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Croisières en France : feu vert pour le fluvial, le maritime reste en suspens

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Croisières en France : feu vert pour le fluvial, le maritime reste en suspens

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Le 20 juin, après une réunion de Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN), le gouvernement français a annoncé des mesures supplémentaires de déconfinement pour la période estivale et, pour la première fois, il a été question de croisières. Toutefois, seules les croisières fluviales sont pour le moment autorisées à reprendre à partir du 11 juillet, date marquant la fin de l’état d’urgence sanitaire. Un soulagement pour l’armateur alsacien CroisiEurope, qui tablait sur une reprise de son activité, sur le Rhône et la Garonne notamment, dès le mois prochain, ce qu’il va donc pouvoir faire

En revanche, au grand dam en revanche des compagnies maritimes, le CDSN, après consultation du comité scientifique, n’a pas jugé opportun d’autoriser à ce stade la reprise des croisières en mer, y compris en cabotage le long des côtes françaises. Une mauvaise nouvelle pour Ponant notamment, qui avait commencé à commercialiser des itinéraires d’une semaine, avec des départs à partir du 4 juillet (puis les 11 juillet et 18 juillet pour les croisières suivantes), au départ du Havre, de Saint-Malo, de Bordeaux, de Marseille et de Nice. Cela, avec cinq de ses navires : Le Dumont d’Urville, Le Champlain, Le Bougainville, L’Austral et Le Lyrial. Ce programme hexagonal annoncé début juin comprend un total de 65 croisières du 4 juillet au 10 octobre, pour une capacité potentielle totale de 14.000 passagers, sur la base de la capacité nominale des navires (184 à 264 passagers).

Tout n’est cependant pas encore perdu pour la saison française imaginée par Ponant. Les discussions se poursuivent en effet en vue d’obtenir un feu vert à l’occasion d’une probable dernière concertation entre le gouvernement et le conseil scientifique d’ici la mi-juillet. Cela, en vue d’ultimes mesures complémentaires pour la période estivale et d’un décret correspondant. Mais si des avancées ne sont pas obtenues d’ici là, les croisières maritimes resteront logiquement interdites en France jusqu’à la fin de l’été au moins.

Ces discussions concernent également CroisiEurope, qui souhaite exploiter son navire maritime le Belle des Océans au départ de Nice pour un itinéraire autour de la Corse à partir du 26 juillet. Avec ici le problème de la règlementation sur le cabotage puisque contrairement aux navires de Ponant, qui battent pavillon français, le Belle des Océans est immatriculé en Belgique.

L’espoir de voir le gouvernement français annoncer d’ultimes mesures avant la « trêve estivale »  concerne aussi les gros paquebots, en particulier ceux de MSC et Costa habituellement exploités au départ de Marseille. Pour eux, la problématique est complexe compte tenu de leur capacité bien supérieure et du fait que ces grands bateaux doivent proposer des itinéraires internationaux. « En coordination avec nos partenaires européens, il pourra être décidé de reprendre les croisières en mer entre les ports européens, pour les navires dont la capacité ne dépasse pas une limite fixée par arrêté ministériel », a expliqué vendredi Matignon. Des discussions sont en cours avec l’Italie et l’Espagne pour essayer de parvenir à des accords à minima bilatéraux, voire au mieux tripartites. Mais la situation est difficile car les pays n’ont pas les mêmes politiques et procédures sanitaires, sans parler des incertitudes autour d’une potentielle reprise de l’épidémie. D’où l’extrême prudence dont font preuve les autorités qui, au-delà d’exiger des mesures sanitaires très strictes à bord des navires, souhaitent que la capacité soit drastiquement limitée. En début de semaine dernière, le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne a ainsi évoqué le chiffre de 500 personnes, équipage et passagers compris. Une « jauge » dans laquelle entrent les petits navires de Ponant et CroisiEurope, mais évidemment pas les paquebots de MSC et Costa, qui peuvent en temps normal accueillir pour les plus gros 4000 à 6500 passagers. Les compagnies plaident donc pour une capacité supérieure en tenant compte de coefficients de pondération sur la base de différents critères (comme la surface par passager pour la distanciation sociale, le nombre d’équipement sanitaires etc).

En tout état de cause, une reprise dès cet été de l’activité des grands paquebots en France parait à ce stade compliquée.

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