Croisières et Voyages
Croisière : Le cap des 400.000 passagers français devrait être franchi

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Croisière : Le cap des 400.000 passagers français devrait être franchi

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Pour les compagnies de croisière, c'est l'heure des comptes. Une fois de plus, le marché devrait afficher, en 2010, une nouvelle progression. Notre confrère Michel Bagot, qui suit minutieusement le secteur, estime que le marché hexagonal dépassera sans doute, cette année, le cap des 400.000 croisiéristes (hors fluvial). Pour mémoire, l'an dernier, l'European Cruise Council a estimé à 347.000 le nombre de Français ayant opté pour ce mode de vacances. Bien moins touché par les conséquences de la crise économique que les autres secteurs de l'industrie du tourisme, la croisière poursuit donc son essor. Quatrième d'Europe derrière la Grande-Bretagne (1.53 millions de passagers en 2009), l'Allemagne (1.02 million), l'Italie (790.000) et l'Espagne (627.000), le marché français sort enfin de sa léthargie. « La filière croisière connaît un rythme de croissance élevé sur le marché du tourisme notamment grâce au développement et à la diversification de l'offre proposée par les compagnies de croisière. La Méditerranée et l'Europe du Nord rivalisent d'imagination pour capter cette clientèle. Elles mettent en oeuvre de nombreux investissements pour améliorer et varier les ports de croisières mais aussi pour proposer sans cesse de nouveaux circuits touristiques. Dans ce contexte, les compagnies de croisière proposent un très grand choix d'itinéraires et d'excursions, adaptés à leurs propres stratégies », souligne le Club de la Croisière de Marseille.

Costa installe une tête de ligne au Havre en 2011   (© : MER ET MARINE - YVES MADEC)
Costa installe une tête de ligne au Havre en 2011 (© : MER ET MARINE - YVES MADEC)

Un essor porté par le développement de l'offre

Se débarrassant progressivement des vieux clichés ancrés dans l'esprit du public français, les compagnies parviennent à séduire une clientèle de plus en plus large, bénéficiant du développement considérable de l'offre et de la baisse des prix enregistrée ces dernières années. L'augmentation des traversées au départ de ports français, notamment à Marseille et l'an prochain au Havre, participent à ce regain d'intérêt. En matière de communication, de gros efforts ont aussi été réalisés. Leader du marché, Costa a investi des millions d'euros dans des compagnes publicitaires, notamment à la télévision. Longtemps restée seule, la compagnie italienne partage désormais ce « bâton de maréchal » avec sa concurrente MSC, qui s'est également mise à la réclame audiovisuelle, l'ensemble ayant des retombées positives pour tout le secteur. Le marché bénéficie aussi d'une amélioration des offres destinées aux passagers français. Toutes les grandes compagnies font désormais des efforts sur la langue, y compris des américaines comme NCL, alors que des produits ont été spécialement créés pour le public francophone.

Le Bleu de France, de CDF, à Marseille   (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Le Bleu de France, de CDF, à Marseille (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

C'est le cas de CDF Croisières de France, lancée avec succès par Pullmantur (groupe Royal Caribbean) en 2008 et qui vise plus de 60.000 passagers en 2012. On notera aussi la renaissance des Croisières Paquet, rachetée en 1993 par Costa et relancées cette année sous l'impulsion du voyagiste marseillais TMR. Cette offre sera complétée, l'an prochain, par de nouvelles croisières de TAAJ (ex-Taitbout), qui co-affrètera le Costa Marina pour des traversées francophones au départ de Marseille et du nord de la France. A force de ténacité, les compagnies parviennent également à imposer progressivement la croisière chez les agents de voyages. Mais il y a encore un gros travail à faire dans ce domaine, la méconnaissance de ce type de vacances étant encore très répandue en agences, où la plupart des vendeurs ont des notions toutes relatives du secteur et de son incroyable diversité. Heureusement, la situation s'améliore un peu, les clients pouvant en outre compter sur des agences spécialisées dans la croisière, même si elles demeurent peu nombreuses.

Paquebots en escale à Marseille   (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Paquebots en escale à Marseille (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Encore un vaste potentiel de croissance

Alors que le Seatrade Med, grand salon de la croisière, se tiendra pour la première fois à Cannes du 30 novembre au 2 décembre, les professionnels se veulent donc très optimistes. Les marges de croissance sont encore nombreuses, le marché mondial ne représentant que 5% de l'offre globale du tourisme. A lui seul, le tourisme à Las Vegas représente, en effet, autant que l'ensemble du marché américain de la croisière ! Et c'est encore plus vrai en Europe (4.95 millions de passagers en 2009), dont le potentiel est encore plus vaste. Aux Etats-Unis, où le marché est mature avec plus de 10 millions de passagers par an, le taux de pénétration de la croisière par rapport à la population est de 3%. En France, il est actuellement de 0.5%. « Nous pouvons espérer que cette proportion passe à 1.5% dans les cinq ans, ce qui ferait que le marché de la croisière en France a un potentiel de 800.000 à un million de passagers par an à moyen terme », estime Antoine Lacarrière, directeur général de CDF Croisières de France. Pour asseoir ce développement, l'augmentation de l'offre est importante, tout comme les investissements réalisés dans les infrastructures. Les ports de commerce français sont de plus en plus sensibles à l'impact économique généré par la croisière, chaque passager, en escale, étant un consommateur très intéressant (excursions, hôtellerie, restauration, artisanat...) Ainsi, les paquebots injectent à chaque visite des centaines de milliers d'euros dans le tissu économique local. Et cela génère aussi des emplois. « Il faut que la France prenne conscience de l'intérêt économique de la croisière. Les passagers font, en effet, tourner le commerce local et, comme dit Jacques Truau, président du Club de la Croisière de Marseille, 1200 passagers c'est un emploi », affirme Antoine Lacarrière. Quand on sait que la cité phocéenne devrait avoir accueilli 700.000 passagers cette année et compte rapidement attendre la barre du million, les retombées sociales ne sont donc pas négligeables. Les ports soutiennent par conséquent les investissements dans les infrastructures permettant de développer cette activité. C'est notamment le cas à Marseille, mais aussi à Ajaccio ou encore au Havre. Et les grands ports commencent, dans cette optique, à être suivis par les petits, qui y voient eux aussi leur intérêt.

L'Eurodam à Cherbourg   (© : CCI de Cherbourg)
L'Eurodam à Cherbourg (© : CCI de Cherbourg)

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