Croisières et Voyages
Croisière : une reprise aussi laborieuse qu’incertaine

Actualité

Croisière : une reprise aussi laborieuse qu’incertaine

Croisières et Voyages

A l’arrêt depuis le mois de mars à cause du coronavirus, l’énorme majorité de la flotte mondiale de paquebots demeure immobilisée, et n’est manifestement pas prête de repartir. Quelques compagnies ont néanmoins décidé de reprendre partiellement leur activité cet été, moyennant la mise en place de procédures sanitaires très strictes. Objectif : pour protéger les passagers et le personnel et, surtout, convaincre les autorités comme la clientèle que les croisières pouvaient reprendre en toute sécurité. Une timide relance a donc eu lieu, avec plus ou moins de succès.

Hurtigruten dans la tourmente après une épidémie

La compagnie norvégienne a été la première à reprendre son activité de croisière, en plus du service qu’elle assure pour la desserte des ports du royaume, l’Express côtier, qui avait été maintenu à minima au printemps. C’est fin juin que des passagers internationaux (avec des restrictions selon les pays d’origine) ont pu revenir vers cet itinéraire, avant qu’Hurtigruten ne remette en service la quasi-intégralité de sa flotte, dont ses trois navires d’expédition positionnés sur des croisières entre la Norvège et le Svalbard. Ces derniers ont cependant été mis à l’arrêt dès le 3 août suite à la découverte de dizaines de cas de Covid-19 sur des personnels et passagers (de nationalités norvégienne, allemande et française) du Roald Amundsen. L’affaire a viré au scandale en Norvège, la compagnie, qui a reconnu des défaillances dans ses protocoles, étant accusée d’avoir tardé à prévenir les autorités sanitaires.  

Un cas chez SeaDream également

Autre compagnie norvégienne à avoir repris en juillet ses croisières, avec des voyages vers le Svalbard, SeaDream Yacht Club a elle aussi vu sa saison tourner court. Un passager danois du premier voyage du Seadream I, parti le 21 juillet, a en effet été testé positif au Covid-19 après le retour à Tromsø le 2 août du navire. Ce dernier, reparti entre temps, a fait l’objet d’une quarantaine et d’une campagne de tests. Les croisières suivantes ont été annulées et la compagnie ne devrait maintenant plus reprendre avant le mois de novembre.

Ponant : l’échec commercial des itinéraires français

La compagnie française Ponant fait aussi partie des premiers opérateurs à tenter la reprise. Du fait des limitations drastiques sur les possibilités de réaliser des voyages internationaux, l’armateur, qui aligne une flotte de 12 bateaux (hors Paul Gauguin) a d’abord choisi de reprendre en juillet avec un programme inédit de croisières le long des côtes françaises. Cinq navires de 92 à 132 cabines y ont été affectés au départ chaque semaine de Nice, Marseille, Bordeaux, Saint-Malo et La Havre. Ayant déployé un protocole sanitaire particulièrement strict et élaboré, Ponant n’a pas eu à souffrir à ce jour de cas de Covid-19. Mais le peu de préavis donné à ces croisières, l’incertitude générale quant au développement de l’épidémie, les contraintes imposées (test PCR obligatoire avant le départ, port du masque et distanciation sociale à bord) et des tarifs élevés pour des destinations nationales ont manifestement plombé ce retour. Malgré un battage médiatique considérable de la compagnie, qui a matraqué tout l’été en publicité réseaux sociaux et média traditionnels avec ses croisières françaises, le succès commercial n’a pas été au rendez-vous. Le remplissage des navires fut globalement bien bas, malgré le report de clients dont les croisières avaient été précédemment annulées et de nombreuses invitations de journalistes, bloggeurs, agents de voyages et autres partenaires de la compagnie qui sont venus grossir des rangs généralement très clairsemés. Il y avait par exemple moins de 30 passagers pour le premier départ havrais et une cinquantaine seulement à Bordeaux. La compagnie fut même obligée d’annuler rapidement certains départs au Havre (avant de renoncer complètement à cet itinéraire) et à Marseille (L’Austral est encore resté à quai ce week-end et le prochain départ n’est annoncé sur le site de Ponant que le 3 octobre) faute de réservations suffisantes. Les itinéraires breton depuis Saint-Malo, atlantique depuis Bordeaux et surtout corse depuis Nice semblent avoir un peu mieux marché, avec apparemment près de 170 passagers sur Le Lyrial (d’une capacité de 244 passagers) mi-août autour de l’île de Beauté. Et il y avait également du monde, semble-t-il, à bord des deux seuls navires qui ont pu avoir une programmation internationale cet été, Le Boréal et Le Bellot, exploités vers l’Islande et le Spitzberg. Mais ces navires semblent désormais à l'arrêt au mouillage, respectivement à Longyearbyen (depuis le 23 août selon l'AIS du Boréal) et à Reykjavik (arrivée le 19 août selon l'AIS du Bellot).

Croisières maritimes et fluviales | Actualités du secteur