Défense
Croiseur Colbert : Détails sur un remorquage prévu vers Brest fin mai

Actualité

Croiseur Colbert : Détails sur un remorquage prévu vers Brest fin mai

Défense

Transformé en musée à Bordeaux en 1993 et désormais jugé indésirable, le vieux croiseur Colbert sera de retour à Brest d'ici la fin juin. Trois fenêtres météos s'offrent à la Marine nationale pour ramener le bâtiment dans son port de construction. La première débute fin mai, aux alentours du 28. C'est elle qui sera tentée en priorité et, en cas de besoin, deux autres périodes sont possibles mi-juin et fin juin. Le remorquage du Colbert sera, en effet, une opération délicate, notamment au niveau des marées. Le grand navire de 181 mètres de long et 10.000 tonnes de déplacement ne dispose plus de propulsion. Un demi-tour dans Bordeaux sera nécessaire, avant le chanalage vers l'Atlantique. Pour sa remontée de la Gironde, ce « corps mort » devra éviter les écueils du fleuve, notamment les bancs de sables. Deux navires seront nécessaires pour mener à bien la manoeuvre. Le premier, qui sera chargé de remonter le Colbert à Brest, le tractera sur l'avant, alors qu'un autre remorqueur viendra à couple du croiseur pour servir de gouvernail actif. Le premier sera vraisemblablement le Bâtiment de Soutien, d'Assistance et de Dépollution Argonaute (ou bien l'Alcyon). Le BSAD est en effet doté d'une importante capacité de remorquage, avec 133 tonnes de traction au point fixe.

Un mât découpé et 3 à 4 jours de transit

Avant le remorquage, une série de travaux préparatoires ont été entrepris. Etablissement Recevant du Public (ERP) dans sa fonction de musée, le Colbert nécessite le démontage des équipements de protection des visiteurs ainsi que des matériels de décoration. Ses points d'ancrage, qui n'ont pas servi depuis 1993, doivent être renforcés et son mât découpé, afin de permettre le passage sous le pont d'Aquitaine. La coque blindée, inspectée par les plongeurs, est pour sa part en bon état et, bonne nouvelle, l'envasement du port bordelais n'empêchera pas le départ. Les objets du bord présentant un intérêt, comme les souvenirs d'escale et autres tableaux, sont en cours de transfert au Service Historique de la Défense de Vincennes. Velum (tente de protection) repliée, le bâtiment sera fin prêt pour sa première navigation depuis 14 ans. Après 3 à 4 jours de transit jusqu'à Brest, le Colbert rejoindra l'ex-Clemenceau aux épis porte-avions de la base navale. Divers travaux seront menés, comme la sécurisation de la coque ou des pièces mobiles. Le navire, qui restera propriété de la Marine nationale jusqu'au désarmement de la Jeanne d'Arc, prévu en 2010, sera conditionné pour rester en bon état. Les entrées d'eau et la cheminée seront notamment bouchées.

Le futur Q 683 à Landévennec cet été

Ce passage à la base navale, qui devrait durer de 7 à 8 semaines, verra par ailleurs le débarquement d'un certain nombre de matériels destinés à la Jeanne d'Arc. Livré sept ans avant le porte-hélicoptère, le croiseur sert en effet, depuis plusieurs années, de réserve de pièces détachées au navire école. Les deux bâtiments disposent en effet d'un appareil propulsif similaire, pour lequel on ne produit plus aujourd'hui d'équipements neufs. Eléments des chaudières, vannes et autres collecteurs sont donc cannibalisés au profit de la Jeanne. Après cette période brestoise, le Colbert sera remorqué au cimetière de bateaux de Landévennec, sur la presqu'île de Crozon. Avant de rentrer dans la future filière de déconstruction des navires en fin de vie (*), il pourra toujours servir de pièces de rechange. Le C 611 sera par la suite rayé des listes pour ne plus être, comme l'ex-Clemenceau, qu'un numéro de coque, le Q 683. En attendant d'être ferraillé, il servira d'attraction touristique à Landévennec, où le maire se félicite du retour des vieux navires de la Marine nationale. En quelques mois, l'anse, presque vide il y a un an, s'est progressivement remplie. Sont ainsi arrivés les escorteurs d'escadre Duperré et La Galissonniaire, ainsi que l'aviso Détroyat et l'aviso escorteur Enseigne de Vaisseau Henri.
Livré en 1957 par l'arsenal de Brest, le Colbert est le dernier croiseur construit en France. Ce superbe et puissant navire, capable de filer 31 noeuds, avait emmené le général de Gaulle au Canada, en 1967. C'est au cours de ce voyage que le chef de l'Etat avait prononcé son fameux « Vive le Québec libre ! ». Après 34 ans d'activité, le bâtiment fut retiré du service en 1991, à l'issue d'une ultime mission durant la Guerre du Golfe.
_____________________________________________________

(*) Le Q 790, ex-Clemenceau, fera l'objet d'un traitement particulier et ne sera pas intégré à la future filière de déconstruction.

- Voir la fiche technique du Colbert

Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française