Marine Marchande
Corsica Maritima organise à son tour le blocage des navires MCM/CMN

Actualité

Corsica Maritima organise à son tour le blocage des navires MCM/CMN

Marine Marchande

En réponse au blocage du Stena Carrier de Corsica Linea, qui malgré une décision de justice vendredi 9 janvier n’a pas encore pu entrer dans le port de Marseille, des entrepreneurs corses du consortium Corsica Maritima ont mené des actions ce week-end à l’encontre de navires de la MCM (ex-SNCM reprise par le groupe Rocca) et de La Méridionale (CMN). Ainsi, le Girolata, en provenance de Marseille, a été contraint d’attendre 5 heures devant Bastia hier matin avant de pouvoir accoster. La veille, à Ajaccio, c’est le Pascal Paoli qui a vu son appareillage retardé suite à une action des socio-professionnels de l’île.

Le Stena Carrier bloqué depuis le 5 janvier

Partie prenante dans Corsica Linea, nouvelle compagnie créé par le consortium Corsica Maritima (rassemblant plus de 130 chefs d'entreprises et acteurs économiques de l’île) et Daniel Berrebi, ils contestent le blocage du Stena Carrier, que des personnels de l’ancienne SNCM empêchent d’accoster dans le port phocéen depuis le 5 janvier. Les grévistes estiment que l’arrivée de ce navire à Marseille le jour même du lancement de la MCM est une provocation et une manœuvre destinée à couler les compagnies assurant actuellement la délégation de service public (DSP) entre la cité phocéenne et les ports corses. Ils dénoncent une concurrence déloyale et le fait que le Stena Carrier, positionné sur une liaison entre Bastia et Marseille, est armé sous pavillon danois et non français (ce qui n’est pas une obligation légale).

L’appel de la CGT non suivi par sa base

Saisi en référé par Corsica Linea, le tribunal de grande instance a ordonné vendredi aux grévistes, qui utilisent des canots de sauvetage des ferries de l’ex-SNCM pour empêcher le Stena Carrier d’entrer dans les bassins phocéens, de libérer l’accès au port, sous peine d’une astreinte de 30.000 euros par infraction constatée. Sitôt le jugement connu, la CGT a demandé aux marins marseillais de cesser le blocage du navire et respecter la décision de justice. Mais l’appel du syndicat n’a pas été suivi par une partie de sa base et le roulier danois, qui a de nouveau tenté samedi - sans succès - d’entrer à Marseille, est resté au mouillage tout le week-end.

Corsica Maritima « continuera de bloquer les navires de la CMN et de la MCM »

Une situation qui fait fulminer les entrepreneurs corses : « Aujourd’hui notre revendication est simple. Nous voulons que le droit soit tout simplement appliqué et demandons à l’Etat de prendre toutes les dispositions afin que notre navire puisse accoster sur le port de Marseille. La non-intervention des forces de l’ordre pour débloquer notre navire est une entrave à la liberté d’entreprise et de circulation. Nous ne pouvons l’accepter », a déclaré hier Corsica Maritima dans un communiqué. La situation devient donc très tendue et une réunion  organisée samedi matin en préfecture d’Ajaccio s'est soldée par un échec. Par conséquent, Corsica Maritima a annoncé qu’il « continuera de bloquer les navires de la CMN et de la MCM » jusqu’à ce que le Stena Carrier puisse entrer à Marseille. « Au moment où notre compagnie ne peut exercer librement son activité sur Marseille, il n’est pas concevable de laisser ceux qui nous empêchent de travailler sur le continent, d’exercer en toute impunité leurs rotations ».

La Collectivité de Corse veut une compagnie insulaire

Alors que les grévistes de l'ex-SNCM avaient accepté le 9 janvier le principe d’assurer un service minium avec deux navires de la MCM et de La Méridionale (dont les liaisons ont donc été perturbées à Bastia et Ajaccio pendant le week-end), le nouvel exécutif corse veut remettre à plat les liaisons maritimes entre l’île et le continent. La collectivité territoriale a indiqué avoir débuté vendredi « un cycle de rencontres resserrées avec les parties économiques et sociales de l’île directement engagées sur la question des transports maritimes autour de deux points essentiels ». Le premier vise « la sortie de crise avec la nécessaire levée du blocus sur le bateau de la Corsica Linea et plus globalement permettre des rotations suffisantes avec la Corse ». Dans le même temps, alors qu’un nouvel appel d’offres doit être lancé prochainement pour la DSP, la Collectivité annonce qu’elle discute d’une « nouvelle trajectoire structurelle pour l’avenir des transports maritimes en Corse ». Celle-ci repose sur trois piliers : « l’objectif de création d’une compagnie corse maîtrisée par les institutions de l’île et regroupant les acteurs privé ; la redéfinition du cadre des OSP (obligations de service public, nldr)/DSP ; l’émergence d’une politique de continuité territoriale européenne ».

Corsica Linea (ex-SNCM) La Méridionale (Compagnie Méridionale de Navigation)