Marine Marchande
Covid-19 : les relèves d’équipages continuent de poser problème

Actualité

Covid-19 : les relèves d’équipages continuent de poser problème

Marine Marchande

Les difficultés pour les relèves d’équipages provoquées par les mesures en réponse à la crise de la Covid-19 sont loin d’être entièrement résolues. Si de nombreux pays, en particulier en Asie, autorisent à nouveau les relèves, ce n’est pas encore le cas partout. Ainsi, dans ses dernières estimations, il y a un mois, l’International transport workers federation avançait le chiffre de 300.000 marins encore bloqués à bord de leurs navires.

Lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre, Søren Skou, PDG d’AP Moller-Maersk, n’a pas caché que les relèves d’équipages ont été « un très gros problème ». En juillet, les deux tiers des marins employés par l’armateur danois avaient dépassé la période maximale admise légalement. Un chiffre ramené à un tiers, mi-août. « Nous faisons des progrès tous les jours. Cela prendra cependant encore du temps pour résoudre le problème », a-t-il indiqué. En attendant, Maersk a recours à des hôtels à Bombay et Manille, où il emmène ses équipages pour être placés en quarantaine. Ils y sont testés, avant d’être envoyés au Danemark pour être répartis, depuis là, dans les navires. « Nous dépensons beaucoup d’argent pour les aider à rentrer à la maison pour leurs vacances, pour qu’ils puissent voir leurs familles », a-t-il assuré. Selon lui, si les marins ont pu, dans un premier temps, voir dans cette situation l’occasion de gagner un peu plus, il constate désormais « de plus en plus de fatigue mentale », ce qui n’est « pas bon quand on est à bord d’un navire ».

En ce qui concerne la circulation des marins, de nombreux pays africains (en particulier dans le golfe de Guinée), ainsi que plusieurs pays du Moyen-Orient, d’Amérique centrale et du Sud n’autorisent toujours pas les relèves. L’Asie, à l’exception de la Thaïlande et du Vietnam, s’est ouverte progressivement. Les Philippines, plus grand pays pourvoyeur de marins dans le monde, a ouvert un corridor pour permettre les relèves et cherche à se positionner comme hub avec quatre ports de débarquement.

En France, le ministère de la Transition écologique a rappelé, dans une « alerte sur les relèves d’équipage », le 17 août, les recommandations et la conduite à tenir à bord de navires sous pavillon français. Cette alerte faisant suite à « une recrudescence de marins testés positifs à la Covid-19 », invitait à « une vigilance toute particulière » lors des relèves et pointait « un risque majeur de faire embarquer des marins porteurs de la Covid-19 et de créer des clusters sur ces navires ». Le ministère préconise notamment de renforcer les quatorzaines (minimum huit jours, préférentiellement 14) ; de réaliser un test de dépistage par méthode RT-PCR en début de confinement pour éliminer les porteurs sains du virus et d’en faire un second en fin de période d'isolement ; de n’embarquer les marins qu’après communication des résultats des tests et confirmation de leur négativité ; d’évincer les marins ayant présenté un test positif à la Covid-19 pendant une durée de deux à trois semaines ; de réaliser une visite de reprise auprès d'un médecin des gens de mer avant le retour à la navigation, et ce même si l'arrêt de travail est inférieur à 30 jours.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Coronavirus | Toute l'actualité Covid-19 dans le secteur maritime