel opérateur, alors que de nouvelles cabines seront ajoutées, portant leur nombre à 158. Le navire sera aussi, à cette occasion,  équipé d’un système de lavage des fumées (scrubbers) pour traiter les rejets d’oxyde d’azote (SOx).

 

Le futur A Nepita  (© CORSICA LINEA)

Le futur A Nepita  (© CORSICA LINEA)

 

150 nouvelles embauches de marins

L’arrivée au sein de Corsica linea de l’A Nepita (nom corse d’une plante de la famille des marjolaines), qui sera comme le reste de la flotte armé au premier registre du pavillon français, va entrainer le recrutement de 150 marins.  « Cet affrètement va dans le sens de l’histoire. Il ponctue un cycle régulier de croissance tant sur la Corse que sur l’Afrique du Nord, et conforte la position de Corsica linea en tant que deuxième employeur de marins français et premier employeur de marins français en Méditerranée. En effet, cet affrètement implique l’embauche de 150 marins supplémentaires dès l’été 2020. Fait unique dans l’économie maritime française, notre compagnie aura ainsi créé plus de 200 emplois de marins depuis sa naissance en 2016. Au-delà d’un aspect purement économique, notre démarche est animée par une conviction forte en l’importance d’une filière maritime structurée, disposant de moyens renforcés de formation, avec, à la clé, un emploi pour beaucoup de jeunes dans l’avenir », a déclaré Pascal Trojani, président de Corsica linea.

Unité neuve à propulsion GNL attendue en 2022

Alors que la compagnie va devoir remplacer une partie de sa flotte dans les années qui viennent, à commencer par le ferry Méditerranée, en service depuis 1989, elle a initié l’an dernier un plan de constructions neuves avec la commande au chantier italien Visentini d’un premier navire équipé d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié. Cette unité de 206 mètres, capable d’atteindre 23 nœuds, disposera de 2560 mètres linéaires de garages et pourra accueillir 650 passagers. Si tout se passe comme prévu, elle devrait entrer en flotte vers la fin 2022.

 

Vue du navire commandé à Visentini (© CORSICA LINEA)

Vue du navire commandé à Visentini (© CORSICA LINEA)

Corsica Linea (ex-SNCM)