Croisières et Voyages
Costa Croisières : Retour sur les Lauréats de la Mer

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Costa Croisières : Retour sur les Lauréats de la Mer

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Avec la livraison de deux nouveaux paquebots géants de 183.000 GT et 2600 cabines propulsés au gaz naturel liquéfié, Costa Croisières fera l'événement en 2019 et 2021. En attendant, le groupe italien profitait la semaine dernière de la 23e édition des Lauréats de la Mer pour multiplier les annonces.

Mercredi 11 mai, un festival ouvrait à Cannes tandis qu'un autre s'achevait dans le port de Marseille après quatre jours de festivités à huis clos sur la Méditerranée. Plus confidentielle mais pas moins festive, la 23e édition des Lauréats de la mer (Protagonisti del Mare) aura battu un record de fréquentation avec l'embarquement de 1500 agents de voyage venus du monde entier pour une croisière de quatre jours entre la cité phocéenne, Savone en Italie et Barcelone en Espagne. Au programme de cet événement organisé chaque année pour célébrer les partenaires de la compagnie italienne : des cérémonies de remise de prix, la présentation de la nouvelle brochure et l'expérience d'une mini-croisière à bord du Costa Favolosa. Mis en service à l’été 2011, ce navire de 290 mètres de long et 1508 cabines peut accueillir jusqu’à 3800 passagers, servis par 1110 membres d’équipage. 

 

Lors de la remise des prix aux Lauréats de la Mer 2016 (© COSTA CROISIERES)

Lors de la remise des prix aux Lauréats de la Mer 2016 (© COSTA CROISIERES)

 

De l'élégance et des perspectives

Dans les coursives, dans les salles de restaurant ou dans les lieux de rencontres professionnelles, on se croyait dans les couloirs de Canal + à la grande époque, celle où tout semblait possible. Costume sombre, chaussures de marque, chemise claire sans cravate, silhouette svelte, posture affable, toute la direction de Costa est réunie à bord dans cette commune élégance à l'Italienne portée par la jeunesse de son président, Neil Palomba, 35 ans. Le transbordement de ce dernier en janvier 2014 de MSC vers le concurrent Costa et l'ascension fulgurante de cet ancien élève-officier de MSC en 13 mois chrono à la présidence du groupe n'est pas sans rappeler le transfert de Carlos Tavares de Renault vers PSA, avec une différence majeure : le patron français a 20 ans de plus !

 

Neil Palomba (© COSTA CROISIERES)

Neil Palomba (© COSTA CROISIERES)

 

Une flotte qui pourra accueillir tous les habitants d'une ville comme Rouen

En 2021, après la livraison de sept nouveaux paquebots, le groupe Costa, qui comprend Costa Croisières mais aussi sa filiale allemande AIDA Cruises et sa marque chinoise Costa Asia, pourrait théoriquement accueillir, simultanément à bord de sa flotte, la population d'une ville comme Rouen soit 110 000 personnes alors que les 26 navires actuels ont, pour l'heure, une capacité de 72 000 lits. C’est dire l'optimiste du leader européen des voyages en mer.

 

Futur paquebot au GNL de Costa (© COSTA CROISIERES)

Futur paquebot au GNL de Costa (© COSTA CROISIERES)

 

En 2015, 6.6 millions d'Européens auront effectué une croisière, un chiffre en hausse de 3.1 % sur un an (source CLIA) dont 615.000 en France, un marché qui a doublé entre 2009 et 2015. La progression globale depuis la crise économique de 2008 s'établit à 49 %. Des chiffres à faire pâlir les autres acteurs du tourisme rudement impactés par l'actualité moribonde de ces dernières années. La croisière dispose, il est vrai, d'un atout singulier : sa capacité de repositionnement en cas de crise. « Le monde change et nous devons nous adapter », concédait avec réalisme Neil Palomba en évoquant les crises géopolitiques qui se multiplient sans pour autant parvenir à faire tanguer la tendance à la croissance de la croisière. Il est cependant vrai que certaines régions, comme le pourtour méditerranéen, voient leur potentiel très contraint : « La Méditerranée est aujourd'hui scindée en deux avec une zone d'exclusion qui va de la Turquie à l'Afrique du Nord », regrettait Patrice Regnier, directeur marketing France.

