Croisières et Voyages

Reportage

Croisière en Patagonie : Le sanctuaire marin de l'île Carlos III et le Cap Froward (3/6)

Suite de notre croisière à travers la Patagonie. Le Stella Australis a navigué toute la nuit et s’approche au petit matin de l’île Carlos III, bordée par le détroit de Magellan. Les lève-tôt ont le privilège d’apercevoir depuis le confort de leur lit les premières otaries jaillissant hors de l’eau et filant le long de la coque. A travers de larges fenêtres (le terme de sabord ne correspondant pas vraiment à la taille impressionnante de celles-ci), le spectacle est permanent. Oiseaux et lions de mer répètent un ballet imprévisible et désaccordé, chaque acteur de ce paysage étant son propre metteur en scène.

Impossible de rester là, dans la cabine, alors que tant de beauté s’active autour du navire. Pas le temps de s'apprêter, il ne faut rien rater de ce que la nature a d’extraordinaire à offrir dans cette région du monde. Une bonne douche chaude et on enfile couche sur couche de vêtements. La technique de l’oignon ! Le directeur de croisière et le chef d’expédition ont prévenu chacun : soleil ou non, en position statique, assis dans les Zodiacs à quelques centimètres d’une eau glacée, l’excursion peut vite devenir difficile.

Pour l’heure, le Stella Australis ne jette pas encore l’ancre. L’île est toute proche mais pourtant le navire semble perdu, tournant sur lui-même et zigzagant à travers les îlots, suscitant les interrogations des passagers. Cette masse d’acier errant dans les eaux de Magellan est en fait à la recherche des stars de la matinée : les baleines à bosse.

 

L'île Carlos III (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

L'île Carlos III : l'île de Louis XIV

L’île Carlos III est située dans le détroit de Magellan, au Chili, à l’ouest de Punta Arenas, près des eaux du Pacifique. Protégée par les montagnes de la péninsule Brunswick, elle est au cœur de l’aire marine protégée Francisco Coloane, du nom de l’écrivain chilien.

Avant que le nom du roi espagnol Charles III lui soit donné, l’île porta celui de « Louis le Grand », autrement dit le Roi Soleil. En effet, Louis le quatorzième règne sur la France depuis déjà 55 années quand est lancée une expédition sous les ordres du navigateur malouin Jacques Gouin de Beauchêne.

L’officier a pour mission d’établir des colonies françaises dans les zones méridionales de l’Amérique pour le compte de la Compagnie royale de la mer du Sud.

En décembre 1698, quatre bateaux quittent le royaume pour une traversée de l’Atlantique de plusieurs mois. Au cours de son périple, l’explorateur s’arrête sur ce qu’il perçoit être une île et en prend possession au nom du roi de France.

En 1843, lorsque le Chili prend le contrôle du Détroit de Magellan, l’appellation de l’île change au profit du nom du monarque espagnol.

Aujourd’hui, le Stella Australis ne vient qu’occasionnellement dans les eaux du parc Francisco Coloane pour observer les baleines, dans le cadre d’affrètements comme c’est le cas par exemple avec Rivages du Monde. Ce paradis marin est donc encore épargné par la présence humaine et les animaux qui établissent ici des colonies ou qui évoluent dans ses eaux n’ont pas de crainte particulière envers l’homme.

Il est donc temps de débarquer pour partir à la découverte de l'abondante faune marine qui peuple ces lieux : baleines à bosse, manchots de Magellan, lions de mer, otaries, dauphins et élephants de mer... Des créatures marines dans leur milieu naturel qui côtoient les quelques 198 espèces d'oiseaux de la Terre de Feu.

 

Le Stella Australis devant l'île Carlos III (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Excursion en Zodiac (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Les manchots de Magellan

Avec les baleines, ils se disputent le trophée de stars de Patagonie. Du haut de ses 50 cm à 70 cm de haut, le manchot de Magellan n’en impose pas forcément autant que son cousin Empereur de l’Antarctique mais il peut aisément prétendre à celui de roi de Patagonie.

D’une espérance de vie d’une vingtaine d’années et pesant jusqu’à 5 kg, il attendrit aisément par sa démarche chaloupée et malhabile. Mais s’il ne semble pas toujours très à l’aise sur la terre ferme, c'est en revanche un excellent nageur qui peut plonger jusqu’à 80 mètres de profondeur en atteignant une vitesse dans l’eau de 8 km/h grâce à un plumage très dense et recouvert d’une huile imperméabilisante. Ce plumage, même s’il est très spécifique et ne lui permet pas de voler, lui permet donc d’être classé dans la catégorie des oiseaux. Le manchot est également un animal ovipare. Il se nourrit principalement de petits poissons (anchois, sardines…).

