Construction Navale
Croisière : 17 paquebots en commande et d'autres à suivre

Actualité

Croisière : 17 paquebots en commande et d'autres à suivre

Construction Navale

Avec la livraison aujourd’hui du Soléal par Fincantieri, il reste aux constructeurs de paquebots 17 navires à achever entre janvier 2014 et la fin 2016. L’ensemble totalise une valeur d’environ 10 milliards d’euros pour une capacité de plus de 57.000 lits en base double (deux passagers par cabine). Cinq pays se répartissent ces commandes : l’Italie avec Fincantieri (qui a plusieurs chantiers, notamment Monfalcone et Marghera), l’Allemagne avec Meyer Werft (Papenburg), la France et la Finlande avec STX (Saint-Nazaire et Turku), ainsi que le Japon avec Mitsubishi (Nagasaki).

 

 

Le Regal Princess sera identique au Royal Princess, qui vient d'être livré (© : FINCANTIERI)

Le Regal Princess sera identique au Royal Princess, qui vient d'être livré (© : FINCANTIERI)

 

 

Fincantieri : Sept navires pour 3.2 milliards d’euros

 

 

Fincantieri, un temps détrôné par Meyer Werft, a retrouvé sa place de leader mondial du secteur (du moins en nombre de navires, les Allemands l’emportant toujours en valeur), avec 7 paquebots en commande (dont 2 toutefois sont en attente de bouclage des montages financiers), pour un coût total d’environ 3.2 milliards d’euros. Le constructeur italien livrera en 2014 le Regal Princess (141.000 GT, 1800 cabines) et le Costa Diadema (132.500 GT, 1850 cabines) ; en 2015 une unité de 141.000 GT et 1800 cabines pour P&O Cruise, ainsi que le Viking Star (47.800 GT, 464 cabines) ; puis en 2016 un sistership du Viking Star et, normalement, deux nouveaux navires destinés à Carnival Cruise Lines (135.000 GT, 2000 cabines) et Holland America Line (99.000 GT, 1330 cabines). Ces deux derniers sont les fameux bateaux en attente de confirmation sur le plan financier.

 

 

Vue du futur navire de P&O Cruises (© : P&O Cruises)

Vue du futur navire de P&O Cruises (© : P&O Cruises)

 

Vue du futur Viking Star (© :VIKING OCEAN CRUISES)

Vue du futur Viking Star (© :VIKING OCEAN CRUISES)

 

 

Meyer Werft : Cinq navires pour 3.7 milliards d’euros

 

 

Meyer Werft, de son côté, présente un beau carnet de commandes, meilleur d’ailleurs que celui de Fincantieri si l’on considère que, contrairement à son concurrent italien, il ne dispose que d’un seul chantier. Le constructeur allemand compte, pour le moment, 5 très gros navires à réaliser, pour un montant total de 3.7 milliards d’euros. Il livrera en 2014 le Norwegian Getaway (143.500 GT, 2000 cabines) et le Quantum of the Seas (167.800 GT, 2090 cabines), en 2015 l’Anthem of the Seas (167.800 GT, 2090 cabines) et le premier navire du type Brekaway Plus (163.000 GT, 2100 cabines), puis en 2016 une troisième unité du type Quantum of the Seas.

 

 

Le Norwegian Getaway sera un sistership du Norwegian Breakaway, ici en photo  (© : NCL)

Le Norwegian Getaway sera un sistership du Norwegian Breakaway, ici en photo  (© : NCL)

 

 

STX France : Un navire pour environ 1 milliard d’euros

 

 

STX France, pour sa part, ne dispose actuellement que d’un navire en commande, qui sera tout de même le plus gros paquebot du monde. Il s’agit d’une version améliorée des deux premiers mastodontes du type Oasis of the Seas (227.000 GT, 2700 cabines). Ce géant, d’un coût de près d’un milliard d’euros, quittera Saint-Nazaire en 2016.

 

 

Vue du futur navire Mein Schiff 3  (© : STX FINLAND)

Vue du futur navire Mein Schiff 3  (© : STX FINLAND)

 

 

STX Finland : Deux navires pour environ 790 millions d’euros

 

 

STX Finland, pour sa part, réalise actuellement deux paquebots pour TUI Cruises, les Mein Schiff 3 et Mein Schiff 4 (99.300 GT, 1250 cabines), livrables en 2014 et 2015.  Leur valeur est d’approximativement 790 millions d’euros.

 

 

Le nouveau projet d'AIDA Cruises commandé au Japon (© :AIDA CRUISES)

Le nouveau projet d'AIDA Cruises commandé au Japon (© :AIDA CRUISES)

 

 

Mitsubishi : Deux navires pour environ 1 milliard d’euros

 

 

Enfin, le Japonais Mitsubishi fait son grand retour sur le secteur de la croisière après avoir décroché en 2011 la commande de deux paquebots de 125.000 GT et 1625 cabines pour AIDA Cruises. Ces navires doivent être livrés en 2015 et 2016, leur coût cumulé étant estimé à un milliard d’euros.

 

 

Vue du futur "Breakaway Plus" (© :NCL)

Vue du futur "Breakaway Plus" (© :NCL)

 

 

Des options en attente

 

 

En plus de ces commandes, les chantiers attendent l’affermissement d’options liées aux contrats déjà signés. Ainsi, Fincantieri pourrait décrocher de deux à quatre navires supplémentaires pour Viking Ocean Cruises, livrables entre 2017 et 2020. Meyer Werft, de son côté, a une option avec NCL pour un second Breakaway Plus (version légèrement agrandie des Norwegian Breakaway et Norwegian Getaway), livrable en 2017. Quant à STX France, il pourrait construire un second paquebot géant du type Oasis, une option ayant été adjointe au contrat signé avec Royal Caribbean en décembre 2012. Si cette option est confirmée, le navire serait livré en 2018.

