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Corsican Lion : Retour sur les grandes manœuvres franco-britanniques

Le 2 novembre 2010, la France et le Royaume-Uni signaient, à Londres, les accords de Lancaster House. Objectif : renforcer la coopération des deux pays en matière de défense et de sécurité. Une démarche qui prévaut dans le domaine industriel, mais aussi opérationnel. Ainsi, les accords prévoient que, d’ici 2016, la France et le Royaume-Uni seront capables de déployer une force expéditionnaire conjointe, la CJEF (Combined Joint Expeditionary Force) et un état-major de forces interarmées. Deux ans plus tard, les militaires des deux pays, après une intensive période de préparation, ont réalisé leur premier exercice majeur au large des côtes françaises. Du 17 au 26 octobre, c’est une imposante armada qui s’est assemblée dans le cadre de l’exercice Corsican Lion. Il y avait là une douzaine de bâtiments, une quarantaine d’aéronefs, environ 4000 marins et aviateurs, près de 1000 hommes de troupe et commandos, ainsi que 111 véhicules.

 

(© MARINE NATIONALE)

 

Le HMS Illustrious (© MARINE NATIONALE)

 

Le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

 

Les forces armées françaises et britanniques, à commencer par la Marine nationale et la Royal Navy, travaillent évidemment très souvent ensemble. Les relations se sont même sensiblement renforcées depuis les accords de Saint-Malo, signés en décembre 1998 par Jacques Chirac et Tony Blair. Comme avec d’autres armées de l’OTAN, notamment, des exercices sont régulièrement organisés et des opérations communes menées à bien. Après l’évacuation de ressortissants au Liban en 2006, les militaires français et britanniques ont, ainsi, œuvré de concert en Libye l’an dernier, et travaillent actuellement, avec d’autres Européens, au sein de l’opération Atlante de lutte contre la piraterie au large de la Somalie. Ces années de travail en commun fournissent une très bonne base pour la constitution de la CJEF, qui ambitionne d’aller encore plus loin. « Après avoir tiré les enseignements d’une coopération préexistante sans faille lors des opérations en Libye, l’heure est à la recherche de l’interopérabilité avec les alliés, et à la mise en oeuvre de forces flexibles et rapidement déployables », explique le ministère français de la Défense. « L’objectif étant que cette force commune, interarmées, non-permanente, soit disponible sous faible préavis pour des opérations bilatérales, de l’OTAN, de l’Union Européenne, des Nations Unies ou en coalition, adaptée à tout type de scénarios, y compris des opérations de hautes intensité ».

 

Le HMS Montrose et le HMS Bulwark (© MARINE NATIONALE)

 

Moyens complémentaires dans un contexte budgétaire difficile

 

Pour y parvenir, les armées françaises et britanniques sont appelées à combiner leurs moyens. Dans une perspective de restrictions budgétaires ayant significativement réduit le format des forces ces dernières années, l’alliance des moyens des deux pays doit permettre de combler certaines carences et profiter des atouts des uns et des autres. Ainsi, la Marine nationale peut apporter son porte-avions, capacité dont les Britanniques seront encore dépourvus durant de longues années, ainsi que ses avions de patrouille maritime, un outil très précieux qui a disparu de l’autre côté de la Manche. A l’inverse, la Royal Navy dispose d’une force d’escorte plus nombreuse que son homologue française, avec 19 bâtiments de premier rang, dont les 6 destroyers lance-missiles du type 45, équivalents des Horizon dont la marine française n’a pu se payer que deux exemplaires. Les forces amphibies des deux marines se révèlent quant à elles bien équilibrées de part et d’autre, avec quand même un avantage en termes de tonnage pour les Britanniques et des moyens complémentaires dans les deux marines. Quant à la flotte logistique, elle est nettement plus importante côté britannique. Reste maintenant à faire travailler toutes ces unités de concert dans la perspective, le cas échéant, de partir « à la guerre » ensemble, sous un commandement unique. « La CJEF mélange nos bateaux, nous sous-marins, nos aviations, nos soldats des régiments de marine français et des Marines britanniques, fonctionnant ensemble avec des forces du Royaume-Uni sous commandement opérationnel français et vice-versa, afin d’obtenir une capacité expéditionnaire efficace. Nous essayons de développer une capacité commune qui pourra être utilisée par nos pays, par l’Europe et les Nations Unies », souligne l’amiral Zambellas, commandant la flotte de surface britannique.

