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Coup de l'America : Alinghi triomphe - La Suisse entre dans l'histoire

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Coup de l'America : Alinghi triomphe - La Suisse entre dans l'histoire

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La Coupe de l'America reste en Europe. L'équipe d'Ernesto Bertarelli a remporté hier, mardi 3 juillet, la 7e manche face à Emirates Team New Zeleand. Une 4e victoire consécutive et un 5e point qui offrent aux Suisses le sacre suprême. En conservant le trophée, Alinghi devient le Defender de la 33e America's Cup et fait de la Suisse le troisième pays de l'histoire à avoir gagné et défendu avec succès l'Aiguière d'Argent, après les Etats-Unis et la Nouvelle Zélande. Ce score de 5-2 ne reflète pas la lutte extrêmement serrée que se sont livrées les deux équipes. Dans les trois derniers matches, Alinghi a du reprendre les commandes à son adversaire pour l'emporter. Le point d'orgue étant aujourd'hui où le Defender a gagné d'une seconde.

« Plus dur qu'à Auckland »

« C'est la plus belle victoire en voile de ma vie. Cela a été beaucoup plus dur qu'à Auckland. Les gars ont vraiment très bien navigué. C'est énorme d'avoir gagné en Europe. J'aime cette équipe. J'aime Valencia, » s'est réjoui le patron d'Alinghi, quelques minutes après la victoire. La chanson fétiche de l'équipe suisse « Can't stop » des Red Hot Chilli Peppers résonne dans la Darsena. Rincés au champagne et dans un nuage de confettis rouges, les vainqueurs sont ovationnés par 40 000 personnes réunies au pied du bâtiment Veles e Vents, dans le Port America's Cup. Le trophée fut remis en présence de Pierre-Yves Firmenich, le Commodore de la Société Nautique de Genève et de Michel Bonnefous, Directeur Général de la société organisatrice de la 32e America's Cup.

Ernesto Bertarelli est le premier à brandir l'Aiguière d'Argent avant de la transmette au skipper et tacticien, Brad Butterworth. « Des quatre Coupes que j'ai gagnées, c'est vraiment celle que je préfère. L'équipage et les designers ont fait un travail incroyable durant ces régates. Nous avons du nous battre ardemment face un Challenger très coriace et nous avons gagné.» a déclaré le Néo-zélandais, lors de la conférence de presse. Ernesto Bertarelli a quant à lui ajouté : « J'ai appris sur l'America's Cup plus ces dix derniers jours que ces sept dernières années. Je souhaite remercier toute l'équipe. Cela a été une leçon de vie. L'une des choses les plus difficiles que j'ai accomplies. Avec la naissance de mes enfants, cette journée est la plus belle de ma vie. »
L'America's Cup reste en Europe. Au-delà du trophée, le vainqueur gagne le droit d'organiser sa défense, de concert avec son « Challenger of Record ». Ernesto Bertarelli a déclaré qu'il donnerait jeudi plus d'informations à ce sujet.

Mardi noir pour les Néo-zélandais

Une seconde. Ce chiffre restera ancré dans les esprits. C'est le temps qui séparait SUI 100 de NZ 92 sur la ligne d'arrivée du dernier duel. Exemplaires de combativité et totalement à la hauteur technologiquement et sportivement, les « All Blacks » de la voile vivent une journée bien noire en ce 3 juillet. Mais l'équipage de Dean Barker n'a pas à rougir de sa performance. Vainqueurs de la Louis Vuitton Cup et vainqueurs de 29 des 39 manches disputées, les Néo-zélandais ont vu leurs rêves s'envoler avec cette seconde de trop.
« Les gars ont fait un travail incroyable jusqu'ici et n'ont jamais été aussi affûtés. Cela a été quatre longues années. Je suis bien sûr très fier d'eux mais Alinghi a été meilleur, » confiait Grant Dalton, quelques minutes après la défaite. « Nous avons apprécié la Louis Vuitton Cup mais nous savions que cela n'était qu'une étape vers la conquête de l'ultime trophée de l'America's Cup. Nous ne sommes pas venus ici pour participer mais pour gagner et nous n'avons pas réussi. Maintenant nous devons nous regrouper et voir de quoi sera fait le futur. »

La Suisse l'a fait !

Cette victoire d'Alinghi fait de la Suisse le troisième pays de l'histoire de l'America's Cup à avoir gagné puis défendu avec succès le trophée. Seuls les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande composaient jusqu'ici ce club très privé. En 1983, Australia II de John Bertrand, le premier bateau de la Coupe doté d'une quille à ailettes, bat Liberty de Dennis Conner, 4 à 3. Cette victoire met un terme à 24 défenses successives américaines et l'Aiguière d'Argent, installée depuis 132 ans au New York Yacht Club, rejoint l'Hémisphère sud. Mais l'Australie ne la gardera pas. En 1987, Conner récupère « son » trophée par 4 à 0, face à Kookaburra III, de Iain Murray. Deux défenses victorieuses suivent pour les Etats-Unis, en 1988, puis 1992, mais en 1995, Black Magic, la lame noire néo-zélandaise, barrée par Russell Coutts, sous l'oil du géant, Peter Blake, bat par K.O. « big bad Dennis » 5 à 0. L'Aiguière d'Argent part en Nouvelle-zélande.
En 2000, la défense est infaillible. Nouveau 5-0 néo-zélandais devant les Italiens de Prada Challenge. La Coupe reste à Auckland. Jusqu'en 2003, où Coutts, Butterworth et leur garde rapprochée, passés sous pavillon suisse, accompagnent avec succès les ambitions de victoire d'Ernesto Bertarelli. Le bouclier kiwi rompt, Alinghi gagne 5 à 0. L'America's Cup rentre en Europe, après 152 ans d'absence.
La Suisse n'a pas de littoral salé, la défense se joue à Valencia, après une série de 13 actes préliminaires courus en France, Italie, Suède et Espagne. Les Néo-zélandais sont de retour dans la course et bien armés. Ils remportent la Louis Vuitton Cup et challenge Alinghi en finale mais sans succès. Malgré deux victoires des Kiwis dans le « Match », la Suisse garde le précieux trophée et devient le Defender de la 33e America's Cup.
A quelques mètres de la barge où s'est tenue la cérémonie de remise des prix hier après-midi, la goélette America - réplique de celle de 1851 construite en 1967 et arrivée hier à Valencia - rappelait à tous la grandeur historique de cette compétition unique dans le monde du sport international.
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