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Costa Croisières fait de Marseille son grand pôle de réparation navale

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Costa Croisières fait de Marseille son grand pôle de réparation navale

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Le groupe Costa vient d'acquérir 33.3% de Chantier Naval de Marseille, dont le reste du capital demeure détenu par l’Italien San Giorgio del Porto. Cette alliance stratégique, la première du genre pour l’armateur, va lui permettre de faire de la cité phocéenne son grand pôle européen de réparation navale. Dans cette perspective, CNM, qui compte actuellement 120 salariés, bénéficie d’un investissement initial de 10 millions d’euros afin de moderniser son outil industriel et, ainsi, améliorer son efficacité. « Cette mise de fonds générera des volumes et constituera une référence qui permettra à l'ensemble de l'industrie navale de tirer parti de ces infrastructures pour tout type de navire et d'exploiter pleinement le potentiel de la forme 10 capable d'accueillir les plus grands paquebots. Cet investissement aura également des répercussions positives en matière d'emploi direct et indirect », expliquent les partenaires. Pour Ferdinando Garrè, président de San Giorgio del Porto (qui a repris les chantiers marseillais en 2010) : « avec la mise en place du Chantier Naval de Marseille ces dernières années, nous avons jeté les bases d'un centre spécialisé dans la transformation et la réparation de navires. Ce nouveau partenariat avec un acteur majeur du secteur tel que Costa Crociere renforce ce projet et nous donne la possibilité de créer un véritable pôle de réparation et d'aménagement de navires de rang mondial : une référence à l'international ouverte à tous les propriétaires de bateaux opérant dans tous les secteurs de marché ».

26 paquebots en service et 7 autres attendus d’ici 2021

Les flottes de Costa Croisières et de sa filiale allemande, AIDA Cruises, comprennent actuellement 26 paquebots, majoritairement déployés en Europe. Et elles vont continuer à se développer avec sept nouvelles unités attendues entre 2017 et 2021, dont quatre géants de plus de 180.000 GT et 2600 cabines, dotés d'une propulsion au GNL et qui pourront notamment réaliser leurs arrêts techniques dans la forme 10 des bassins phocéens. De plus, le chantier marseillais devrait également pouvoir, à terme, mieux capter les arrêts techniques et programmes de modernisation des navires exploités par les autres marques du groupe américain Carnival, maison-mère de Costa et leader mondial de la croisière avec plus de 100 paquebots en flotte.

Optimiser la gestion technique de la flotte

Pour Costa, le développement à Marseille d’un pôle d’entretien, de maintenance et de modernisation s’inscrit dans la volonté de la compagnie d’améliorer la gestion technique d’une flotte dont la capacité va passer au cours des cinq prochaines années de 72.000 à 110.000 lits. « Le groupe Costa occupe la position de leader sur le marché européen et poursuit une stratégie reposant sur l'innovation afin d'être toujours à l'avant-garde de l'industrie. Ce partenariat stratégique, tout premier du genre pour le groupe Costa, constitue un tournant pour nos activités futures et garantit une gestion optimale de l'ensemble des opérations de maintenance nécessaires sur nos navires, y compris ceux de la prochaine génération, dont la livraison est prévue dans les années à venir. Je suis convaincu que cette alliance apportera une grande valeur ajoutée à nos deux entreprises, mais aussi de nouvelles opportunités en vue de bâtir un chantier naval innovant et efficace », explique Michael Thamm, président de Costa Crociere.  

Des infrastructures et une position géographique stratégique

Avec Marseille, le groupe disposera d’un pôle de compétence spécifique au cœur de la Méditerranée, principale zone d’exploitation en Europe. Dans le même temps, les infrastructures de CMN permettront de recevoir tous les gabarits de navires, y compris les plus imposants, alors qu’elles bénéficient d’une situation géographique idéale. Car Marseille, l’un des plus importants ports pour la croisière (1.7 million de passagers attendus en 2016), est une escale incontournable en Méditerranée occidentale et son terminal croisière se situe juste en face des formes de CNM. Il est donc particulièrement aisé, pour les compagnies, d’y réaliser les arrêts techniques de leurs navires, qui n’ont que le bassin à traverser pour embarquer et débarquer leurs passagers avant et après le passage en cale sèche. Au passage, Costa, premier client croisière de Marseille, renforce un peu plus sa présence dans le port français, où ses navires embarquent des passagers depuis 20 ans et la décision de positionner le Romantica en tête de ligne en 1996.  

« Une opportunité fantastique »

Pour le président de CNM, l’investissement de Costa à Marseille est une excellente nouvelle : « Cette idée de faire de Marseille leur centre de référence en termes de réparation navale est une opportunité fantastique car elle va apporter de l’activité mais aussi permettre l’amélioration de nos process et des performances du chantier sur les arrêts techniques. Nous allons beaucoup nous apporter mutuellement », explique Jacques Hardelay, qui souligne que cette alliance stratégique ne signifie pas que le chantier marseillais sera exclusivement dédié aux paquebots du nouvel actionnaire. « Même si cela apportera une charge importante dans les années qui viennent, nous ne pourrons pas fonctionner uniquement avec les navires du groupe Costa et ils en ont pleinement conscience. Ils vont donc nous aider à poursuivre notre stratégie de développement sur la croisière mais aussi sur d’autres secteurs et les améliorations qui nous mèneront ensemble y contribueront ». CNM pourra donc continuer de travailler au profit d’autres armateurs à la croisière, mais aussi pour d’autres secteurs, comme les navires de commerce, les ferries ou encore l’offshore.  

Trois cales sèches

Actuellement, CNM opère les formes 8 et 9. La première, d’une longueur de 320 mètres pour une largeur de 53 mètres, présente un tirant d’eau de 11.7 mètres. La seconde, de 250 mètres de long pour 37 mètres de large, offre un tirant d’eau de 7.7 à 8.7 mètres. Ces deux bassins de radoub peuvent accueillir des navires de grande taille. Mais ils sont désormais trop petits pour les nouveaux paquebots géants. D’où l’utilité de remettre en service la forme 10, gigantesque cale sèche de 465 mètres de long, 85 mètres de large et 11.5 mètres de tirant d’eau.

Premier navire attendu dans la forme 10 en octobre

Construite dans les années 70 pour recevoir les superpétroliers de 700.000 tonnes, elle va reprendre vie après une quinzaine d’années d’inactivité. La forme 10 sera opérationnelle dès le mois de septembre avec son ancien bateau-porte en attendant que le nouveau soit opérationnel. A partir de là, CNM pourra jouer sur ses trois formes et, ainsi, accroître sa disponibilité et sa capacité. Même s’il ne s’agit pas encore d’un paquebot géant, un premier navire devrait ainsi passer en cale sèche dans la forme 10 au mois d’octobre.

 

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