Croisières et Voyages
Croisières en Patagonie : Les Français à la découverte du bout du monde

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Croisières en Patagonie : Les Français à la découverte du bout du monde

Croisières et Voyages

En perpétuel mouvement, l’industrie de la croisière est sans cesse en réflexion, en mutation. Pour fidéliser leur clientèle, les croisiéristes proposent une multitude de destinations basées pour certains sur une recherche culturelle, pour d’autres sur un désir de vivre de nouvelles sensations à travers des expériences hors du commun ou simplement sur l’envie de farniente au soleil sans aucun souci quotidien pour y faire de l’ombre. Parmi ces passagers, il y a ceux qui aspirent à un retour aux fondamentaux. Pas d'ambiance guindée et un navire confortable au service d’une seule chose : la découverte de la nature et de ses paysages, d’un silence et d’un calme trop rares, de terres lointaines qui parsemaient les récits de voyages d’enfance.

Alors évidemment lorsque la découverte de la Patagonie, l’observation des baleines et le passage du Cap Horn sont au programme, ils sont plusieurs centaines à se laisser tenter par l’aventure en partant vers « le bout du monde ».

 

Le phare de l'Isla Hornos (île Horn) marque le "bout du monde" (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le phare de l'Isla Hornos (île Horn) marque le "bout du monde" (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis devant les falaises du Cap Horn (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis devant les falaises du Cap Horn (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

En France, le tour opérateur Rivages du Monde termine son année de lancement pour cette nouvelle destination. Après une première croisière test en mars 2014 à bord du Via Australis, l’entreprise d’Alain Souleille a confirmé l’essai en réalisant quatre autres voyages en Amérique du Sud comprenant, en amont et en aval du séjour maritime, les visites de Santiago, Valparaiso et Buenos Aires. La croisière à proprement dite permet de découvrir, au départ de Punta Arenas, les nombreux glaciers de Patagonie, le mythique Detroit de Magellan, le canal Beagle et bien-sûr de parcourir la Terre de Feu et le Cap Horn.

 

La diversité des paysages de Patagonie : ici la baie Wulaia (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : ici la baie Wulaia (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : près du glacier Aguila (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : près du glacier Aguila (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : le glacier Brookes (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : le glacier Brookes (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : dans la baie Ainsworth (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : dans la baie Ainsworth (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : dans la baie Ainsworth (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : dans la baie Ainsworth (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : dans le fjord Garibaldi (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie : dans le fjord Garibaldi (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie: la baie Ainsworth (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

La diversité des paysages de Patagonie: la baie Ainsworth (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Avec en moyenne un taux de remplissage avoisinant les 90%, Bertrand Delaunay, le Chef de produit Amérique du Sud et Asie de Rivages du Monde a de quoi être satisfait : « Nous avons en permanence besoin de développer de nouvelles destinations pour fidéliser notre clientèle. C’est une chance d’avoir des clients qui partent avec nous très régulièrement mais cela oblige à proposer sans cesse des nouveautés et des projets de qualité équivalente » résume-t-il. « Ce qui nous a plu sur la Patagonie, c’est bien-sûr avant tout la destination qui est lointaine, atypique, avec des itinéraires originaux, mais aussi la capacité restreinte du navire, sa taille humaine. Il correspond parfaitement à ce qui fait l’ADN de Rivages du Monde ».

Au-delà de sa propre commercialisation, l’opérateur, spécialisé dans les croisières fluviales et de plus en plus maritimes, collabore régulièrement avec des organismes de presse pour commercialiser ses croisières. En l’occurrence, Paris-Match, l’Express, Notre-temps ou encore Psychologie Magazine ont pu faire découvrir la Patagonie à certains de leurs lecteurs.

Et même si la destination est et restera confidentielle, la volonté de développement est clairement affichée chez Rivages du Monde. « Nous savons qu’il s’agit d’un voyage d’exception. On ne peut pas viser une croissance illimitée sur ce type de produit touristique, ce n’est pas le but. Mais vu le succès des premiers voyages, nous avons déjà programmé plusieurs départs sur l’hiver 2015-2016 et nous sommes très satisfaits».

 

Le Via Australis approche de la baie Wulaia (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis approche de la baie Wulaia (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis se dirige vers les glaciers 

Le Via Australis se dirige vers les glaciers (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Pour créer ce voyage de bout en bout, le Chef de Produit a du trouver une agence réceptive pour organiser les séjours terrestres, négocier les nombreux vols qui permettent aux passagers de couvrir un territoire vaste comme trois fois la France, se rapprocher d’un armateur local pour affréter un navire adapté et travailler avec lui les itinéraires afin de proposer une croisière sur-mesure, certaines escales ou excursions étant réalisées uniquement dans le cadre des départs Rivages du Monde. Un avantage apprécié par la clientèle.

