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Covid-19 : le respirateur moléculaire d'Hemarina testé dans des hôpitaux parisiens

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Covid-19 : le respirateur moléculaire d'Hemarina testé dans des hôpitaux parisiens

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Son appel a été entendu. Franck Zal, ancien chercheur au CNRS et cofondateur de la société de biotechnologie morlaisienne Hemarina, a obtenu, samedi, l’accord de l’Agence nationale de la sécurité des médicaments (ANSM). S’il est encore dans l’attente de l’avis du Centre de protection des personnes (CPP), l’affaire semble donc en bonne voie. Sa molécule baptisée HEMO2Life, transporteur universel d’oxygène issu de l’hémoglobine du ver arénicole (ver marin), va pouvoir entrer, cette semaine, en phase d’essais cliniques sur des patients atteints de Covid-19 dans deux hôpitaux parisiens.

Essai sur dix patients

« Dans un premier temps, nous allons tester la molécule sur dix patients hospitalisés à La Pitié Salpêtrière et Georges-Pompidou. Nos produits sont partis dès ce lundi après-midi, car il n’y a pas une minute à perdre pour aider les premières lignes à soigner les malades », souffle Franck Zal. À Pompidou, l’essai sera encadré par le professeur Bernard Cholley, chef du service de réanimation ; à La Pitié Salpêtrière, par les professeurs Alain Combes et Jean-Michel Constantin, respectivement chef du service réanimation et anesthésiste réanimateur. « Le professeur Laurent Lantiéri, qui a déjà utilisé cette molécule dans le cadre d’une greffe totale de visage sur un Landivisien, sera également en support à Pompidou », précise le P-DG d’Hemarina.

Gagner du temps et soulager les soignants

Si le Covid-19 ne présente aucun danger chez certains patients, il y a aussi des cas graves, mortels, qui se multiplient dans le pays, le pic de la pandémie n’étant pas encore atteint. Les poumons de ces malades se remplissent de mucus, ils ne peuvent plus respirer et s’asphyxient. « C’est là que nous pouvons intervenir avec notre molécule, explique Franck Zal. HEMO2Life a une forte capacité oxygénante ».. Ce « respirateur moléculaire » n’est pas un traitement qui soigne la maladie, mais il évitera les asphyxies et ralentira les admissions en réanimation, selon le patron d’Hemarina. Du temps de gagné donc. « Ce qui permettra au personnel soignant de se concentrer sur les cas les plus lourds, qu’il faut intuber et qui demandent des moyens humains et matériels considérables ».

Si l’essai s’avère concluant, Hemarina est déjà en capacité de fournir 5 000 doses de son HEMO2Life. « Et nous nous mettons déjà en ordre de bataille pour pouvoir en produire 15 000 autres. Mais ça prendra un peu de temps. Nous étions prêts il y a deux ans et demi mais la réglementation nous a bloqués, ce qui explique qu’on ne puisse pas être totalement réactifs. Il va falloir tout réactiver, en plein confinement »

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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