 

(© COSTA CROISIERES)

(© COSTA CROISIERES)

 

Un catalogue entre mini-croisières, destinations exotiques et tour du Monde en 109 jours

C'est dans ce contexte que la compagnie présentait à bord du Costa Favolosa sa nouvelle collection avec 600 croisières ouvertes à la réservation sur 18 mois (de novembre 2016 à avril 2018) et 200 destinations qui font la part belle aux horizons lointains, colorés et apaisants comme, par exemple, l'Inde, les Maldives et le Sri Lanka à bord du Costa neoClassica l'hiver prochain. Naviguer dans les eaux turquoise pour éviter les eaux troubles n'impose pas pour autant de fuir la Méditerranée. Il y aura d'ailleurs, là aussi, des nouveautés, à l'image du partenariat signé par Costa avec le parc de loisir PortAventura World, qui accueillera l'an prochain le parc Ferrari Land et pour lequel les passagers de la compagnie, lors des escales à Barcelone, auront un accès exclusif. 

 

Signature du protocole d'accord avec PortAventura World (© COSTA CROISIERES)

Signature du protocole d'accord avec PortAventura World (© COSTA CROISIERES)

 

Costa proposera aussi 50 mini-croisières annuelles au large de nos côtes, un format conçu pour les first-timer : ceux qui ne sont jamais montés à bord. Ils représentent 70% des participants à ces croisières courtes. Et enfin, perle du catalogue mais à partir de 20.000 euros, Costa renouvelle pour une clientèle plus élitiste, deux tours du monde annuels d’une centaine de jours, dont un au départ de Marseille. Un produit plébiscité par la clientèle française. Cette croisière « d'une vie » comme l'évoque avec poésie George Azouze, cette langueur en 45 escales nous gifle comme une phrase du poète roumain Cioran : « L'obsession de l'ailleurs, c'est l'impossibilité de l'instant ».

 

Georges Azouze (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Georges Azouze (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

George Azouze, une passion française

A la rencontre du patron français de Costa dans l'atrium géant du Favolosa alors que le débarquement approche, il vient immédiatement à l'esprit une autre phrase, celle de l'hôtelier Claude Douillard, fondateur du groupe Elitair : « Le risque c'est la moralisation du profit ». De toute évidence, ne pas craindre les initiatives est le fondement de la stratégie de George Azouze qui aura été l’un des grands artisans de la démocratisation de la croisière en France. Tombé dans cet univers maritime il y a 33 ans, dès l'obtention de son BTS tourisme, la passion ne semble jamais avoir quitté cet entrepreneur souriant et affable, intarissable sur le sujet.

L'instigateur des paris maritimes audacieux aura, entre autre, imposé, il y a 20 ans, Marseille comme tête de pont de la compagnie avec le Costa Romantica. En janvier dernier, grâce à une campagne publicitaire sans précèdent, Costa aura été la première marque exposée sur les écrans français, tous secteurs confondus. George Azouze peut aussi revendiquer l'embarquement en deux mois de 1000 agents de voyage pour des éductours et, enfin, il affirmait avec une désarmante confiance que le fleuron de la flotte, le Diadema, restera présent 52 semaines par an au départ de la cité phocéenne ! « Nous aurons versé 15 millions de commissions aux agences en 2015 et nous maintenons la commission de 5% sur les ventes d'excursions », liste ce meneur de troupe, insatiable lorsqu'il s'agit de célébrer les efforts de l'Outre-mer : « 6% des Antillais partent en croisière, c'est considérable. Roger Albert qui a reçu le prix de la meilleure agence des DOM-TOM a organisé un salon à Point-à-Pitre qui a réuni 9000 personnes, je n'ai jamais connu ça de ma vie ! »

 

Le Costa Diadema à Marseille (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Costa Diadema à Marseille (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Pour les partenaires, le président de Costa France annonçait la montée en puissance de sa plateforme BtoB Extra avec : le lancement d'Extra TV dédiée aux agents de voyage (formations en ligne, webinairs, tutoriels) ; un nouvel outil 'groupes' pour faciliter les cotations et les réservations enfin le lancement d'Extra Miles : un système de récompenses pour les partenaires qui fréquenteront assidûment la plateforme. « Chaque fois que je monte sur un bateau, j'ai le sentiment que je ne vends pas assez cher mes croisières tant le rapport qualité-prix est exceptionnel », résumait George Azouze qui dirige désormais une équipe d’une centaine de collaborateurs dans l'Hexagone avec des vieux compagnons comme Patrice Régnier, un directeur Marketing plein d'humour mais aussi de bon sens commercial : « J'ai facilité des tournages sur nos navires comme 'Bienvenue à Bord' ou 'Au plus près du soleil' en 2015, un film avec Sylvie Testut. J'ai même fait une silhouette dans le film d'Yves Angelo en jouant le rôle d'un irascible à table. Par contre, la production a payé les cabines pour toute son équipe ! »  s'amusait le cadre.

