Croisières et Voyages
Croisières Paquet : TMR réclame des garanties pour poursuivre l'aventure

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Croisières Paquet : TMR réclame des garanties pour poursuivre l'aventure

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Deux ans après sa renaissance sur le marché français, l'heure est au bilan pour les Croisières Paquet. En sommeil depuis la vente du Mermoz, en 1998, la marque a été relancée en 2010 par Costa, qui a pour se faire noué un partenariat avec TMR. Le voyagiste marseillais, spécialiste réputé des croisières depuis de nombreuses années, a d'abord affrété l'an dernier le Costa Allegra puis, cette année, le Grand Mistral d'Iberocruceros, filiale espagnole de Costa. Ce navire de 752 cabines n'est autre que l'ex-Mistral de Festival, livré en 1999 par les chantiers de Saint-Nazaire. Le changement de paquebot visait à disposer d'un navire plus récent, disposant de cabines avec balcons et doté d'une véritable salle de spectacles, les plateaux d'artistes étant une spécialité de TMR. A la lumière de la première expérience menée avec le Costa Allegra, l'affréteur souhaitait également une amélioration de la qualité de la nourriture (malgré un budget déjà plus important qu'à l'habitude) et un effort pour que l'équipage parle français. « Nous avons constaté une amélioration par rapport à l'an passé mais ce n'est pas encore totalement satisfaisant. Si les passagers ont été satisfaits du bateau, des spectacles et des itinéraires, nous avons eu des reproches sur la nourriture et les clients se sont plaints du manque de francophonie à bord », explique Jean-Maurice Ravon. Pour le patron de TMR : « Même si nous avons constaté des améliorations, la qualité n'est pas, pour l'instant, au niveau des exigences de notre clientèle ».

Le Mermoz a quitté Paquet en 1998 (© : DR)
Le Mermoz a quitté Paquet en 1998 (© : DR)

« La concurrence du souvenir »

Rachetées par Costa en 1993, les Croisières Paquet sont historiquement attachées au paquebot Mermoz qui, de 1965 à 1998, symbolisa une certaine vision des traversées à la française. En fait, si l'idée de ressusciter Paquet pour développer un produit spécifiquement dédié au public français n'est pas remise en cause, Jean-Maurice Ravon se pose des questions quant au retour de la marque. Car, manifestement, Paquet demeure dans l'inconscient collectif comme l'illustration d'un âge d'or du voyage maritime, caractérisé par une ambiance, une grande qualité de service et, surtout, une nourriture remarquable. Or, même si le Mermoz et son caviar servi à la louche ne sont plus là depuis longtemps et que la croisière s'est largement démocratisée, l'emprunte laissée par l'ancien paquebot est encore très vivace : « Si nous disons que nous faisons une croisière sur un navire de Costa, cela marche. En revanche, l'attente est très forte si nous annonçons Paquet et les gens se disent déçus, même s'ils ne sont pas allés sur le Mermoz et n'en ont qu'entendu parler. En fait, on ne peut que constater qu'il n'y a pas pire concurrence que le souvenir. Et, malheureusement, il y a une inadéquation entre les attentes suscitées par la marque Paquet et les prestations proposées aujourd'hui ». Dans ces conditions, on se demande, chez TMR, s'il est vraiment pertinent de continuer à vouloir exhumer la glorieuse réputation de Paquet, qui pose au final bien plus de problèmes pour le voyagiste que ses affrètements habituels.

Le Costa Allegra (© : COSTA CROISIERES)
Le Costa Allegra (© : COSTA CROISIERES)

Négociations pour une troisième saison

Cette année, TMR a légèrement réduit la voilure, en limitant son affrètement à quatre croisières, soit trois de 14 jours et une de 6 jours. L'ensemble a permis de réaliser 60.000 jours passagers, soit environ 5000 clients (contre 100.000 jours passagers et 7000 clients en 2010 sur l'Allegra). Pour la saison prochaine, il est en revanche envisagé d'exploiter le Grand Mistral sur le marché français pour une plus longue période, de l'ordre de quatre mois. Toutefois, pour cette éventuelle troisième année, TMR, qui a avancé en 2010 quelques 6.5 millions d'euros, réclame des garanties et ne souhaite pas, sur une longue durée, que l'affrètement repose uniquement sur ses épaules. « C'est une opération lourde et nous souhaitons que les risques soient partagés. Si nous voulons que cela marche, il nous faut par ailleurs de réels engagements pour améliorer le produit, principalement sur la nourriture et la francophonie ». Ce sera tout l'enjeu des négociations qui se dérouleront en juillet entre TMR et la direction de Costa.

Le Grand Mistral (© : MER ET MARINE)
Le Grand Mistral (© : MER ET MARINE)

Costa Croisières