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Damen en lice pour le remplacement des remorqueurs côtiers de la marine française
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Damen en lice pour le remplacement des remorqueurs côtiers de la marine française

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Une âpre bataille se livre actuellement autour du futur programme des remorqueurs portuaires et côtiers du type RPC 30. Prévu pour être notifié cette année, il porte sur le remplacement de 22 unités actuellement en service dans la Marine nationale. Sont concernés les Bélier, Buffle et Bison, bateaux de 31.8 mètres et 500 tonnes de déplacement en charge construits à Cherbourg en 1980-81 et offrant une capacité de traction de 30 tonnes ; ainsi que les Maito, Maroa et Manini (27.6 mètres, 280 tpc, 12 tonnes de traction) produits à Villeneuve-la-Garenne en 1984-85. Puis il s’agira ensuite d’assurer la succession des 16 unités du type Fréhel, de 25 mètres, 259 tpc et 12 tonnes de capacité de traction construites à Lorient et Boulogne et mises en service entre 1989 et 1998.

 

Le Buffle (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Maroa (© MATTHIEU LE BONNIEC)

Le Maroa (© MATTHIEU LE BONNIEC)

 

Dans cette perspective, la Direction Générale de l’Armement a lancé en février 2018 un appel d’offres portant sur la réalisation de 20 nouveaux RPC, le marché ayant une durée de 84 mois, dont une période de maintien en condition opérationnelle de 5 ans après la livraison des bateaux. Selon les indications de la DGA, ceux-ci doivmaroaent disposer d’une coque acier et mesurer environ 26 mètres de long pour une largeur de 9 mètres et un tirant d’eau de 5 mètres. Leur capacité de traction au point fixe sera de 30 tonnes maximum. Ce bâtiments devront être livrés à un rythme pouvant aller jusqu’à 4 par an. Ils remplaceront les remorqueurs existants dans les bases de Brest, Toulon, Cherbourg, ainsi qu’à Papeete et Fort-de-France.

Avec ce nouveau programme, la Marine nationale achèvera le renouvellement de ses moyens portuaires, initié avec le programme des 29 remorqueurs-pousseurs de 10 tonnes (RP 10) et celui des 7 pousseurs de classe 6 tonnes (PC 6) en cours de réalisation.

Tous les constructeurs français travaillant dans le secteur des unités portuaires sont en lice, en particulier Piriou et, on l’imagine, le tandem Merré/CMN qui a décroché le contrat des RP 10. Mais il y a aussi un groupe étranger en lice, Damen, dont la production en grande série de remorqueurs est une grande spécialité. L’industriel avait déjà tenté par le passé de se placer sur certains appels d’offres du ministère français des Armées, sans succès jusqu’ici. Il faut dire que le marché des bateaux gris, même les plus petits, est demeuré jusqu’ici captif des industriels nationaux malgré des procédures ouvertes depuis des années au niveau européen. Mais cette fois, Damen peut sans doute y croire un peu plus. D’abord parce qu’il s’agit là d’un marché ultra-compétitif sur lequel il s’est développé à l'international grâce à des design sur étagère et des productions dans ses chantiers situés dans des pays à bas coût de main d’œuvre. Mais aussi sur le plan politique. Après la commande l’an dernier de 12 bâtiments de guerre des mines et leurs systèmes de drones associés à Naval Group et ECA, les navires allant être construits entre Concarneau et Lorient par Piriou et Kership, les Pays-Bas et leur industrie navale semblent espérer un retour de bon procédé de la part des Français. Surtout que ceux-ci lorgnent aujourd’hui sur le programme des quatre futurs sous-marins néerlandais. Une compétition stratégique pour Naval Group, qui lui permettrait de prendre l’ascendant sur son rival allemand TKMS et d’éviter une première vente à l’export des nouveaux sous-marins suédois, que Saab propose en partenariat avec Damen.  

 

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