Vie Portuaire
Crise majeure au Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire

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Crise majeure au Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire

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Le Conseil de surveillance du GPM de Nantes Saint-Nazaire n'a plus de président et les principaux élus locaux y siégeant ont annoncé hier qu'ils s'en retiraient. Cette décision fait suite à ce que la CGT appelle le « limogeage » de François Marendet, président du Directoire. Ce dernier avait conclu la semaine dernière un accord avec le syndicat sur l'organisation de la manutention sur les terminaux. Selon la CGT, François Marendet aurait démissionné à la demande de Dominique Bussereau, ce dernier « prétextant que les accords passés étaient dérogatoires à la loi sur la réforme des ports ». Dans un communiqué, le secrétariat d'Etat aux Transports affirme, en effet, que « ceux-ci ne sont pas conformes à la loi du 4 juillet 2008. En conséquence ils ne pouvaient recevoir l'aval de l'Etat ». Il n'est, en revanche, pas fait mention des raisons pour lesquelles François Marendet quitte le port ligérien. Les services de Dominique Bussereau se contentent d'indiquer que les « négociations doivent reprendre à Nantes-Saint-Nazaire. Elles seront conduites par Yves Gauthier, ancien directeur général du port de Bordeaux, auquel a (été) confié l'intérim des fonctions de président du Directoire après avoir accepté la démission de celui-ci ».

Démissions en cascade

La démission de François Marendet, très apprécié pour son action sur la place portuaire, a soulevé un tollé dans l'estuaire de la Loire. Par solidarité, le président du Conseil de surveillance, Pierre Guénant, a quitté ses fonctions. Dans la foulée, Jacques Auxiette, Patrick Mareschal, Jean-Marc Ayrault et Joël Batteux, respectivement présidents du Conseil régional des Pays de la Loire, du Conseil général de Loire-Atlantique, de Nantes Métropole et de la CARENE (communauté d'agglomération de Saint-Nazaire), ont annoncé qu'ils se retiraient du Conseil de surveillance. Il s'agit, selon-eux, de marquer « leur ferme réprobation des pressions exercées par le gouvernement sur la direction (du port, ndlr) ». Parlant de François Marendet comme d' « un professionnel reconnu et estimé dans le secteur maritime », les élus dénoncent des démissions qui « obéissent à des instructions venues de Paris et qui contredisent radicalement l'esprit de la réforme et bafouent l'idée de gouvernance locale, en contradiction avec la loi du 4 juillet 2008 ». Demandant une rencontre dans les plus brefs délais avec le secrétaire d'Etat, Jacques Auxiette, Patrick Mareschal, Jean-Marc Ayrault et Joël Batteux affirment qu'ils se retirent du Conseil de surveillance du port « jusqu'à ce que le gouvernement clarifie sa position et respecte le fonctionnement des instances portuaires qu'il a lui-même voulu et installé ».

La CGT en « colère »

« Cette attitude du ministère a profondément troublé la place portuaire », estime la CGT, qui parle d'une décision « scandaleuse ». Après 10 jours de conflit, qui avait perturbé l'activité des terminaux de Montoir, le syndicat était parvenu, vendredi dernier, à un terrain d'entente avec la direction du port. Ce dernier avait accepté le détachement dans un pool d'opérateurs de tous les agents d'exploitation affectés aujourd'hui au Grand Port Maritime (grutiers, dépanneurs, agents de maîtrise et des bureaux d'escales). Trois jours plus tôt, un autre accord avait été conclu sur l'organisation de la maintenance. Il prévoyait le maintien en régie, au sein du port, de tous les personnels exécutants et la création d'une filiale pour l'ingénierie. Le transfert des outillages à court et moyen termes avait également été acté. « Ces accords reprennent pourtant les grands principes de la loi ou de l'accord cadre (négocié fin 2008, ndlr). Comme le précisait Dominique Bussereau, "un port à conteneurs est différent d'un port généraliste", "il faut du cousu main". Ou, tout récemment dans un communiqué de presse du 10 mars, "bâtir dans chaque port les solutions les mieux adaptées entre les différents partenaires" », note la CGT. Selon elle : « Ces principes ont été retenus à Nantes Saint-Nazaire en tenant compte des spécificités de ce port ». Dénonçant le refus de valider les accords négociés, le syndicat appelle le secrétaire d'Etat aux Transport à « revenir sur sa décision ». En attendant, un préavis a été déposé pour une grève générale du 30 mars au 26 avril.

Port de Nantes Saint-Nazaire