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Covid-19 : rapport sévère de l'autorité maritime norvégienne sur Hurtigruten
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Covid-19 : rapport sévère de l'autorité maritime norvégienne sur Hurtigruten

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Le rapport d’enquête de l’autorité maritime norvégienne sur Hurtigruten est très sévère. Diligenté après l’épidémie de Covid-19 qui s’est déclarée à bord du Roald Amundsen fin juillet, il pointe des manquements graves aux règles sanitaires mises en place par la Norvège pour le rédémarrage des croisières. Pour mémoire, en plus de cette enquête technique, une enquête pénale est actuellement en cours suite à cet incident.

Pour rappel, un foyer de coronavirus a été découvert à bord du Roald Amundsen début août alors que celui-ci effectuait des croisières entre Tromsø et l’archipel du Svalbard. En tout 29 passagers et 42 membres d’équipage ont été infectés. L’enquête de l’autorité maritime norvégienne, qui a interrogé une partie de l’équipage et examiné les documents du bord, montre que plusieurs navigants étaient déjà malades et traités dans l’hôpital du bord dès le 21 juillet soit lors de la croisière précédant celle du foyer épidémique déclaré. Or, à aucun moment, leur maladie n’a été déclarée ni enregistrée dans le journal de bord. L’inspection maritime norvégienne note également que même lorsque l’existence du foyer a été avérée, aucune mention n’en a été faite par les médecins embarqués dans le journal de bord. Et ce malgré l’obligation d’en informer le capitaine, qui doit lui-même immédiatement en informer les autorités.

Le rapport pointe de nombreux problèmes dans la gestion sanitaire d’Hurtigruten, en particulier la répartition des responsabilités en matière d’évaluations des risques, de contrôle ou de prévention. Il note ainsi qu’en raison du nombre réduit d’employés au moment du rédémarrage de l’activité (Hurtigruten a massivement eu recours au chômage partiel pendant le confinement), les nouvelles procédures sanitaires, notamment par rapport aux équipages arrivant de l’étranger, et leur contrôle n’ont pas bénéficié d’une rigueur suffisante.

Les inspecteurs déplorent ensuite – et c’est peut-être le point le plus grave dans la culture norvégienne basée sur la confiance et la transparence – qu'Hurtigruten n’a pas immédiatement rapporté ces suspicions de Covid-19 aux autorités. Et qu’il y ait eu un délai de 48 heures entre la constatation de cas avérés à bord et leur déclaration. « Cela pose question sur la culture de la sécurité au sein de la compagnie et la façon dont elle applique les procédures ». Le rapport relève également que, même une fois les infections confirmées, les passagers n’en ont pas été informés avant leur arrivée à Tromsø, rendant leur traçage post-croisière par les autorités sanitaires bien plus compliqué.

Dans le royaume scandinave, où Hurtigruten est une véritable institution, l’affaire fait la Une des journaux depuis un mois. Le ministre de la santé a été particulièrement virulent et l’autorité maritime, via son porte-parole interrogé par la chaîne nationale NRK, a qualifié les résultats de l’enquête comme « préoccupants. Hurtigruten est une grande entreprise reconnue, nous sommes donc très surpris de constater toutes ces défaillances ».

La compagnie a désormais jusqu’au 21 septembre pour prendre des mesures correctives. Hurtigruten a licencié une partie de sa direction, engagé des avocats et demandé une inspection interne au DNV-GL. Dans un communiqué de presse, diffusé uniquement en norvégien, Hurtigruten indique qu'il travaille à la correction de l’ensemble des défaillances et ce notamment, « pour un redémarrage serein des croisières d’expéditions quand la situation sanitaire nous l’autorisera ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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