L’armateur du Via Australis, le navire affrété par l’opérateur tricolore, est la compagnie chilienne Cruceros Australis, spécialisée dans ce type de croisière-expédition. D’une longueur de 72 mètres pour 13 m de large et d’une capacité de 128 passagers maximum (seulement 2716 tonneaux), le Via Australis est le plus petit des deux navires en exploitation. Construit en 2005, il a la chance de n’avoir que 3,30 m de tirant d’eau ce qui lui permet de se faufiler au plus près des côtes. Le second, le Stella Australis, est exploité en propre ou affrété par des tour-opérateurs américains, plus nombreux. La clientèle d’Amérique du Nord représente à elle seule près de 60% de l’activité de la compagnie.

Un troisième navire, le Mare Australis, vient d’être vendu pour être exploité dans les Galapagos.

 

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Cruceros Australis est la seule compagnie à posséder cette maitrise de la région et à pouvoir débarquer à terre, pour découvrir la faune ou la flore et approcher les glaciers à pied. « Seule une compagnie chilienne a l’autorisation de débarquer » explique Marcello, le responsable des guides pour l’armateur chilien. « On voit certains bateaux s’approcher des glaciers mais ils savent très bien qu’ils n’ont pas le droit de descendre. Ils restent en général sur les zodiacs, parfois ils tentent de débarquer discrètement, mais on veille ». Au-delà de la volonté de conserver un quasi monopole sur la région, l’équipage du Via Australis veut surtout préserver son patrimoine naturel. « Nous nous engageons à respecter les lieux que nous visitons, nous installons parfois des aménagements en bois brut pour faciliter les excursions, mais rien n’est dénaturé. Nous respectons énormément l’écosystème que nous faisons découvrir. C’est un équilibre fragile. Si certains tentent de faire la même chose sans aucun contrôle, rien ne garanti leur sérieux sur place ».

Et effectivement, ce n’est pas un navire à passager que le Via Australis dénoncera aux autorités lors de notre présence à bord mais un bateau de pêche chinois, vraisemblablement intéressé par la chasse aux lions de mer et aux manchots, en vue de servir d’appât pour sa pêche dans les eaux du Pacifique. Cette fois-ci, le navire pris sur le fait en pleine réserve naturelle protégée, quittera rapidement la zone.

 

Navire de pêche chinois dans la réserve naturelle de l'île Carlos III (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Navire de pêche chinois dans la réserve naturelle de l'île Carlos III (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Certaines compagnies de croisières (Celebrity Cruises, Hapag Lloyd, Holland America, Silversea...) s’aventurent occasionnellement dans ce dédalle d’îlots et de baies toutes plus fascinantes les unes que les autres. Mais bien souvent, les plus gros navires se contentent de rester à distance, dans les canaux comme au Cap Horn. De même, le Français Ponant programme quelques passages dans cette région du monde, avec certaines de ses unités de type Boreal (142 m de long, 10.700 tonneaux) dans le cadre de croisières tournées vers les fjords chiliens, plus au nord, et remontant vers le Pacifique.

La taille du Via Australis est donc un atout essentiel, aussi bien pour son armateur que pour son affréteur français. Un atout qui lui permet de faire, après un départ de Punta Arenas, un itinéraire complet d’une semaine incluant 11 escales : le glacier Brookes et la baie Ainsworth ; l’île Carlos III et sa réserve naturelle où évoluent entre autres baleines à bosse, manchots et lions de mer ; les glaciers Condor et Aguila, en plein cœur de la cordillère Darwin, en Terre de Feu ; les glaciers Garibaldi et Pia, qui précèdent l’extraordinaire passage dans « l’Avenue des Glaciers » ; puis la découverte matinale du Cap Horn où le débarquement est prévu en fonction des conditions météorologiques ; et enfin le dernier jour la découverte de Puerto Torro, Puerto Wiliams et enfin Ushuaïa, qui marque la fin de la partie maritime du voyage.

Si certaines excursions nécessitent parfois une certaine forme physique, chacune des escales permet à toute personne valide de choisir son niveau de difficulté. Un parcours simple et facilement accessible étant toujours proposé.

