Croisières et Voyages
Croisière en Patagonie : Buenos Aires, Tigre et le Rio de la Plata (6/6)

Reportage

Croisière en Patagonie : Buenos Aires, Tigre et le Rio de la Plata (6/6)

Croisières et Voyages

Sixième et dernier épisode de notre voyage à la découverte de la Patagonie, qui s'achève en fait dans la capitale argentine. Après avoir salué l’équipage du Stella Australis, toujours amarré à Ushuaia, les passagers français se sont envolés en direction de Buenos Aires où ils atterrissent un peu plus de trois heures plus tard, presqu’au cœur de la ville, à l’aéroport Jorge-Newbery. Ils ont ainsi l’occasion de s’apercevoir que Buenos Aires baigne dans les eaux du Rio de la Plata.

Beaucoup s’interrogent : « Est-ce la mer ? Elle a une drôle de couleur ! ». En réalité l’océan Atlantique est à près de 300 km de là. Mais l’immensité du delta du Rio de la Plata, large en face de la capitale argentine d’environ 50 km, ne permet pas de voir la rive opposée. De l’autre côté, c’est déjà l’Uruguay. Et entre les deux, un estuaire aux eaux couleur orange, chargées en sédiments, provenant des fleuves Rio Parana et Rio Uruguay, tous deux en provenance du Brésil, et leurs affluents.

 

Le delta du Rio de la Plata et Buenos Aires sur la droite (© NASA)

Le delta du Rio de la Plata et Buenos Aires sur la droite (© NASA)

 

Juste en face de l’aéroport national, le Club des pêcheurs attire les curieux. Il est d’ailleurs grand temps de s’y arrêter pour y déjeuner au rythme des impressionnants atterrissages tout proches. Ce beau bâtiment de style anglais a été construit entre 1928 et 1937. Il est situé sur une digue se prolongeant sur le Rio de la Plata et de nombreux évènements musicaux et dansants y sont organisés. Le tango y est évidemment à l’honneur.

 

Le club de pescadores (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le club de pescadores (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Puerto Madero

La capitale de plus de 3 millions d’habitants est composée de 48 quartiers, les barrios. Difficile de les découvrir tous en particulier à cause de la circulation, régulièrement bouchée par des manifestations. Elles sont courantes et souvent handicapantes dans cette ville au sang chaud et à l’âme latine. Pour se déplacer, les habitants peuvent profiter du métro, le plus ancien du continent, et de plus de 38.000 taxis noirs et jaunes, aisément reconnaissables.

Un quartier facile à visiter est Puerto Madero. L’ancien port abandonné a retrouvé toute son activité, même si elle est loin d’être portuaire comme à son inauguration en 1897. Aujourd’hui le port commercial est à l’extérieur de la ville qui a grappillé du terrain au fur et à mesure qu’elle s’élargissait vers le delta. Même loin de la mer, les paquebots du monde entier font escale au terminal Benito Quinquela Martin, à tout juste 3 kilomètres du centre ville. Entre 100 à 150 escales rythment le terminal croisière. Les ferries se contentent principalement de desservir les ports uruguayens de Montevideo, Punta del Este et Colonia.

Tout autour, de nombreux cargos irriguent de marchandises le pays et une part importante de l’Amérique du Sud. Les porte-conteneurs sont principalement concentrés sur Buenos Aires (environ 1.6 million de conteneurs par an) tandis que les marchandises en vrac transitent plutôt sur les ports privés de Rosario, plus en amont sur le delta. Impossible pour les gros navires de rejoindre ces ports qui nécessitent d’être dragués en permanence étant donné l’abondance de sédiments. Environ 130 millions de tonnes de marchandises sont exportées par l’Argentine, dont les deux-tiers passent par Rosario.

 

Le quartier de Puerto Madero et le bateau-école Sarmiento (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le quartier de Puerto Madero et le bateau-école Sarmiento (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Puerto Madero est donc aujourd’hui englobé dans le centre ville de Buenos Aires. Autrefois port commercial, devenu quartier abandonné et mal fréquenté, il s'est métamorphosé en 25 ans. C'est aujourd'hui le lieu branché aux restaurants « lounge » et à la clientèle dorée. Les silos et les grues ont gardé leur place mais voient désormais leur reflet dans des buildings modernes aux façades miroirs. Les anciens bâtiments portuaires où étaient stockés les céréales ou du charbon abritent aujourd’hui des lofts décorés par les plus grands designers.

Surtout, alors que le quartier était considéré comme malfamé durant des dizaines d’années, on y compte aujourd’hui un policier pour 10 habitants quand la moyenne en ville est d'un pour 230. Il faut dire que Puerto Madero compte un peu moins de 10.000 résidents, beaucoup d'immeubles étant consacrés aux bureaux.

Sur le port, un bateau est encore présent et n’est pas prêt de mettre les voiles. Il s’agit du bateau-école Presidente Sarmiento. Une frégate construite en 1897 transformée en musée depuis. Traversant le port pour tomber au pied du voilier, le « Pont de la Femme » ramène les bâtiments aux façades de briques rouges dans l’ère moderne grâce à une architecture métallique effilée et futuriste.