 

 

De nouveaux projets dans les tuyaux

 

 

A côté de ces options, les armateurs travaillent sur différents projets, certains plus mûrs que d’autres, avec des négociations déjà en cours. Cela, alors que tous les chantiers, qui présentent au global une surcapacité par rapport à un marché s’étant rétréci ces dernières années, cherchent à remplir leurs cales. Les compagnies sont donc en position de force pour négocier.

 

 

Le Soléal (© :FINCANTIERI)

Le Soléal (© :FINCANTIERI)

 

 

En termes de commandes, la Compagnie du Ponant devrait très prochainement signer avec Fincantieri pour un sistership du Soléal (10.800 GT, 132 cabines), portant la série des Boréal à quatre unités. MSC, qui a pris livraison à Saint-Nazaire, en avril dernier, de son quatrième et dernier paquebot du type Fantasia, le MSC Preziosa (139.000 GT, 1751 cabines), devrait en toute logique commander dans les mois qui viennent afin de disposer d’un nouveau navire entre 2015 et 2017. Il s’agit toujours du projet Vista, portant sur des bateaux d’environ 2000 cabines.  STX France est évidemment bien positionné avec son client historique mais le chantier nazairien, qui a réalisé l’ensemble des 12 paquebots exploités par MSC, doit probablement faire face à une vive concurrence.

 

 

Le MSC Preziosa (© : MSC CRUISES)

Le MSC Preziosa (© : MSC CRUISES)

 

 

Du côté du groupe américain Carnival Corporation, on attend également de nouvelles commandes, même s’il faut d’abord boucler le montage financier pour les nouveaux navires de ses filiales CCL et HAL. En plus de ces navires, en toute logique, un sistership du Costa Diadema devrait voir le jour, à moins que Carnival décide d’opter pour un nouveau modèle afin de renforcer la flotte de Costa Crociere, sa grande filiale italienne. Seabourn, autre filiale de Carnival, a également annoncé en début d’année son intention d’investir dans la construction d’un quatrième navire du type Odyssey (32.000 GT, 225 cabines), les trois premiers ayant été réalisés par le chantier italien T. Mariotti.

 

 

 

Vue du futur Costa Diadema (© :COSTA CROCIERE)

 

Le Seabourn Odyssey (© :MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Seabourn Odyssey (© :MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

La commande de nouveaux paquebots pour Regent Seven Seas est, par ailleurs, toujours à l’étude, la compagnie américaine s’étant notamment montrée intéressée par le concept des Marina et Riviera (68.000 GT, 632 cabines) livrés en 2011 et 2012 par Fincantieri à Oceania Cruises, qui appartient au même groupe (Prestige Cruise Holdings) que Regent.

 

 

Vue du futur Quantum of the Seas (© :RCCL)

Vue du futur Quantum of the Seas (© :RCCL)

 

 

Du côté de Royal Caribbean Cruises Ltd, qui a créé récemment la surprise en commandant un troisième Quantum of the Seas, livrable la même année que le troisième Oasis, on ne manque jamais de projets et on a souvent tendance à déjouer les pronostics. Le groupe américain prolongera-t-il encore la série Quantum ? C’est probable mais, avec RCCL, on ne peut jamais préjuger de rien. En dehors de Royal Caribbean International, pour laquelle sont destinés les Quantum et Oasis, RCCL devrait également, dans les prochaines années, lancer de nouveaux investissements en faveur de Celebrity Cruises, une autre de ses filiales, qui a réceptionné le dernier de ses cinq paquebots de la classe Solstice (construits chez Meyer Werft), le Celebrity Reflection (126.000 GT, 1515 cabines), en septembre 2012. Il conviendra également de voir ce que RCCL fera avec Azamara Club Cruises, sa marque haut de gamme, qui exploite pour le moment deux anciens Renaissance, les Azamara Journey (ex-R Six) et Azamara Quest (ex-R Seven) de 30.200 GT et 347 cabines, sortis de Saint-Nazaire en 2000.

 

 

L'Europa 2 (© : STX FRANCE - BERNARD BIGER)

L'Europa 2 (© : STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

 

Un certain nombre d’autres projets de constructions neuves sont également dans les cartons. On citera par exemple celui de la compagnie allemande Hapag-Lloyd Cruises qui, après avoir pris livraison chez STX France de l’Europa 2 (39.500 GT, 251 cabines) en avril dernier, aimerait commander, si possible à partir de 2015, un nouveau navire d’exploration de 120 cabines environ pour remplacer le Bremen (6700 GT, 80 cabines), dont la charte d’affrètement prend fin en 2018.  Et puis il y a également le projet de nouveau paquebot France (64.000 GT et près de 350 cabines), porté par l’entrepreneur parisien Didier Spade, qui espère réunir d’ici l’an prochain les 400 millions d’euros nécessaires à sa réalisation, en vue d’une mise en service en 2017, avec si possible une construction à Saint-Nazaire.  

 

 

Le projet de Nouveau France (© : LE NOUVEAU PAQUEBOT FRANCE)

Le projet de Nouveau France (© : LE NOUVEAU PAQUEBOT FRANCE)

 

Chantiers de l'Atlantique | Toute l'actualité des chantiers de Saint-Nazaire Fincantieri | Actualité du constructeur naval italien Meyer Werft | Toute l'actualité du groupe allemand de construction navale