 

Le chef Bruno Barbieri (© COSTA CROISIERES)

Le chef Bruno Barbieri (© COSTA CROISIERES)

 

Animations spectaculaires et gastronomie étoilée

Il y a quelques années les marins mourraient du scorbut en mer, aujourd'hui c'est plutôt la crise de foie qui guette. Les formules 'all inclusive' tournent à plein régime que ce soit dans de remarquables formules buffet ou dans les restaurants qui proposent d'impressionnants menus, dans les intitulés en tout cas, signés Bruno Barbieri, chef italien 7 étoiles (aucune en ce moment puisqu'il se consacrerait à l'ouverture d'un nouveau restaurant à Bologne). Ce cuisinier méconnu en France est célèbre en Italie grâce à Master Chef dont il est membre du jury.

Neil Palomba déclarait lors de l'une de ses interventions : « On essaye et si ça ne marche pas, on adapte ou on arrête ». Pour le menu de gala, le talent du chef se heurte à la logistique et aux contraintes d'un repas servit en pleine mer à plusieurs centaines de personnes simultanément, ce qui le rend perfectible. La pléthore et le nom des plats suscitent en effet, chez le convive, habillé pour l'occasion en grande tenue de vêpres, d'ambitieuses attentes : Brochettes de homard au pesto et nage de haricots verts ; Petits poulpes grillés sur velouté de pois chiches, piment et romarin ; Risotto aux artichauts, Vermentino et crevettes rouges marinées ; Filet de baudroie et fruits de mer en papillote avec fenouil et sa nage de la mer… Un véritable festival servi avec beaucoup d'attention mais à la qualité inégale. Le dîner classique, proposé les autres soirs, plus simple, est lui, irréprochable. Force est de constater que le groupe Costa considère les affaires de la table comme prioritaires à bord en témoignent le lancement d'un bar à Mozzarella, d'une pizza à la pâte unique conçue en partenariat avec l'Université des Sciences Gastronomiques de Pollenzo, la réalisation (très drôle) du plus gros cocktail Spritz du monde, de remarquables glaces Agrimontana (en particulier celle à la mangue qui n'est pas un sorbet) ; du vin 'Ferrari'  et des expressos Illy sur lequel il n'y a rien à redire sinon 'ancora une volta'. En outre, Massimo Brancaleoni, vice-président des ventes Monde, annonçait que la compagnie étudiait un nouveau concept de buffet avec service à table et que la stratégie côté salles de restaurant consistait à réduire au maximum le nombre de convives par serveur.

 

Le plus grand Spritz du monde réalisé sur le Favolosa (© FRANCOIS PONT)

Le plus grand Spritz du monde réalisé sur le Favolosa (© FRANCOIS PONT)

The Voice at Sea avec les agents de voyages (©

The Voice at Sea avec les agents de voyages (© FRANCOIS PONT)

The Voice at Sea avec les agents de voyages (© COSTA CROISIERES)

The Voice at Sea avec les agents de voyages (© COSTA CROISIERES)

 

Mais le clou de cette croisière aura été le spectacle de la remise des prix aux agents de voyage dans le théâtre Hortensia, enfin plutôt les interludes. En effet entre chaque prix, la scène reprenait le décor de la célèbre émission de télé-crochet 'The Voice' rebaptisée 'The Voice of The Sea'. Portés par une animation aux petits oignons et un jury constitué de cadres et d'artistes de la compagnie, des agents de voyage poussaient la chanson avec un surprenant talent (surtout la troisième candidate, une Française), une mise en scène efficace et un environnement technique époustouflant (jeux de lumières, son, fauteuils du jury qui tournent…) propres à déclencher l'émotion. L'échange entre la scène et le public fut immédiat. Ce spectacle présenté pour la première fois mardi dernier sur le Favolosa, tournera sur les différents navires de la compagnie et se jouera, sans l'ombre d'un doute, à guichet fermé.

François Pont

 

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