Au plus lointain que l’on se souvienne, on retrouve sa trace dans des écris de 1520, lorsque l'équipe de Fernand de Magellan le considère alors comme une oie sauvage. Certains membres de l’expédition s’étonnent alors de découvrir ces « oiseaux idiots, des canards qui ne s’envolent même pas lorsqu’on les frappe avec un bâton ».

 

Manchot de Magellan (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Le manchot de Magellan, évoluant en Amérique du Sud, est l’une des 17 espèces de manchots dans le monde, toutes peuplant uniquement l’hémisphère Sud. Plus au Nord, se trouve entre autres le manchot des Galápagos et tout au Sud, le manchot Empereur qui peuple l’Antarctique. Mais si sa terre de prédilection est avant tout située en Terre de Feu, cela ne l’empêche pas de parcourir jusqu’à 6000 kilomètres pour migrer jusque dans les eaux chaudes du Brésil et du Pérou. Une migration qui commence à partir de mars/avril et qui voit les manchots quitter la terre pour rester dans l’eau.

Les mois précédents aura eu lieu la mue, durant laquelle s’opère le changement de plumage (janvier/février). Une période compliquée où il ne leur est pas possible de rentrer dans l’eau, de nager et donc de manger puisque leur plumage n’est plus constitué ni imperméable.

 

 

N’étant pas habitués à la présence de l’homme, les spécimens que rencontrent les passagers du Stella Australis ne sont pas craintifs et expriment tout autant de curiosité pour leurs visiteurs humains que ceux-ci en éprouvent en retour.

Les zodiacs s’approchent et posent leurs nez sur la plage sans permettre aux passagers de descendre pour éviter de déranger la colonie installée. Ici, l’homme n’est donc pas directement considéré comme un prédateur mais l’activité humaine (surpêche, filets, détérioration de l’habitat, tourisme mal encadré, pollution des océans…) vient s’ajouter à ses prédateurs naturels que sont notamment les lions de mer.

 

Manchot de Magellan (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Manchots et passagers partagent la même curiosité (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

(© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

 

Dans le cadre de son itinéraire, le Stella Australis part à la découverte des manchots près de l'île Carlos III ou s'en approche lors d'une autre journée de croisière près des îlots Tucker, un lieu idéal pour les rencontrer.

 

Lions de mer et otaries

Ce mammifère marin, membre de la famille des otaries, est connu sous plusieurs noms : otarie à crinière, lion marin ou otarie de Patagonie. Les mâles, de couleur plus sombre que les femelles, sont massifs et arborent une épaisse crinière rousse, rappelant évidemment celle du seigneur de la savane. Les plus gros spécimens peuvent atteindre à l’âge adulte les 350 kg quand les plus petits se contentent de quelques 150 kg. Ce qui en fait des animaux impressionnants d’une taille comprise entre 1 mètre 80  et 2 mètres 70. Les plus vieux ont une vingtaine d’années et plongent en général autour d’une soixantaine de mètres pour se nourrir de poissons des fonds marins, de crustacés ou de mollusques.

 

Vautours et lions de mer cohabitent (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Lions de mer (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Lorsque les zodiacs s’approchent, les réactions sont assez inattendues en fonction des individus qui se dressent devant les passagers. Parfois plongés dans un sommeil profond, ils n’ouvrent que difficilement un œil pour regarder sans grand intérêt ces visiteurs qui viennent troubler une de leur activité favorite : la sieste sur les rochers au soleil. D’autres fois, en particulier lorsque l’on est en présence de petits, le mâle alpha, garant de la sécurité de la colonie, se montre plus agressif et intimidant. D’un râle profond et roque il indique à ceux qui voudraient se montrer trop présents qu’ils entrent sur son territoire et qu’il protègera sa progéniture mais également son harem, qui l’entoure généralement. Ces cris diffèrent en fonction de l'âge et du sexe des lions de mer. Les adultes peuvent pousser des cris aigus ou aboyer, tandis que les plus jeunes bêlent comme le feraient des agneaux.

 

 

Mais globalement, là encore c’est la plupart du temps la curiosité qui l’emporte. Peu habituées à la présence de l’Homme, certaines otaries sautent à l’eau et gravitent autour des embarcations pour jouer les espionnes.

S’il n’est jamais assuré, lors de voyage-expéditions de ce type, de trouver sur place la faune sauvage attendue, les lions de mer sont les plus facies à apercevoir car il s’agit d’une espèce non migratoire. Certains individus parcourent de longues distances pour se reproduire mais il y a toujours des colonies près de la Terre de Feu.