 

La base de Hyères durant Corsican Lion (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

La base de Hyères durant Corsican Lion (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Sea King et Merlin sur le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

 

Renforcer l’interopérabilité

 

La CJEF a une vocation très claire. Il s’agira d’une force capable d’intervenir partout dans le monde. Déployable dans son intégralité sous 30 jours pour une intervention en mer ou depuis la mer, elle sera à même de s’inscrire dans une opération complexe avec la capacité d’entrer en premier sur un théâtre. La CJEF est conçue pour les interventions d’urgence et, si elle devra pouvoir opérer durant trois mois, elle n’a pas vocation à inscrire son action sur une longue durée. Cette force est voulue par Paris et Londres comme un outil de combat haut de gamme et réactif, capable non seulement de maîtriser une crise via un engagement militaire de haute intensité, comprenant par exemples des frappes en profondeur en territoire adverses ou un débarquement de vive force, mais aussi de mener des interventions plus nuancées, avec un rôle de dissuasion, ou encore de participer à une opération humanitaire de grande ampleur. Pour construire cette capacité binationale, un travail commun des états-majors et plusieurs grands exercices sont programmés d’ici 2016, une montée en puissance destinée à unifier le commandement et le contrôle, entrainer le personnel et intégrer les différents moyens disponibles. Ainsi, après les flottes et troupes de marine lors de  Corsican Lion, l’armée de l’Air et la Royal Air Force se réuniront pour un grand exercice, Titanium Falcon, prévu en 2013. Puis ce sera au tour des forces terrestres franco-britanniques, en 2014, avec l’exercice Rochambeau. « Pour que nous soyons près en 2016, c’est maintenant que cela se joue », assure un général français.

 

(© MARINE NATIONALE)

 

(© MARINE NATIONALE)

 

Sur le terrain, la collaboration entre Français et Britanniques progresse, comme l’a démontré Corsican Lion. Certes, il y a des habitudes et des pratiques spécifiques des deux côtés de la Manche et il faut parfois régler les horloges, mais la coopération est facilitée par l’interopérabilité des matériels, aux standards de l’OTAN, et l’habitude des exercices et opérations internationales. Les militaires français et britanniques ont, néanmoins, reconnu que des progrès devaient être accomplis dans le domaine des systèmes d’information et de communication, avec la nécessité de créer des réseaux communs, tout en améliorant l’échange de renseignements. « Le haut degré d’intégration visé justifie une période conséquente de montée en puissance. Il faut approfondir la connaissance mutuelle et renforcer l’interopérabilité des systèmes d’information pour évoluer vers un système commun », estime le vice-amiral Coindreau,  commandant de la Force aéromaritime de réaction rapide française (FRMARFOR). Les Alliés devront, en parallèle, identifier les points d’appui et les soutiens logistiques nécessaires au déploiement, à n’importe quel point sensible du globe, de la force expéditionnaire. On notera que celle-ci pourra, dans les prochaines années, s’ouvrir à d’autres pays européens.

 

 

Le Mistral (© MARINE NATIONALE)

 

Une composante maritime répartie en deux forces

 

