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Crise territoriale au large du Chili et du Pérou

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Crise territoriale au large du Chili et du Pérou

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Le vote a été net et sans appel. La semaine dernière, le Congrès péruvien a approuvé à l’unanimité le projet de loi modifiant la frontière maritime avec le Chili. Le texte prévoit de délimiter les possessions des deux états non plus en fonction du parallèle, mais selon une ligne équidistante. Une décision unilatérale du Pérou qui a provoqué la colère de son voisin. Santiago refuse ce nouveau découpage qui lui retire plus de 35.000 Km² de zone économique exclusive. Les autorités estiment que cet acte est une véritable atteinte à la souveraineté du pays. En urgence, le président chilien a réuni les états-majors des armées et dépêché des émissaires au Brésil, en Bolivie et en Equateur. « Nous continuerons d’exercer notre souveraineté sur la mer » a déclaré sur un ton très ferme, Ricardo Lagos, alors que son ministre de la défense, Jaime Ravinet, voilait à peine ses menaces contre le Pérou : « Nos forces armée sont très efficaces et capables de préserver le territoire. Notre pays n’a pas à accepter une loi étrangère, car ce serait accepter que n’importe quel pays peut annexer n’importe quel autre état du monde ».

Crise en marge du quatrième sommet des Amériques

C’est dans ce contexte explosif que le Chili et le Pérou se sont retrouvés en Argentine pour le quatrième sommet des Amériques. Des entrevues pour tenter d’apaiser la situation ont eu lieu, notamment avec Georges Bush. Il n’en reste pas moins que la crise diplomatique pourrait déraper à partir du 7 novembre. C’est à cette date que la loi votée par les parlementaires péruviens doit entrer en application. Les organisations de pêcheurs chiliens ont déjà annoncé qu’elles continueraient de réaliser leurs prises d’anchois dans le secteur revendiqué par le Pérou. Des incidents sont donc à prévoir alors que la présence des forces de surveillance, notamment maritimes, sont renforcées des deux côtés de la frontière.
De 1879 à 1883, le Chili a mené une Guerre du Pacifique contre le Pérou et la Bolivie, occupant la région d’Antofagasta, le seul accès maritime de la Bolivie. Selon le gouvernement chilien, le problème de la frontière du Chili avec le Pérou est réglé par les traités de 1952 et 1954. Le Pérou, de son côté, affirme qu’il n'a jamais signé un pacte de démarcation maritime.

Chili et Pérou. Quelles puissances maritimes ?

Ce coup de sang diplomatique est l’occasion de revenir sur les moyens navals des deux pays. La marine chilienne, armée par 25.000 militaires, est actuellement en pleine expansion, avec un vaste plan de renouvellement des moyens. Outre les deux sous-marins Scorpene achetés à la France (dont le premier vient d’être livré), Santiago a acquis quatre frégates néerlandaises assez récentes et vient d’obtenir la vente de trois frégates britanniques du type 23. Ces dernières ne seront toutefois livrées qu’à partir de 2006. Les nouveaux bâtiments viendront remplacer les frégates du type Leander (mises en service entre 1970 et 1973) et les destroyers du type County, âgés de 35 à 39 ans. A noter également la présence de sept patrouilleurs lance-missiles, quatre Combattante II ex-allemands construits en France et trois israéliens du type Saar IV. Les deux sous-marins du type 209 allemand vont par ailleurs être modernisés.
Forte de 25.000 hommes, la flotte péruvienne se modernise également. Les Aguirre et Almirante Grau, derniers représentants de la famille des croiseurs légers construits dans les années 30, ont disparu. Ils ont été remplacés par quatre frégates du type Lupo, achetées à l’Italie. Ces navires, admis au service entre 1977 et 1980, s’ajoutent aux quatre frégates similaires acquises entre 1979 et 1987. Le Pérou dispose également de six beaux patrouilleurs lance-missiles construits en France en 1980. La flotte sous-marine compte six unités du type 209. Contrairement aux affirmations de Jaime Ravinet, les forces armées chiliennes, ou plutôt la marine, est loin d’avoir un gros avantage.

Marine Chilienne