 

Lions de mer (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Lion de mer (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

 

A l’inverse des lions de mer, qui sont des otaries, les éléphants de mer du Sud font partie de la famille des phoques. Beaucoup plus gros que les lions de mer, les éléphants de mer mâles pèsent en moyenne autour de 2 tonnes et mesurent entre 4 à 5 mètres.

Néanmoins, les individus les plus volumineux peuvent atteindre le poids de 3.5 tonnes pour 6 mètres de longueur.

Il est plus rare d’en voir près de l’île Carlos III mais cela peut arriver comme lors de l'un de ces voyages à bord du Stella Australis.

 

Elephant de mer en Patagonie, près de l'île Carlos III (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

 

Les baleines à bosse

Se retrouver face à face avec les baleines à bosse n’est pas chose aisée. Il faut tout d’abord les chercher, avancer à hélice de velours tout en scrutant l’horizon à la recherche des puissants jets qu’elles propulsent dans les airs via leur event.

Le parc Francisco Coloane est le paradis de ces animaux. Il est régulièrement considéré comme le meilleur endroit au Chili pour voir évoluer ces gigantesques mammifères marins qui fascinent depuis tout petit chacun et chacune dans le monde.

Remontant des eaux glacées de l’Antarctique, des baleines de 13 à 14 mètres de long (environ 25 tonnes) viennent se nourrir dans le détroit de Magellan et en particulier certaines s’arrêtent tout autour de l’île Carlos III. Plusieurs scientifiques ont régulièrement leur base sur cette île afin d’observer et étudier leurs comportements. Ils peuvent ainsi affirmer que le détroit de Magellan est le seul endroit de l’hémisphère Sud où les baleines à bosse viennent se nourrir de krill et de petits poissons en dehors de l’Antarctique. C’est pourquoi il est régulièrement possible d’y observer plusieurs baleines et leurs baleineaux expulser dans un grand souffle un nuage d’environ 3 mètres de haut, d’apercevoir les ailerons dorsaux, des nageoires et évidemment les queues juste avant leurs plongées plus en profondeur.

 

A la recherche des baleines à bosse (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Baleine à bosse devant le Stella Australis (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Les plus chanceux ont l‘occasion, plus rarement, de les voir sauter et retomber dans de grandes gerbes d’eau. Les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur les raisons qui les poussent à sauter ainsi ou encore à frapper l’eau avec leurs nageoires dans un puissant claquement. Pour ce dernier comportement, certaines hypothèses envisagent que l’impact et ses vibrations à travers l’eau tétaniseraient ou étourdiraient les poissons, ce qui leur permettrait de les capturer plus facilement.

Une chose est en tout cas certaine, comme les orques, les baleines ont des techniques de chasse abouties et peuvent même oeuvrer à plusieurs. Ces dernières années, certains chercheurs ont découvert qu’elles pouvaient notamment créer des filets de bulles pour encercler les poissons et les concentrer au cœur du cercle d’air. Elles n’ont alors plus qu’à remonter vers la surface et ouvrant grand la gueule pour profiter du festin.

 

Baleine à bosse en Patagonie (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Baleine à bosse en Patagonie (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Les baleines à bosse sont souvent curieuses de leur environnement et peuvent être tentées de s’approcher des embarcations. Ce qui peut être mortel pour elles dans le cas d’une rencontre avec chasseurs baleiniers. La Patagonie est une zone protégée et elles sont normalement à l’abri de ce genre de rencontre malheureuse. Néanmoins, malgré les campagnes des organisations environnementales et un moratoire international interdisant la chasse commerciale à la baleine depuis 1986, ces mammifères sont loin d’évoluer paisiblement à l’abri de tout danger. Certains pays profitent de la tolérance accordée par le moratoire envers la recherche létale pour lancer des « expéditions » sous couvert d’activités scientifiques (plus de 300 baleines tuées rien que pour le Japon sur la saison 2015-2016, 736 pour la Norvège en 2014 et 161 la même année pour l’Islande).

 

Baleine à bosse en Patagonie (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

 

 

Les oiseaux en Terre de Feu et au Cap Horn

Les passionnés d’ornithologie n’ont que l’embarras du choix en Patagonie. Il suffit de lever les yeux au ciel pour apercevoir à toute heure du jour évoluer du plus petit au plus impressionnant volatile. Sur le territoire comprenant la Terre de Feu et le Cap Horn, on recense 198 espèces d’oiseaux regroupées en 44 familles. Plus d’une centaine d’espèces sont nidifiantes : il s’agit d’oiseaux résidents ou migrateurs qui nichent dans la région. Une trentaine d’espèces sont considérées comme « visiteurs réguliers », revenant régulièrement dans la région durant l’année.