La CEJF devra pouvoir faire face à un panel complet de missions, comprenant par exemple la maîtrise de l’espace aéromaritime, la projection de forces amphibies, la protection de troupes débarquées, ou encore la destruction de menaces terrestres, aériennes et navales, sans oublier le renseignement. Dans cette perspective, la composante maritime de la CEJF sera articulée autour de deux forces. Le premier est un CTG (Combined Task Group) amphibie, articulé autour de transports de chalands débarquement et de porte-hélicoptères britanniques, ainsi que de bâtiments de projection et de commandement français, avec des frégates d’escorte et les unités terrestres embarquées, comprenant engins de débarquement, troupes, véhicules et hélicoptères.  Cette force sera appuyée par un groupe aéronaval comprenant pour le moment le porte-avions Charles de Gaulle (261 mètres, 42.000 tonnes en charge), un sous-marin nucléaire d’attaque, des frégates et des bâtiments logistiques. A l’horizon 2020, Paris et Londres prévoient de pouvoir disposer de la permanence d’un groupe aéronaval grâce à la mise en service des nouveaux porte-avions britanniques. Actuellement en construction, le premier de ces deux bâtiments, le HMS Queen Elizabeth (285 mètres, 65.000 tonnes), doit être livré en 2016 mais ses avions, des F-35 B, ne seront sans doute pas immédiatement disponibles et, quoiqu’il en soit, les Britanniques devront recouvrer le délicat savoir-faire de la mise en œuvre d’un outil aéronaval. En tout état de cause, la Royal Navy ne s’attend pas à ce que cette capacité soit de nouveau totalement opérationnelle avant 2020.

 

Le HMS Bulwark, le HMS Illustrious et le Mistral © MARINE NATIONALE)

 

Les trois CTG réunis pour Corsican Lion

 

C’est donc sur le Charles de Gaulle et son groupe aérien embarqué, composé d’avions de combat Rafale Marine et Super Etendard Modernisés, d’avions de guet aérien Hawkeye et d’hélicoptères, que repose le groupe aéronaval chargé de soutenir le Task Group amphibie.

Corsican Lion a permis de voir à quoi pourrait ressembler la future composante maritime de la CEJF. La force était, ainsi, répartie en trois CTG, intégrant chacun des bâtiments et des unités terrestres des deux pays. Le groupe aéronaval (CTG 473.01) avec le Charles de Gaulle et son groupe aérien embarqué (10 Rafale, 10 SEM, 2 Hawkeye, 3 hélicoptères), la frégate anti-sous-marine Jean de Vienne, la frégate HMS Northumberland, un sous-marin nucléaire d’attaque, le pétrolier-ravitailleur Meuse et deux avions de patrouille maritime Atlantique 2.

 

Le Charles de Gaulle et ses frégates (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Le Jean de Vienne et le HMS Northumberland (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le Charles de Gaulle (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le Charles de Gaulle vu d'un Chinook (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Chinook sur le Charles de Gaulle (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le Charles de Gaulle (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le Charles de Gaulle (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Rafale dans le hangar du Charles de Gaulle (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Rafale dans le hangar du Charles de Gaulle (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Hawkeye au catapultage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Hawkeye et SEM au catapultage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Hawkeye et SEM au catapultage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Hawkeye et SEM au catapultage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

(© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

(© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Rafale au catapultage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Rafale au catapultage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Rafale au catapultage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

SEM au catapultage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Rafale au catapultage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Northumberland (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le Jean de Vienne et le Northumberland  (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le Jean de Vienne et le Northumberland (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le Jean de Vienne et le Northumberland (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

SEM à l'appontage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

SEM à l'appontage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

SEM à l'appontage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Rafale à l'appontage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Rafale à l'appontage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Rafale à l'appontage (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le groupe amphibie (CTG 323.01) comprenait, quant à lui, le transport de chalands de débarquement HMS Bulwark, le bâtiment de projection et de commandement Mistral, le porte-hélicoptères HMS Illustrious, le TCD Auxiliaire RFA Mounts Bay, la frégate antiaérienne Jean Bart, ainsi que les frégates HMS Montrose et HMS Monmouth. Cette force a débarqué une composante amphibie (CTG 323.02) composée d’unités de la 3ème brigade commando des Royal Marines (45 Commando Group, 24 Commando Group, 29 Reg Royal Artillery, Logistic Regiment, 539 ASRM Bt Group, AST Viking) et de la 9ème brigade d’infanterie de marine (2ème RIMA, 11ème RAM, 6ème RG). Les moyens de débarquement étaient très importants et variés, avec côté français un engin de débarquement amphibie rapide (EDAR), ainsi que des chalands de transport de matériel (CTM), les Britanniques mettant en œuvre des chalands de débarquement du type LCU Mk10, des chalands de transport de personnel du type LCVP Mk5, des hydroglisseurs du type 2000 TDX et des engins d’assaut du type ORC. Divers embarcations rapides étaient également à l’œuvre. Quant aux moyens aériens, en dehors de l’aviation embarquée du Charles de Gaulle et des avions de patrouille maritime, les bâtiments du CTG 323.02 et les frégates mettaient en œuvre de nombreux appareils, dont des hélicoptères de transport et de combat Chinook, Sea King, Merlin, Apache, NH90 ou encore Puma. S’y ajoutaient des Sea King ASaC d’alerte lointaine, dotés d’un gros radar Searchwater 2000.