 

Le Directeur de croisière, Yves, de retour d'excursion (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Directeur de croisière, Yves, de retour d'excursion (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Départ en excursion pour la glacier Aguila (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Départ en excursion pour la glacier Aguila (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Zodiacs durant une excursion près d'un glacier (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Zodiacs durant une excursion près d'un glacier (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Petit groupe ayant choisi une excursion de niveau difficile, cascade dans le fjord Garibaldi (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Petit groupe ayant choisi une excursion de niveau difficile, cascade dans le fjord Garibaldi (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Petit groupe ayant choisi une excursion de niveau difficile, cascade dans le fjord Garibaldi (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Petit groupe ayant choisi une excursion de niveau difficile, cascade dans le fjord Garibaldi (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Excursion près du glacier Aguila (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Excursion près du glacier Aguila (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le glacier Brookes, l'un des nombreux programmés durant la croisière (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le glacier Brookes, l'un des nombreux programmés durant la croisière (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Les « habitants » de ces terres authentiques sont en général issus de la faune locale : lions de mer, castors et manchots Magellan côtoient dauphins et baleines à bosse, qui laissent les quatre zodiacs du petit paquebot glisser à leurs côtés. Une importante variété d’oiseaux survolent le navire et habillent le ciel de Patagonie (albatros, caracaras, aigles, pétrels, cormorans, oies de Magellan...).

 

Dauphins jouant près du Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Dauphins jouant près du Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Dauphins jouant près du Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Dauphins jouant près du Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Dauphin jouant près du Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Dauphin jouant près du Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Dauphin jouant devant le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Dauphin jouant devant le Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Dauphins jouant avec les zodiacs du Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Dauphins jouant avec les zodiacs du Via Australis (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Lions de mer et otaries cohabitent avec les baleines, dans la réserve de l'île Carlos III (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Lions de mer et otaries cohabitent avec les baleines, dans la réserve de l'île Carlos III (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Lions de mer et otaries cohabitent avec les baleines, dans la réserve de l'île Carlos III (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Lions de mer et otaries cohabitent avec les baleines, dans la réserve de l'île Carlos III (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Aigle et baleine à bosse, dans la réserve de l'île Carlos III (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Aigle et baleine à bosse, dans la réserve de l'île Carlos III (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Machot Magellan (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Machot Magellan (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Albatros (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Albatros (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Oiseaux survolant les eaux de Patagonie (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Oiseaux survolant les eaux de Patagonie (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Caracara huppé en Patagonie (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Caracara huppé en Patagonie (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

Ce voyage unique réinculque patience et humilité dans un cadre qui émerveille chaque jour davantage. Au fur et à mesure, « l’humanité » rattrape doucement les passagers-explorateurs du Via Australis. Le premier village, le dernier jour de la croisière, laisse découvrir une trentaine d’habitants, heureux de partager leur mode de vie et d’accueillir dans leur gymnase ces visiteurs d’un jour pour une dégustation des mets locaux, concoctés par la cantinière qui délaisse exceptionnellement les trois élèves de l’école pour venir embrasser amicalement ses hôtes. Puis, c’est au tour des 2800 habitants de la base navale de Puerto Williams de recevoir le petit paquebot. Elle est la ville la plus méridionnale du monde. Et enfin, le retour progressif à « l’humanité » se concrétise avec l’arrivée à Ushuaia. Ici, le petit Via Australis retrouve les paquebots plus imposants, le téléphone mobile se remet à fonctionner et les accrocs à internet se mettent en quête d’un sacro-saint spot wifi. Le lien avec la famille et les amis se recrée. Ils sont encore si loin. Et comment leur raconter ce que l’on a vécu ? Les photos sont belles, les vidéos donnent une idée, mais rien de palpable. Il manque le son. Ou plutôt l’absence de son. Le silence, le calme, la sérénité, la réflexion qu’ils imposent... Tout cela reste ancré dans l’esprit du voyageur. Car s’ils n’étaient peut-être pas le but initial du voyage, ils pourraient bien en être finalement le souvenir le plus intime. 

C’est cette croisière à la découverte d’une région fascinante que Mer et Marine vous fera découvrir au printemps durant toute une semaine de reportage.

 

Le premier village visité, Puerto Torro, intervient le dernier jour de la croisière (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le premier village visité, Puerto Torro, intervient le dernier jour de la croisière (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Arrivée à Ushuaïa, le dernier jour de la croisière (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Arrivée à Ushuaïa, le dernier jour de la croisière (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis battant pavillon chilien, affrété par Rivages du Monde pour des départs français (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Le Via Australis battant pavillon chilien, affrété par Rivages du Monde pour des départs français (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)