Autour des zodiacs, les espions gravitent. Goélands et cormorans impériaux s’étonnent de ces invités non désirés qui déambulent dans leur univers. Les cormorans sont d'excellents plongeurs et courent sur l'eau avant de s'envoler. Ils nidifient sur les rochers ou dans les falaises rocheuses en laissant de larges traces blanches à cause de leurs excréments: le guano. Un remarquable fertilisant recherché et ramassé en particulier près des ports.

 

Goéland (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Cormorans impériaux (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

 

Pour les plus impressionnants d’entre eux, il est courant d’apercevoir condor des Andes, albatros à sourcil noir ou encore caracara huppé. Le condor, le plus célèbre des vautours, présente une envergure de 3 mètres 20, à peine plus petit que le plus grand oiseau volant du monde, également visible en Patagonie, l’albatros hurleur et ses 3 mètres 70 pour les plus imposants.

En cherchant bien, il est également possible de croiser une multitude d’espèces : entre autres bécassines, martin-pêcheur, labbe du chili ou pétrels géants.

 

Caracara huppé (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Labbe du Chili (Sterne) (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

 

Une zone réellement protégée ?

La Patagonie est une zone immense partagée entre deux pays : l’Argentine et le Chili. Côté argentin, on revendique 1.14 million de km2 tandis que les chiliens en possèdent en gros 256.000 km2. Une grande partie de cette surface est composée de terres et de montagnes pour une densité de population de 3.5 habitants/km2.

Mais les deux pays ont aussi des zones exclusives de pêche et voient à l’occasion des intrus, en particulier chinois, se frayer un chemin pour profiter de leurs importantes ressources naturelles.

Les garde-côtes de chaque côté sont donc en vigilance permanente et disposent de moyens navals et aéronautiques pour assurer la surveillance de cette large zone maritime. Mais couvrir une telle surface, en grande partie inhabitée, est un travail titanesque. Les autorités comptent donc également sur les navires de commerce qui circulent dans le détroit de Magellan ou les quelques navires à passagers qui sillonnent les canaux pour les alerter en cas d’infraction ou de suspicion. Ce fût par exemple le cas lors d’un des voyages du Stella Australis qui s’est retrouvé nez à nez avec un bateau de pêche chinois au cœur du parc marin Francisco Coloane, une zone particulièrement préservée. Leur but, en l’occurrence, n’était pas de chasser les baleines mais les manchots et lions de mer qu’ils débitent en morceau pour servir d’appât. Alertées, les autorités ont pu intervenir alors que le bateau chinois avait pris la fuite. Ce jour là, pas de chance pour eux. Malheureusement, le Stella n’est là qu’occasionnellement…

 

Bateau de pêche chinois (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

 

Le Cap Froward, le Cap Horn continental

Après ces rencontres animales toutes plus fascinantes les unes que les autres, il est déjà temps de réembarquer à bord du Stella Australis. Comme après chaque excursion, le chocolat chaud et sa goutte de whisky permettent à chacun de retrouver l’usage de ses mains, glacées par la vitesse des zodiacs et les projections d’eau salée. Les appareils photos mal protégés sont d’ailleurs recouverts d’une fine croute de sel.

Alors que chacun retrouve le confort du navire et profite d’un déjeuner bien mérité, il est temps de retirer les nombreuses couches qui forment une véritable armure contre le froid. Le temps d'une douche chaude et enfin se raser. Et dans le miroir, se reflète alors une baleine surgissant près du navire. En Patagonie, chaque petit moment, même le plus insignifiant, peut devenir mémorable...

Le Stella navigue en direction du fjord Agostini pour y découvrir le jour d'après deux beaux glaciers : Aguila et Condor. Sur la route, le navire marque un arrêt 90 km au sud de Puntas Arenas, toujours sur la péninsule de Brunswick, pour admirer le Cap Froward. Nommé par le navigateur britannique Thomas Cavendish, il s’agit là de la pointe continentale la plus au Sud. A environ 15.600 kilomètres, de l’autre côté du continent américain, se situe le Point Hope, en Alaska. C’est l’éloignement le plus grand entre deux points situés sur un même continent. Sur l'une des pointes rocheuses, se dresse "la croix des mers", une grande croix de métal marquant la venue du Pape Jean-Paul II au Chili en 1987.

Jules Verne décrivait le Cap Froward comme étant « la véritable fin du continent américain. Le Cap Horn n’est qu’un rocher perdu en mer sous le 56ème degrés de latitude ». Mais quel rocher !

En tout cas, désormais, nous laissons le continent derrière nous pour naviguer à travers les îles. La dernière pointe de terre que nous verrons, dans quelques jours, sera le Cap Horn.

 

Le Cap Froward est la pointe la plus au sud du continent (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)