 

Un EDAR et le Mistral (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Un LCU Mk10 et le Jean Bart  (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Bulwark et le RFA Mounts Bay  (© ROYAL NAVY)

 

Le HMS Bulwark (© ROYAL NAVY)

Chinook appontant sur le HMS Bulwark (© ROYAL NAVY)

 

Chinook sur le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Chinook sur le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Sea King sur le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Sea King sur le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Sea King sur le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

NH90 sur le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

NH90 sur le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Apache (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Sea King ASaC (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le radier du HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le radier du HMS Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Engins de débarquement (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

LCU Mk10 (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

EDAR (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

CTM (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

LCU Mk10 et EDAR (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

LCVP Mk5 (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

ORC (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

ORC (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

LCVP Mk5 et ORC (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Merlin appontant sur le RFA Mounts Bay (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Engins de débarquement (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Engins de débarquement devant le Bulwark (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Un scénario d’intervention réaliste au large de la Corse

 

Réalisé à proximité du littoral corse, le scénario fictif de Corsican Lion portait sur l’intervention sous mandat international d’une force amphibie franco-britannique dans un Etat politiquement affaibli, en proie à l’insécurité et à la recrudescence d’actes de piraterie en mer. Un dispositif interarmées franco-britannique a été engagé pour rétablir la stabilité dans ce pays virtuel en crise. Appuyée par les moyens du groupe aéronaval formé autour du Charles de Gaulle, une force amphibie a été menée sur la côte Est du pays, avec deux points de débarquement de troupes et de matériels : l’un au nord de Solenzara sur le champ de tir de Diane et l’autre au sud, à Frasseli.

 

Le HMS Bulwark (© MARINE NATIONALE)

 

Le HMS Northumberland et le Mistral (© MARINE NATIONALE)

 

Le Mistral vu d'un bâtiment britannique (© ROYAL NAVY)

 

Le Mistral et le HMS Bulwark (© ROYAL NAVY)

Le HMS Illustrious (© MARINE NATIONALE)

Le HMS Illustrious devant le roulier Hartland Point (© MARINE NATIONALE)

 

A bord du HMS Illustrious  (© ROYAL NAVY)

 

Sea King sur le HMS Illustrious (© ROYAL NAVY)

 

Apache sur le HMS Illustrious (© ROYAL NAVY)

 

Manoeuvre de débarquement (© ROYAL NAVY)

 

Manoeuvre de débarquement (© ROYAL NAVY)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

Manoeuvre de débarquement (© ROYAL NAVY)

 

Hydroglisseur 2000 TDX (© ROYAL NAVY)

 

Manoeuvre de débarquement (© ROYAL NAVY)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

EDAR (© ROYAL NAVY)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

Manoeuvre de débarquement (© MARINE NATIONALE)

 

Le groupe aéronaval apportait quant à lui le soutien de ses avions depuis l’Ouest de la Corse. De part et d’autre, ces grandes manœuvres sont considérées comme un véritable succès et, à bord, il était d’ailleurs assez étonnant de constater à quel point, notamment au niveau des états-majors, les militaires français et britanniques étaient enthousiastes à l’idée de construire une force expéditionnaire commune. Après des siècles de compétition et de conflits, le vieil antagonisme franco-britannique semble bel et bien appartenir à une autre époque. « C’est une nouvelle page dans l’histoire militaire de nos deux pays », reconnait le Commodore Paddy McAlpine, commandant des forces amphibies.

