Croisières et Voyages
CroisiEurope va reprendre progressivement ses activités

Actualité

CroisiEurope va reprendre progressivement ses activités

Croisières et Voyages

Leader français de la croisière, avec une flotte de 56 bateaux et plus de 220.000 passagers accueillis en 2019, essentiellement pour des voyages fluviaux, l’armateur alsacien CroisiEurope va être la première compagnie française, et l’une des premières en Europe, à reprendre son activité dès le mois de juillet. Après avoir obtenu la semaine dernière le feu vert du gouvernement français, qui ne l’a toujours pas donné pour les croisières maritimes, CroisiEurope va reprendre son programme dans l’Hexagone, et au-delà. Dès le 13 juillet sur la Seine, avec le Botticelli, puis sur les autres fleuves : Rhône, Garonne, Dordogne, Loire, Rhin… les péniches sur les canaux du sud de la France, de la Bourgogne et de l’Alsace… et à l’étranger. « Ce sera une reprise progressive et nous n’allons pas réactiver toute la flotte, nous reprendrons cet été avec globalement 50% de notre capacité. Sur la Seine par exemple, il y aura deux bateaux au lieu de trois, trois au lieu de quatre sur le Rhône. Hors de France nous pensons reprendre le Danube fin juillet, le Duro sur la même période avec six bateaux et nous essayons de reprendre en Espagne début août, en Italie courant août », explique à Mer et Marine Lucas Schmitter, l’un des dirigeants de l’entreprise familiale.

Pas de restriction sur le nombre de passagers mais un important protocole sanitaire

Cela fait plusieurs mois que la compagnie travaille à la remise en service de sa flotte, à l’arrêt depuis mars à cause de la crise sanitaire. Cela, avec prudence dans un contexte toujours marqué par des incertitudes quant à l’évolution de l’épidémie. « Depuis deux mois nous proposons des réservations sans acompte à nos clients, de manière à les rassurer. Et nous ne tablions pas sur une reprise avant la mi-juillet, une échéance sur laquelle les étoiles se sont finalement alignées. Il y a toujours une certaine instabilité mais à un moment donné on doit faire avec, nous faisons au mieux ». Pour la compagnie, dont les navires fluviaux capables d’accueillir jusqu’à 130 passagers ne seront pas limités en capacité, l’une des grandes conditions de la reprise est évidemment la question sanitaire. « Il n’y aura pas de restriction sur le nombre de personnes à bord mais des protocoles sanitaires importants vont être mis en place. Nous attendons un décret du gouvernement sur le sujet mais nous avons déjà signé un accord avec le Bureau Veritas pour son label Safeguard. Avec cette charte, nous serons au point sur cette question sans perturber les clients ». Parmi les grandes évolutions par rapport à l’avant-Covid-19, il y a notamment l’abandon du buffet en self-service, un double service au restaurant pour assurer la distanciation sociale et d’autres protocoles sur les gestes barrières, ou encore un renforcement des mesures d’hygiène et de nettoyage à bord. Même les bagages des passagers seront désinfectés. Des kits sanitaires (masques, gel hydro-alcoolique) seront remis aux passagers, dont la température devrait être prise avant l’embarquement. En revanche, la compagnie n’a pas souhaité imposer de tests ; « Nous y avons pensé mais nous avons une clientèle très hétérogène, française et étrangère, cela s’avère compliqué ».

Retour de la clientèle étrangère

Avec la réouverture progressive des frontières, des liaisons aériennes et la fin dans de plus en plus de pays des mesures de quarantaine, CroisiEurope espère rapidement retrouver non seulement sa clientèle française, mais aussi des passagers internationaux. « Nous attendons cet été des Allemands, des Belges et des Suisses principalement, mais peut-être aussi des Espagnols puisque leur pays rouvre doucement, et nous espérons des Danois au mois d’août ».

