Divers
Covid-19 : + 60% d'appels médicaux au CCMM de Toulouse

Actualité

Covid-19 : + 60% d'appels médicaux au CCMM de Toulouse

Divers

« Les premières mesures, nous les avons prises dès la fin janvier, quand nous avons compris que l’épidémie du Covid-19 s’étendait et que les marins étaient en première ligne ». Le docteur Patrick Roux est responsable du centre de consultation médicale maritime (CCMM) de l’hôpital Purpan à Toulouse, le service médical référent pour la flotte française. « L’objectif premier est qu’il n’y ait pas de malades sur les navires ou en tous cas le moins possible. Nous avons donc rapidement, en liaison avec la direction des Affaires maritimes, le service de santé des gens de mer et la direction générale de la Santé, été mandatés pour mettre en place des procédures de prévention et de gestion d’une potentielle infection à bord », explique-t-il à Mer et Marine.

Ces procédures ont été transmises aux armements fin janvier et mises en vigueur à bord de tous les navires français : gestes barrières, port du masque, distanciation sociale, isolement immédiat d’un patient présentant les symptômes, prise de la température matin et soir de l’ensemble de l’équipage et, bien sûr, consultation médicale à distance. « Nous avons ensuite amendé à plusieurs reprises ces procédures en fonction de l’évolution de la connaissance du virus ». Les dernières modifications datent du mois de mars.

L’épidémie du Covid a eu un effet immédiat sur l’activité du CCMM. « Nous avons observé une inflation majeure des appels, +60% en mars et +40% en avril ». Avec bien sûr tous ceux liés au Covid : « les responsables de soins à bord ne peuvent attendre les escales pour confirmer un diagnostic Covid. Il y a donc beaucoup d’appels pour authentifier ou diminuer des suspicions liées à cette pathologie ». Mais la pandémie et les restrictions d’escales qu’elle implique a également eu un autre effet « médical » : « les évènements médicaux habituellement traités en escale ne peuvent plus l’être dans une très grande majorité des cas. Les marins n’ont plus accès aux offres de soins à terre et doivent donc, sauf urgence importante, être traités à bord. Ce qui a mécaniquement augmenté les consultations de notre service ». Le Dr Roux s’inquiète du fait que les soins en escale soient très compliqués à organiser, « partout dans le monde et même ici en Europe ». « Nous devons faire des courriers très argumentés à destination des autorités pour qu’un marin soit débarqué, et cela se fait exceptionnellement ». Une petite augmentation des consultations à distance avec des psychiatres et psychologues a également été constatée, « la situation provoquant des incertitudes et tensions supplémentaires ».

Pour l’instant, la pandémie n’a pas frappé les navires français, où une petite dizaine de cas, constatés et prises en charge à terre, a été recensée pour une trentaine de suspicions. « Les équipages et responsables de soins gèrent très bien la situation à bord, ce qui montre la qualité de la formation médicale reçue par nos marins ». 

Propos recueillis par Caroline Britz, mai 2020 © Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

Voir le reportage de Léonore Mahieux pour Mer et Marine au CCMM de Toulouse