 

Le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

 

« Dans le monde stratégiquement instable, notre coopération reste un facteur critique »

 

L’exercice s’est achevé le 26 octobre avec la venue à bord des deux bâtiments amiraux, le Charles de Gaulle et le HMS Bulwark, de Jean-Yves Le Drian et Philip Hammond, alors que des parlementaires des deux pays étaient conviés au large des côtes françaises pour mieux appréhender l’aspect opérationnel du rapprochement. Les ministres français et britannique de la Défense en ont profité pour faire le point sur les avancées de la coopération initiée avec les accords de Lancaster House et saluer les progrès accomplis. « Nous avons réaffirmé notre forte détermination à remplir les objectifs figurant dans les traités. Dans le monde stratégiquement instable dans lequel nous vivons aujourd’hui, notre partenariat et notre coopération de défense restent un facteur critique pour satisfaire à nos exigences en matière de sécurité nationale ; ils représentent une contribution à de plus amples dispositions en termes de sécurité européenne et transatlantique. Nous avons salué les progrès accomplis dans la mise au point du concept de la Force Expéditionnaire Conjointe. CORSICAN LION 2012 est une claire démonstration de ces progrès et représente une composante importante qui permettra de mettre sur pied en 2016 une Force Expéditionnaire Conjointe opérationnelle. Cet exercice a renforcé la confiance et la capacité de nos états-majors interarmées et de nos forces à œuvrer ensemble. Nous avons accompli des progrès dans le domaine du commandement et du contrôle ainsi que dans celui du l’interopérabilité et la connectivité de l’information. Nous avons également analysé l’échange de renseignement entre nos états-majors afin de l’améliorer », explique Jean-Yves Le Drian.

 

La flotte franco-britannique (© MARINE NATIONALE)

 

(© MARINE NATIONALE)

 

(© MARINE NATIONALE)

 

Une armada franco-britannique de 129 bâtiments de combat

 

En comptant uniquement les bâtiments de combat, la France aligne 82 navires pour 213.000 tonnes et le Royaume-Uni 47 unités pour 173.000 tonnes (la flotte britannique présente un tonnage plus important que son homologue française si l’on ajoute les bâtiments de ravitaillement), dont quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins pour chaque pays. Ensemble, les forces navales françaises et britanniques représentent la quatrième flotte de combat du monde en termes de tonnage, derrière les Etats-Unis (220 bâtiments, 2.14 Mt), la Russie (236 bâtiments, 770.000 tonnes) et la Chine (423 bâtiments, 516.000 tonnes) ; et sans doute la seconde de la planète qualitativement.

 

Les futurs porte-avions britanniques (© ROYAL NAVY)

 

Côté amphibie, la Marine nationale compte trois BPC du type Mistral, ainsi que le TCD Siroco, qui doit être remplacé par un quatrième BPC d’ici la fin de la décennie. Longs de 199 mètres et présentant un déplacement de 21.500 tonnes en charge, les BPC peuvent mettre en œuvre 16 hélicoptères, deux EDAR ou quatre CTM, tout en transportant 450 soldats et 70 véhicules. Le Royaume-Uni, de son côté, compte le porte-hélicoptères HMS Ocean (203.4 mètres, 21.600 tpc) pouvant accueillir 12 appareils, 40 véhicules et 500 soldats, ces derniers étant débarqués au moyens de quatre LCVP Mk5 (embarqués sous bossoirs). En attendant la mise en service du HMS Queen Elizabeth, l’ex-porte-aéronefs HMS Illustrious (209 mètres, 22.000 tonnes), à quant à lui été converti en porte-hélicoptères, avec une capacité d’emport d’une vingtaine de machines.