Le Belle des Océans dans l’attente d’un feu vert gouvernemental

Côté maritime, en revanche, la compagnie est comme d'autres, à commencer par Ponant, toujours dans l’attente d’un feu vert gouvernemental pour faire reprendre la mer au Belle des Océans (128 passagers), avec les mêmes protocoles sanitaires que ceux validés pour la flotte fluviale avec le BV. « Nous avons choisi de redéployer ce navire, qui devait passer l’été au Canada, sur des croisières d’une semaine vers la Corse au départ de Nice, à partir du 26 juillet. Cela dépend bien sûr du gouvernement mais on nous a laissé entendre que ce serait bon pour une reprise des croisières maritimes en France sur de petits navires ».  Quant à la question de la possibilité règlementaire d’exploiter sur un itinéraire uniquement français le Belle des Océans, qui est immatriculé en Belgique,  Lucas Schmitter assure qu’ « il n’y a pas de problème », sur la base d’ « un règlement européen datant de 1992 ». En l'occurence le règlement 3577/92 sur la libre circulation des services au transport maritime à l'intérieur des Etats membres.  

1700 salariés bénéficiant en majorité des mesures de chômage partiel

Pour les 1700 personnels de la compagnie, ce début de reprise est évidemment une bonne nouvelle, même si tout le monde ne reprendra pas immédiatement le travail. « La majorité de nos collaborateurs, sauf en Asie et en Afrique, sont sous contrat français et bénéficient donc des mesures de chômage partiel décidées par le gouvernement. Elles sont d’ailleurs toujours en place en attendant la reprise ».

« Nous ne prévoyons pas de retour à la normale avant 2021 »

Quant à l’avenir, difficile à ce stade de faire des prévisions fiables. Si les ventes connaissent semble-t-il un frémissement suite aux dernières mesures de déconfinement annoncées par le gouvernement, et que l’Europe est en train de se rouvrir, la compagnie demeure prudente. Selon Lucas Schmitter, « au-delà de l’été, nous devrions continuer de reprendre avec 50% de notre flotte, peut-être plus si les conditions le permettent. Nous constatons en tous cas une progression des réservations ces derniers jours. En France, comme beaucoup de gens ne pourront pas voyager en dehors des frontières, nous avons beaucoup de demandes pour les fleuves français. Nous verrons comment tout cela va évoluer dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. Nous ne sommes pas non plus à l’abri d’une bonne surprise, quoiqu'il arrive nous nous adapterons mais, pour l’instant, nous ne prévoyons pas de retour à la normale avant 2021 ».

Les investissements logiquement repoussés

Dans ce contexte difficile, une partie des investissements prévus par l’armateur, du moins ceux qui ne sont pas engagés, sont en stand-by. Et sans doute pour un moment puisque l’année prochaine ne sera, de toute évidence, pas non plus fameuse sur le plan financier puisque le remplissage des navires sera mécaniquement impacté par les reports de réservations de 2020 à 2021 (pour les clients dont les croisières de cette année ont été ou seront annulées). « Cette année sera évidemment une année de pause pour les projets, que nous allons décaler si ce n’est la finalisation de notre second Lodge en Afrique, dont la construction avait été stoppée. Nous allons d’abord nous assurer de réaliser une très bonne saison 2021, en tenant compte des reports qui vont dégrader le volume ». Financièrement, la compagnie espère donc plutôt « un retour à la normale en 2022 ». Et, de là, pouvoir reprendre ses investissements, en particulier dans de nouveaux navires, avec « des projets dans le maritime et le fluvial, en Europe et au-delà ».

Deux navires pour les soignants pendant le confinement

Pour CroisiEurope, la crise du Covid-19, vécue par le siège de la compagnie aux premières loges dans l’une des régions les plus touchées de France, restera aussi marquée par une belle initiative. Pendant le confinement, l’armateur alsacien a, en effet, mis à disposition deux de ses navires, le Botticelli et le Cyrano de Bergerac, au profit des personnels soignants des hôpitaux de Paris et Bordeaux. « Nous avons failli le faire aussi à Lyon, mais ils n’en ont finalement pas eu besoin. L’idée était de permettre aux personnels soignants qui habitent loin d’éviter de faire des heures de route ou dans les transports alors qu’ils étaient déjà épuisés. Nous leur avons donc proposé sur nos bateaux une bonne nuit de sommeil sur l’eau, un petit-déjeuner et un dîner. Nous sommes heureux d’avoir pu, à notre niveau, donner un petit coup de main pendant la crise. D’autant qu’il y a eu des moments humainement très forts à bord entre les équipages et les soignants ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Croisières fluviales