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Coup de gueule de l’interprofession du port de Concarneau

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Coup de gueule de l’interprofession du port de Concarneau

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Face au projet d’installation d’un élévateur de 450 tonnes sur le port de Brest, l’interprofession du port de Concarneau monte au créneau. Par la voix de son président, Pascal Piriou, elle interpelle la Région.

Si les rencontres de Coupe de France entre le Stade brestois et l’US Concarneau se déroulent dans une ambiance plutôt festive, il n’en va pas de même des relations entre les ports de ces deux villes. Depuis quelques mois, rien ne va plus entre l’interprofession du port de Concarneau (IPC) et son équivalent nord-finistérien, l’Union maritime de Brest et de sa région (UMBR).

La première reproche à la seconde et à ses partenaires que sont la chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Bretagne ouest (CCIMBO), Brest métropole océane (BMO) et le syndicat mixte pour le développement de Brest (SMBI) de vouloir installer sur le port de Brest un élévateur de 450 tonnes, à l’horizon 2020. Cet engin de carénage est d’une capacité identique à celui mis en service, il y a un an à peine, sur l’aire de Concarneau.

Crainte d’une déstabilisation

« On n’est pas contre la concurrence mais il faut qu’on joue avec les mêmes armes », tonne Pascal Piriou, le président de l’interprofession de Concarneau, port où l’on attend toujours la couverture de la cale sèche (12 M€). Lors d’une conférence de presse ce vendredi, il a estimé que cet élévateur entraînerait « une surcapacité ainsi qu’une déstabilisation et un appauvrissement de la filière de construction et de réparation navale des navires de taille moyenne ». Il cite les termes d’une étude commandée par le Conseil régional de Bretagne, propriétaire de ces deux ports, à Bretagne Pôle Naval (BPN), en novembre dernier.

Selon les conclusions de l’association professionnelle, adressées le 12 septembre dernier au président de la Région, un outil de 200 tonnes, adapté aux bateaux du patrimoine, serait suffisant. Dans une précédente lettre en date du 7 juin, BPN évoquait un climat de tension avec l’UMBR sur ce dossier. Quelque temps auparavant, le 18 mai, c’est l’Union brestoise, qui avait rappelé BPN « à la neutralité » à propos de cet élévateur, « implantation vitale pour le maintien de l’emploi ». Ambiance…

 

On rentrera dans un compte à rebours pour notre survie

 

Dénonçant ce climat, le président de l’IPC et patron du groupe Piriou, qui confie par ailleurs, avoir été approché pour une implantation brestoise, ce qu’il n’envisage pas après en avoir étudié la faisabilité, en appelle aujourd’hui à la Région, qui devra arbitrer ces investissements portuaires. « Quitte à faire déplaisir », insiste Pascal Piriou. Et d’alerter : « Si la Région ne suit pas les conclusions, BPN, perdra toute crédibilité et on rentrera dans un compte à rebours pour notre survie ».

« Je ne souhaite pas réagir à chaud sur ce dossier important pour les entreprises et qui est en route depuis six ans déjà », déclare de son côté Frank Bellion, président de la CCIMBO, joint ce vendredi soir. Il ajoute : « il faut veiller effectivement à la bonne utilisation (de cet élévateur, NDLR) et il ne s’agit pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul ».

À lire sur le sujet Réparation navale. Les projets brestois inquiètent les élus de Concarneau

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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