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Crash des Rafale Marine : Des maquettes, mais pas d'armement sous les ailes

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Crash des Rafale Marine : Des maquettes, mais pas d'armement sous les ailes

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Différentes rumeurs ont circulé ces derniers jours sur ce que pouvaient bien emporter les deux Rafale qui se sont abîmés en mer le 24 septembre, au large de Perpignan. On a, notamment, évoqué de possibles essais liés au nouveau missile nucléaire ASMP-A, dont la mise en service est attendue prochainement dans la marine. Il n'y a rien de tel, affirme-t-on au ministère de la Défense, qui a précisé la configuration exacte des avions perdu. Catapultés depuis le porte-avions Charles de Gaulle, ces derniers effectuaient des essais en configuration lourde, avec sous les ailes des maquettes de différents armements. Piloté par François Duflot, décédé dans l'accident, le M25 embarquait quatre AASM (Armement Air-Sol Modulaire) à guidage GPS, quatre missiles air-air Mica et deux réservoirs externes. L'autre appareil, le M22, avec aux commandes Yann Beaufils (secouru après l'accident), disposait quant à lui de six GBU 12 (bombes guidées laser), deux Mica et deux réservoirs externes. Tous ces engins (hors bidons de carburant) étaient donc des maquettes, et non des armements. Même le canon de 30mm équipant chaque Rafale n'était, semble-t-il, pas approvisionné.

Le bâtiment de soutien Ailette (© : MARINE NATIONALE)
Le bâtiment de soutien Ailette (© : MARINE NATIONALE)

Le corps du CF Duflot remonté, la recherche des enregistreurs se poursuit

Dès l'annonce de l'accident, de très importants moyens de secours ont été déployés au large de Perpignan, où le capitaine de corvette Beaufils, appartenant au Centre d'Etude Pratique de l'Aéronautique navale (CEPA), a été récupéré sain et sauf le soir même. N'ayant pas pu s'éjecter, le CF de réserve Duflot, pilote de la Délégation Générale pour l'Armement (DGA) a été retrouvé en fin de semaine dernière dans la carcasse de son avion. Localisée par les moyens de la Cellule de Plongée Humaine et d'Intervention sous la Mer (CEPHISMER) de la Marine nationale, l'épave a été découverte à 35 kilomètres à l'Est du Cap Béar. Elle gît par environ 700 mètres de fond. Pour les marins, la priorité a été de remonter le corps de l'officier, ce qui a été réalisé lundi en fin d'après-midi. La dépouille a été transférée à l'institut médico-légal de Marseille dans le cadre de l'enquête judiciaire en cours.
La recherche des enregistreurs de vol des deux Rafale se poursuit désormais, ces équipements n'ayant, en date d'hier, pas encore été retrouvés. La tâche de la marine est d'autant plus délicate que la nature des fonds rend les recherches difficiles. Les débris du M25 reposent, en effet, sur un sol vaseux et en forte pente (45 degrés). Ils semblent, toutefois, assez concentrés, alors que les restes du M22 seraient plus éparpillés. En parallèle de la recherche des enregistreurs, les moyens du CEPHISMER continuent de cartographier la zone. Ils pourront procéder ensuite à la récupération des composants des avions. Pour les éléments les plus gros, le robot ULISSE, mis en oeuvre depuis le bâtiment de soutien Ailette, passera des sangles permettant de remonter les éléments trop lourds vers la surface.

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