 

Le HMS Ocean (© ROYAL NAVY)

 

La Royal Navy dispose également des TCD HMS Albion et HMS Bulwark, deux unités de 176 mètres et 18.500 tpc pouvant mettre en œuvre quatre hélicoptères, quatre LCU Mk10, quatre LCVP Mk5, 70 véhicules et 300 hommes de troupe. S’y ajoutent les TCD auxiliaires RFA Lyme Bay, RFA Mounts Bay et RFA Cardigan Bay, de la Royal Fleet Auxiliary. Ces navires de 176.6 mètres et 10.000 tpc peuvent embarquer 32 chars (ou 150 camions), 356 soldats, un LCU Mk10 ou deux LCVP Mk5. Ils disposent d’une plateforme pouvant recevoir deux hélicoptères mais n’ont pas de hangar.

 

Frégate Horizon française (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Destroyer du type 45 (© ROYAL NAVY)

 

La FREMM Aquitaine (© DCNS)

 

Future frégate du type 26 (© BAE SYSTEMS)

 

Frégate du type La Fayette (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

En matière d’escorte, la flotte franco-britannique est bien pourvue. Pour la défense aérienne, la Royal Navy comptera bientôt ses six T45 (152.4 mètres, 7500 tpc) et la Marine nationale opère ses deux Horizon (152.9 mètres, 7000 tpc) et ses deux Cassard (139 mètres, 5000 tpc), ces dernières devant être remplacées en 2021 et 2022 par les nouvelles FREDA. En dehors des Cassard, tous ces bâtiments disposent notamment de missiles antimissiles Aster. Concernant la lutte anti-sous-marine, la France et la Grande-Bretagne disposent ou vont disposer de l’outil probablement le plus performant du monde, avec les 9 nouvelles FREMM françaises (142 mètres, 6000 tonnes), qui remplaceront les F70 ASM (139 mètres, 4900 tpc) entre 2013 et 2020 ; et les 13 frégates du type 23 (133 mètres, 4200 tpc), dotées après modernisation, comme leurs homologues tricolores, du sonar remorqué Captas 4, auquel s’ajoute le sonar trempé FLASH mis en œuvre par les hélicoptères Merlin et NH90. On notera que les T23 seront remplacées au début de la prochaine décennie par les nouvelles T26 (148 mètres, 5400 tpc), conçues pour mettre en œuvre jusqu’à 24 missiles de croisière Tomahawk (contre 16 Scalp Naval/MDcN pour les FREMM). Il faut enfin rappeler que la Marine nationale dispose de cinq frégates furtives du type La Fayette (125 mètres, 3600 tonnes).

 

SNA des types Trafalgar et Astute (© BAE SYSTEMS)

 

SNA du type Rubis (© MARINE NATIONALE)

 

SNA du type Barracuda (© DCNS)

 

Quant aux sous-marins nucléaires d’attaque, la Royal Navy aligne sept bâtiments, les nouveaux Astute (97 mètres, 7800 tonnes en plongée) remplaçant progressivement les Trafalgar (85.4 mètres, 5200 tonnes), alors que les Français disposent de six Rubis73.6, 2670 tonnes), auxquels succèderont à compter de 2017 les nouveaux Barracuda (99.5 mètres, 5300 tonnes). Comme les Astute, ainsi que les frégates FREMM et T26, les Barracuda pourront mettre en œuvre des missiles de croisière, offrant ainsi une capacité de frappe en profondeur contre des objectifs terrestres éloignés des côtes.

La flotte logistique comprend, enfin, quatre bâtiments de ravitaillement côté français et une dizaine côté britannique. Cette composante, indispensable pour soutenir une opération outre-mer dans la durée, est chargée de ravitailler les bâtiments de combat en munitions, carburant, vivres et pièces détachées. Alors que la France souhaite faire construire quatre nouveaux bâtiments après 2015, le Royaume-Uni a commandé en février dernier quatre unités livrables à partir de 2016.

 

Ravitailleur français (© MARINE NATIONALE)

 

(© MARINE NATIONALE)

 

 

Marine nationale Royal Navy