Croisières et Voyages
Croisière en Patagonie : Santiago et le mythique port de Valparaiso (1/6)

Reportages

Croisière en Patagonie : Santiago et le mythique port de Valparaiso (1/6)

Croisières et Voyages

Il est des territoires si lointains qu’ils ont longtemps semblé n’exister qu’à travers les récits des voyageurs. L’espoir d’un retour pour ceux restés à terre, l’attente interminable et enfin, dans le meilleur des cas, la réapparition de l’être cher que les océans recrachent après de longs mois de navigation.

Durant des siècles, les hommes se sont transmis ces histoires. Ils ont relaté les rencontres et les défis multiples qu’il aura fallu franchir pour rejoindre d’autres hommes, de l’autre côté des océans, et surtout pour en revenir sain et sauf. Mais celui qui est parti ne rentre jamais tout à fait le même. Il a vu, il a senti, il a appris. Il a vécu d’autres terres. Il relate, il fascine et crée des vocations. Il alimente les rêves, il hante les songes. Il forge des mythes.

Avec le temps, les évolutions technologiques ont fait fondre les distances, rapproché les hommes, confondu les histoires et brassé les cultures. Les villes deviennent des points sur une carte d’un monde qui ne paraît plus si vaste que cela. Des points que l’on coche ou sur lesquels ont appose une étoiles comme pour dire : « fait » ! Mais pour autant, certaines étoiles brillent, aujourd’hui encore, toujours un peu plus que d’autres.

Il est, enfin, des cités dont le simple fait d’évoquer le nom ouvre un imaginaire où crépitent images, phantasmes et souvenirs de récits d’aventures. En fonction des cultures, ces territoires mythiques varient et en dresser une liste serait bien impossible. Mais quand l’Asie permet la découverte d’Halong et de sa célébrissime baie, des temples d’Angkor ou des sommets de l’Himalaya, quand l’Afrique offre l’infini Sahara, la savane et sa faune sauvage unique, les pyramides millénaires d’Egypte ou encore Bonne-Espérance, l’Amérique du Sud possède entre autres mythes Valparaiso et son port, l’époustouflante cordillère des Andes, les montagnes déchirées d’Ushuaia et rien de moins que « le bout du monde » symbolisé par le redouté Cap Horn.

Peu de voyages permettent, aujourd’hui encore, de toucher plusieurs de ces lieux mythiques en seulement quelques jours. C’est ce que nous proposons de découvrir lors d’une croisière en Patagonie en 8 étapes. De Santiago du Chili en passant par la Terre de Feu, des glaciers reculés aux eaux sombres du Détroit de Magellan, du Cap Horn à la latino-européenne Buenos Aires, nous vous proposons d’explorer une part de l’Amérique du Sud et la Patagonie maritime.

 

 

Santiago : première étape du voyage

La première découverte de Santiago commence par la vision aérienne qui s’offre aux passagers quelques minutes avant d’atterrir. Le voyage est long, c’est certain. Mais assurément la vue en vaut la peine. Que l’on en profite depuis le hublot ou via les caméras du Dreamliner qui assure la liaison Sao Paulo-Santiago, le survol de la cordillère des Andes est un premier grand moment de ce « voyage au bout du monde » que promet l’opérateur français Rivages du Monde. Ce dernier organise cette croisière en privatisant l’un des navires de l’armateur chilien Cruceros Australis.

Santiago est implanté au pied de la Cordillère, au cœur de la Vallée Centrale qui abrite non seulement près de 80% de la population du Chili mais aussi les plus grandes industries. Avec plus de 5 millions d’habitants, la ville de Santiago accueille un peu moins du tiers des habitants du pays, qui en compte 17.5 millions. La région métropolitaine de Santiago, qui entoure la capitale, en dénombre 7 millions et englobe notamment l’aéroport Arturo Merino Benitez, le principal aéroport international du pays, par lequel les clients de Rivages du Monde font leur entrée au Chili après 18h de voyage.

La fin d’un trajet aller de plus de 11.000 km, débuté à Paris où les passagers ont été pris en charge et qui s’achève dans la capitale chilienne après une escale de 2 heures au Brésil, à Sao Paulo. Mais avec un vol de nuit décollant à 23h, la fatigue ne se fait pas trop ressentir à l’arrivée à Santiago malgré un décalage horaire de -4h (d’octobre à mars). En revanche, la chaleur, elle, est bien présente et l’écart entre le climat hivernal français et les températures chiliennes représente un bond d’environ 25 degrés. La confirmation, si besoin était, que durant ce voyage entre Pacifique et Atlantique, les températures ne cesseront de faire le grand écart.

 

Vue d'une partie de Santiago depuis la colline San Cristobal (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Vue d'une partie de Santiago depuis la colline San Cristobal (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Le Chili ne demandant pas de visa pour les ressortissants français, les procédures d'entrée sur le territoire sont assez légères. Néanmoins, la file d'attente s'étire régulièrement avant le contrôle d'immigration et les bagages se font parfois attendre. La patience est donc de mise, surtout si l'on a omis de déclarer fruits ou produits frais trainant dans les bagages. A éviter donc, particulièrement lorsque l'on voyage en groupe.

La capitale chilienne offre de nombreuses merveilles à visiter, de parcs où flâner et de bars où déguster une « chicha » (boisson fermentée à la pomme) ou un « pisco sour ». Ce célèbre cocktail chilien (mais également péruvien et bolivien) mélange avec douceur jus de citron, sirop de canne, œuf en neige, angostura et bien évidemment pisco, eau-de-vie de vin produite en Amérique du Sud.

L’un des passages obligés pour découvrir l’ambiance de la ville est le « mercado central », le marché central situé dans un ancien hall d’exposition inauguré en 1872. Le lieu est souvent considéré comme touristique puisque sa superbe architecture métallique construite par une société écossaise figure dans tous les guides. Le véritable marché local n’est en effet qu’à quelques dizaines de mètres et beaucoup plus important. Néanmoins, le lieu en lui même fait du marché central un pôle d’attraction évident. Au cœur de ce lieu, de nombreux restaurants proposent une cuisine locale et souvent de qualité. Comme tous les marchés, il grouille un peu de monde et il est parfois difficile de se frayer un chemin à travers les stands des poissonniers qui s’étalent tout autour du marché couvert. Au milieu des fruits de mers, c’est une plongée immédiate dans les couleurs et les odeurs d'une grande poissonnerie.

A quelques kilomètres de là, un autre exemple d’architecture métallique est à voir : la gare centrale signée Gustave Eiffel.

 

Le "mercado central" de Santiago (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le "mercado central" de Santiago (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)